‹ Études sur les poissons (volume 3)Chapitre 8 sur 39 · IX · texte numérisé non relu

IX

Var. Tbecuiii.

Eu égard au donateur, on peut considérer ces animaux comme des types.

Type donné par M. Holbrook.

Empaillé; type de C. V. ( Hist.Poiss .

t. III, p. 57.)

Empaillé; type de C. V. ( Hist . Poiss.

t. III, p. 57.)

Type de Lacépède. (Hist. Poiss. t. IV,

p. 3 a 5 , pl. III, fig. 3 .)

caractère spécifique de premier ordre, d’autant, comme le montre le tableau, qu’il a pu être observé sur des individus de tailles très-variées et paraîtrait par conséquent ne pas subir de modifications avec l’âge.

En ayant égard à la combinaison de ces caractères, on peut, croyons-nous, d’après les exemplaires de la collection du Muséum, distinguer quatre espèces, qui ne sont toutefois proposées qu’à titre provisoire, vu l’insuffisance des matériaux dont nous avons pu disposer. Le tableau dichotomique suivant donnera une idée de leur compréhension :

Ligne transversale ayant

pour formule

9 à il 23 à 3 o

Ligne latérale :

Go à 70 écailles,

Ligne latérale :

\ Des dents linguales M. nuecensis, Grd. 1

j Pas de dents linguales M. salmoicks, Lacép. 2

1 69 à 75 écailles M. variabilis, Lesueur.

( 80 à 86 écailles M. Dolomieu, Lacép. 3

1 PI. IV, fig. a, 2 a, 2 b.

2 PI. IV, fig. 3 a, 3 b, 5 a et 5 b. — C’est tout à l'ail

ii tort que l’explication des plauclies donne, pour ces

deux dernières figures , le nom de Dioplitcs nuecensis.

3 PI. IV, fig. h a, k b. — Désigné à tort, dans l’explication des planches, sous le nom de Diopliles variabilis.

ZOOLOGIE

Genre IiOLOCENTRUM.

Cuvier, 1829, Règne animal, t. II, p. i 5 o.

Percoïdes à ventrales thoraciques; plus de sept rayons hranchiostéges ; dorsale unique; ventrale avec une épine dure et sept rayons mous; os operculaires et sous-orbitaires dentelés, deux fortes épines operculaires et une également développée à l’angle du préopercule; mâchoires égales ou l’inférieure faiblement proéminente. Ecailles pseudo-cténoïdes.

Les Holocentres et genres voisins Myripristis, Beryx, etc. se différencient nettement des autres Percoïdes par le nombre de leurs rayons branchiostéges el plus facilement encore par celui de leurs rayons pectoraux; aussi les ichthyologistes n’hésitent-ils pas aujourd’hui à les regarder comme devant former une famille à part, celle des Berycidœ. Nous avons indiqué dans l’introduction les motifs pratiques qui ont engagé à suivre dans ce travail la classification de Cuvier, telle que ce naturaliste l’a exposée dans sa dernière édition du Bègue animal.

Le nom d’ Holocentrum est, on le sait, emprunté à Artedi; mais, introduit dans un ouvrage antérieur à la nomenclature linnéenne, le Thésaurus de Séba, n’étant mentionné ni dans Y Ichthyologia d’ Artedi, ni dans le Systema naturæ , c’est en réalité Cuvier qui doit être regardé comme l’ayant le premier scientifiquement défini.

Holocentrum pentecanthum.

(PI. V quater, fig\ 1, 1 a, 1 b. 1 c.)

Jaguaraca, Margraff, 1 648 ; Hist. nat. Brasiliœ, p. 1/47.

Jaguaraca, Pison, 1 6 5 8 ; De Inchœ utriusque re naturali et meclica , I re part. p. 56 (Reproduit par Johnston. 1667; De Piscibus, p. 125 , pl. XXXII, tig. 7; et par Wiliughby, 1686; Hisloria piscium , p. 3 3 2 , pi. X, 7, fig. 7).

Perça marina rubra, Catesby, 1771 1 ; Hist. nat. Carol. Florid. and Bahama Island. p. 3 , pl. lit, fig. 2.

Matejuelo Colorado, Parra, 1787; Descripcion de Hist. nat. etc. p. 23 , pl. XIII, fi g. 2.

Bodianus pentecanthus , Bloch, 1797; Ichthyol. VII e part. p. 29, pl. CCX.XV.

Holocentrus sogo, Bloch, 1797; Ichthyol. VII e part. p. 46 , pl. CGXXXII.

Scicena rubra, Bloch-Schneider, 1801 ; S y si. ichthyol. p. 82.

Amphiprion soglio, Bloch-Schneider, 1801 ; Syst. ichthyol. p. 200.

Cette date est celle d une seconde édition , la première, que nous n’avons pu consulter, est de trente ou quarante ans antérieure.

A. matejuelo, Bloch-Schneider, 1801; Syst, ichthyol. p. 206.

B odianus jaguar, Lacépède, 1802 (an x); Hist. nat. des Poiss. I. IV, p. 279 et 286.

Holocenlriirn longipinne, Cuvier et Valenciennes, 1829; Hist. nat. des Poiss. t. III, p. i 85 .

H. longipinne, Cuvier et Valenciennes, 1 83 1 ; Hist. nat. des Poiss. t. VII, p. 4 9 6.

H. longipinne, Guichcnol, 1 853 ; Ramon de la Sagra, Hist. de file de Cuba. Poissons, p. 3/i.

H. matejuelo, Poey, 1 856 -i 858 ; Mem. Hist. nat. de la isla de Cuba, t. Il, p. 1 5 5 .

H. longipinne, Günther, 1809: Cal. Brit. Mus. Fishes, t. I, p. 28.

H. longipinne, Poey, 1866; Bip. Fis. ml. de la isla de Cuba, t. II, p. 27/1.

H. matejuelo, Poey, 1867; Bep. Fis. nat. de la isla de Cuba, t. II, p. 1 58 .

H. matejuelo, Poey, 1868; Bep. Fis. nat. de la isla de Cuba, t. II, p. 298.

B. VIII + D. XI, i 5 ;A.IV, 10 + V. I, 7.

Ecailles : 4/50/7.

Cet Holocentre a proportionnellement le corps plus allongé que ne l’ont la plupart des autres espèces du genre, caria hauteur se trouve au moins contenue trois fois el demie, même près de quatre fois, dans la longueur totale. La hauteur de la partie

molle de la dorsale , la longueur des ventrales et du lobe supérieur de la caudale, la fai-

blesse des épines, l'absenc^de tache sombre à la dorsale, permettent de le distinguer de YHolocentrum hastatum, C. V., avec lequel il offre d’ailleurs les plus grands rapports.

La couleur, étudiée sur le frais, est d’un beau rouge carmin des plus brillants sur un fond blanc d’argent à reflets nacrés; cette dernière teinte forme sur le corps dix ou onze lignes longitudinales et prédomine sur les parties inférieures, aussi bien que sur la joue, quelques teintes jaunes existent a la partie inferieure de la tête. La membrane de la portion dure de la dorsale est rosée, avec le bord libre d un rouge plus vif; cette dernière couleur se voit également aux extrémités des nageoires molles impaires, à celles des ventrales et à la base des pectorales; les rayons durs sont à leur base jaune doré. Iris d’un rouge carminé vif.

Ecailles grandes et surtout remarquablement hautes, l’une d’elles 1 , prise sur les flancs, mesure 12 millimétrés de haut sur y mm ,5 de long, le foyer n est pas distinct, les ci e tes concentriques, droites vers le centre de 1 écaille, le coupent en travers; environ huit saillies marginales, formant des festons peu accusés, correspondent à autant de cotes centripètes, qui ne sont pas séparées par des sillons réels creusés dans une couche superficielle et interrompant les lignes concentriques, ces dernières excessivement fines sur toute la surface de l’écaille ; le bord postérieur porte trente et une dents fortes, imitant la crête d’une palissade; ces dents, ainsi que Agassiz l’a indiqué 2 , font corps avec la lamelle elle-même et ne peuvent se détacher comme les spinules des écailles réellement cténoïdes. Dans les écailles de la ligne latérale 3 , la

PI. V quatcr, fig. 1 b. — 2 Agassiz, Recherches sur les Poissons fossiles, t. I, n. 7 3 e t 85 pl. H fie. 1 4 , 833 i 843 . — 3 Pl. V quater, fig. 1 c. 0

ZOOLOGIE DE MEXIQUE. iv“ PARTIE.

ZOOLOGIE

différence entre les dimensions longitudinales et transversales est un peu moins grande : lune d'elles mesure 9 millimètres de haut sur 6 mm ,5 de large; le canal, en forme d’entonnoir à large ouverture dirigée en avant, se termine à une perforation centrale de la lamelle sans tube postérieur; la disposition des festons, des crêtes concentriques, des pointes du bord libre, au nombre d’une vingtaine, est la même que pour les e'cailles du corps.

Longueur totale 2 36 mra

Hauteur 56

Epaisseur a à

Longueur de la tête (y compris l’épine operculaire) 60

Longueur de la nageoire caudale . 61

Longueur du museau i5

Diamètre de l’œil 20

Espace interorbitaire g

N° 9888 du Catalogue général de la collection du Muséum.

L 'Holocentrum pentecanthum , BL, est assez facile à distinguer des autres poissons du même genre. Cuvier et Valenciennes en ont donné une description très-détaillée; cependant il s’est glissé dans la rédaction quelques erreurs, qui expliquent comment M. Poey a pu hésiter à réunir son Holocentrum matejuelo à cette espèce. La plus importante est relative à la denticulation du premier sous-orbitaire , lequel , suivant les auteurs de Y Histoire des Poissons, «donne en avant deux grosses dents ou crochets plats, qui croisent la racine du maxillaire;» ceLte phrase peut faire penser qu’il existe deux grosses dents plates de chaque coté, tandis qu’en réalité il n’y en a qu’une, deux en tout; il nous a été facile de vérifier ce fait sur les exemplaires types conservés dans les collections. Les autres caractères différentiels cités par le savant ichthyologiste de Cuba *, et tirés de la longueur du maxillaire ou de différences dans la coloration, n’ont pas une valeur suffisante pour justifier une distinction spécifique, qu’il n’a d’ailleurs jamais présentée que sous toutes réserves.

Ce même auteur a fait connaître, rien que de file de Cuba, un très-grand nombre d’Holocentres; dans un de ses derniers travaux de 1868, il en énumère douze 1 2 , sans compter l’espèce typique. Plusieurs paraissent n’être connus que par un seul exemplaire; les caractères différentiels, tirés de légères variations dans les proportions du corps, la longueur du maxillaire, la coloration, sont bien faibles et l’on

1 Felipe Poey, Mem. sobre la Hist. nat. de la isla de Cuba, t. It, p. i55, 1 856-i 858. — Synopsis Piscium cubensium ( Hep. Fis. nat. de la isla de Cuba, t. Il , p. 298 ,

2 Holocentrum osculum , IL per latum, IL. brachupterum , H. rostraturn, H. coruscutn, IL vexillarium, IL productum, plus cinq espèces douteuses sans désignations spécifiques.

serait tenté de croire que ce soûl de simples variétés. Tous ces poissons sont confondus sous le nom vulgaire de Matejuelo.

Cuvier et Valenciennes ont donné un exposé historique très-complet de cette espèce; mais, suivant la remarque de M. Poey 1 , le nom à' Holocentrum longipinne, qu’ils lui imposent, ne peut à aucun titre être conservé, puisqu’il résulte de la synonymie donnée par eux-mêmes qu’il n’a pas l’antériorité. Sans tenir compte des dénominations de Margraff, de Catesby, de Parra, non conformes aux lois de la nomenclature, Bloch, tant dans sa grande Ichthyologie que dans son système ichthyologique, cite cet animal sous quatre noms différents, et Lacépède de son coté lui en donne un cinquième. Ce dernier ne peut être adopté, puisqu’il est postérieur à ceux de Bloch, et on peut le regretter, car il est précisément emprunté à la nomenclature de Margraff. Entre les autres noms, lequel mérite la préférence? Tout d'abord, les deux épithètes données dans la grande Ichthyologie sont antérieures à celles de l'ouvrage posthume publié par Schneider, c’est donc entre elles qu’on peut hésiter. On doit, pensons-nous, prendre la première, car non-seulement elle a l’antériorité de la pagination, elles ont été publiées dans le même volume, mais encore Bloch, en décrivant fort incomplètement et figurant encore plus mal cet Holocentrc sous le nom de Bodianus pcntecanthus , cite expressément Margraff, Pison, Johnston, Wiliughby, etc. et le nom de Jaguaraca, adopté par ces naturalistes. II n’y a donc aucun doute sur le poisson qu’il veut désigner et ce nom est le premier donné suivant les règles de la nomenclature linnéenne. M. Poey préfère la dénomination d Holocentrum matejuelo empruntée à Parra, ce qui n’est pas admissible; en effet, dans ce cas, on devrait reprendre de préférence le terme do Jaguaraca de Margraff, lequel est incontestablement le premier en date.

Cette espèce paraît commune dans le golfe du Mexique et surtout dans la mer des Antilles; elle descend sur la côte du Brésil et on l’a trouvée à Sainte-Hélène. L’individu rapporté par la Commission scientifique a été pris à la Jamaïque.

Genre POLYNEMUS.

Linné, 1766. Systema naturœ , 19 r édiL. , p. 5 a 1.

Percoïdes à ventrales abdominales, cependant le bassin est encore suspendu à la ceinture scapulaire; sept rayons branchiostéges; deux dorsales nettement séparées, ces nageoires aussi bien que l’anale couvertes, en grande partie, d’écailles.

1 Poey, (fDe ios tipos Cuvierianos y Valenciennianos correspondientes a tos Peces de la isla de Cuba». (/?ep. Fis. nat. de la isla de Cuba, t. II, p. 27 4 . )

ZOOLOGIE

Pectorale dédoublée, la portion antéro-inférieure composée de rayons allongés,

entièrement libres. Ecailles de dimensions médiocres, cténoïdes, polystiques.

Les auteurs de X Histoire naturelle des Poissons 1 ont insisté sur les rapports multiples que présentent avec plusieurs autres familles ces percoïdes singuliers, aussi bon nombre d’ichthyologistes les regardent-ils comme méritant de former un groupe à part.

Les espèces du genre Polynemus, aujourd’hui assez nombreuses, offrent entre elles de grandes similitudes; les caractères différentiels principaux se tirent surtout du nombre et de la longueur des rayons libres de la nageoire pectorale. Ces organes ont une importance incontestable au point de vue physiologique, car on doit les considérer comme des parties spécialement disposées pour le tact et, depuis longtemps, on les a comparés aux rayons analogues des Trigles. Toutefois, il est difficile, dans l’état actuel de nos connaissances, de savoir si avec l’àge ou certaines conditions d’habitat une espèce ne peut pas présenter quelques variations dans les dimensions et peut-être même dans le nombre de ces appendices.

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