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Études sur les poissons

labié centre du genre; un petit nombre habitent le grand océan Pacifique ; tels sont les Apogon JSovœ Guineœ, Val., Apogon nigro-maoulalm , H. et J., Apogon monoclirom , Bieek. , Apogon cjmdrifasciatus , Val., Apogon frenatm , Val., Apogon fascialus, WhiLe, Apogon aterrimus, Güiitli., Apogon maculiferus, Garret, trouvés sur diflérents points de l’Océanie; quelques espèces aussi ont été rencontrées dans l’Atlantique, à Cuba : Apogon maculatus, Poey, Apogon pigmentarius, Poey, Apogon punctulatus, Poey, Apogon hinotatus, Poey; aux îles Baliama : Apogon stel- Uitus, Cope; à Bahia : Apogon Americanus, Castel.; à l’Ascension : Apogon axillaris, Val. Toutes les mers tropicales, comme on le voit, offrent des représentants de ce genre; il est probable que le nombre s’en accroîtra, ces Poissons, généralement de pelite taille, sont souvent, malgré leurs couleurs brillantes, négligés par les collectionneurs.

Jusque dans ces dernières aimées la côte occidentale de l’Amérique n’avait fourni aucune espèce à' Apogon; en 1861 seulement, M. Gimtlier a fait connaître Y Apogon Dovii', nom sous lequel avaient été envoyés au Muséum les exemplaires décrits plus bas, mais qui se rapportent plutôt à l’espèce signalée parM. de Castelnau sur la côte orientale.

APOGON AMERICANUS.

Apogon americanus, de Castelnau, i 855 ; Animaux nouveaux ou rares de l’Amérique du Sud, Poissons, p. 3 , pi. III, fig. 2.

Apogonichthijs americanus, Günther, 1859; Cat. Prit. Mus. Fishes, t. [, p. 2117, n° 9.

1 ). Vl-I, 9; A. II, 8;

Ecailles : 3 /a 5 /g.

Forme assez allongée, eu égard à l’apparence ordinaire des Apogons, la hauteur étant comprise environ quatre fois un tiers dans la longueur totale et double de l’épaisseur. La tête, qui occupe le tiers et demi de la longueur du corps, est peu élevée; mâchoires égales, toutes les dents fines, museau court; œil grand faisant un peu moins du tiers de la longueur de la tête , intervalle interorbitaire ayant environ les deux neuvièmes de cette même dimension. Sous-orbitaire, crête préoperculaire, interoperculaire, sur-scapulaire, lisses; préopercule très-finement dentelé sur son bord montant seulement, épine operculaire visible, sous-opercule prolongé au delà de cette épine en

' Güntlier, Trans. Zool. Soc. London, t. VI, pars vu, p. ii 3 ; 1868-69.

ZOOLOGIE Oü MEXIQUE. — IV* PARTIE.

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un lobe membraneux. Ligne late'rale parallèle au contour du dos; anus rapproché de l’anale sans toutefois être en contact avec elle. Ecailles grandes, caduques, comme dans les autres espèces du genre. Première dorsale aiguë, sa première épine moitié delà seconde, qui est la ])lus robuste et égale presque la troisième, cette dernière mesure un peu moins de moitié de la longueur de la tête; dorsale molle arrondie, nue fois el demie aussi haute (|ue la première. Anale aussi longue et aussi haute que la précédente. Caudale légèrement échancrée avec quatre rayons épineux formant des espèces de fulcres plus ou moins distincts aussi bien en haut qu’en bas en plus des rayons ordinaires. Pectorales allongées, atteignant presque l’anale; ventrales plus courtes, leur base située au-dessous de l’origine des précédentes, se terminant vers ou avant l’anus.

Couleur violacée, autant qu’il est permis d’en juger sur un exenq)laire conservé dans l’alcool, toutes les écailles chargées de ponctuations pigmentaires, visibles seulement à la loupe, beaucoup plus fortes et plus nombreuses sur les opercules, une tache noire apparaissant par transparence au travers de l’operculaire, une autre à la base de la queue au niveau de la ligne latérale; dorsale molle, anale et caudale, sablées de noirsur la membrane vers le bord libre, dorsale épineuse et nageoires paires unicolores.

Écaille des lianes subquadrilatère à coté postérieur arrondi, mesurant environ dans les deux sens; foyer arrondi, situé en arrière du centre de figure; treize à (piatorze lobes marginaux, plus de cinquante-six spinules au bord libre, sept à huit sur une ligne centidpète dont les ([uatre ou cinq premières entières. Ecailles de la ligne latérale plus hautes que longues, mesurant dans ce dernier sens et 3 "’“, 7 dans

l’autre; foyer très-étendu en hauteur, vermiculé; canal sans tube visible dans faire spinigère, dilaté vers son point d’adhérence rétréci en arrière*; dix-huit lobes marginaux peu différents entre eux comme dimensions, une soixantaine de spinules au bord libre sur trois ou quatre rangs seulement.

Longueur totale 82““'

Hauteur 19

Epaisseur 9

Longueur de la tête 2 3

Longueur de la nageoire caudale 20

Longueur du museau ^

Diamètre de l’œil 7

Espace interorbitaire 5

N° 8890 du Catalogne général de la collection du Muséum.

' Celte slruclure des e'caillcs de la ligne latérale, analogue à celle que nous avons indiquée plus haut chez les Centroponies, s’est trouvée la môme dans toutes les espèces d’Apogons appartenant à la collection du Muséum, à de très-légères diiréronces près. Agassiz (licch. sur les Poiss.

foss. t. IV, p. 65) décrit le canal comme «sc tciininant entre les aspérités de la partie postérieure jtnr trois branches divergentes'), disposition habituelle chez les Lutjanus, les Diacope el autres genres, mais que nous n’avons jamais rencontrée chez les Ajiogons; malheiu-eusement le

Cet Apogon diffère de ÏApogon Dovü, Günth. , par les dimensions relatives de ses nageoires dorsales, tandis que dans celui-ci elles sont presque d’égale hauteur; chez V Apogon americanus, Cast., la différence est de plus de la moitié en faveur de la seconde, i[ui atteint dans notre individu i6 millimètres, tandis que la plus haute épine de la première n’en mesure pas plus de lo; sauf ce caractère, auquel M. Günther attache avec raison une grande importance, il y a entre ces deux espèces des rapports frappants, à en juger par la description, qui seule nous est connue. Il se rapprocherait aussi de ÏApogon irnherim, Lin., mais s’en distingue cependant par le sahlé noir des joues et la tache de l’operculaire, qui ne sont pas marqués sur les nombreux individus que nous avons pu examiner de l’espèce typique du genre; de plus sur ceux-ci l’espace i nteroculaire est à la plus grande largeur du museau : : 8 a : i o o , tandis que dans V Apogon americanus, Cast., ce rapport n’est que : : 70 : 100. On peut aussi, d’après une description de M. PoeyC penser que son Alonoprion pigmentarius n’est pas sans présenter (juelques analogies avec les exemplaires de notre espèce , surtout par les points pigmentaires des joues; cependant la position des ventrales bien en avant des pectorales dans l’espèce de Cuba no permettrait pas de les confondre.

La description et la figure données dans l’ouvrage de M. de Castelnau auraient été insunisantes pour permettre l’assimilation, si nous n’avions pu établir la comparaison avec l’individu type. Ce dernier n’est pas dans un état de conservation absolument satisfaisant, cependant les principaux caractères, proportions du corps, position et formules des nageoires, tache operculaire, sablé des joues, s’y retrouvent, la tache noire caudale et la teinte rembrunie de la dorsale molle et de l’anale manquent, ce qu’on doit attribuer sans doute au séjour prolongé dans l’alcool. Quoique les dentelures du bord montant du préopercule soient très-fines, leur présence est indiscutable et cette espèce ne peut rentrer dans la section des ApogonicJdîups.

L’individu, qui fait partie des collections rassemblées par la Commission scientifique du Mexique, provient de Caïmito, près Chorrera, Panama (Boucard). Le type de Castelnau avait été rapporté de Babia et, d’après M. Cope‘^, l’espèce a été retrouvée à Newport (Bhode-Island). VApogon americanus serait l’une des espèces les plus remarquables par sa distribution géograpbique; d’une part, elle s’étendrait fort loin en latitude sur la côte orientale de l’Amérique, et, en second lieu, elle existe sur les deux versants de l’isthrne de Panama.

savant prol'esseur de Neul'cliâtel n’indique pas avec préci- ^ Gope . Transactions American Phil. Sociely Philasinn les espèces qu’il a pu observer. delpkia, a' série, t. XllI, |). ioo; 1866-69. (*9 octobre

Poey, Mem. sobre la Ilisl. nat. de la isla de Cuba, t. ti , 1 866.)

lih

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Genre SERRANÜS, Cuvier.

Cuvier, Règne animal, l. il, p. 189; 1899.

Percoïdes à ventrales thoraciques; sept rayons brancliiostéges ; une seule dorsale, occupant une grande partie de la longueur du dos et composée de ix à xi épines avec plus de 12 rayons mous; des dents canines et des dents en velours; plaques dentaires vomériennes et palatines distinctes; préopercule dentelé, operculaire avec trois épines plus ou moins saillantes. Ecailles nombreuses, cténoïdes, polystiques.

Ce genre, Fun des plus riches en espèces et répandu dans toutes les mers, ne perd être regardé, dans l’état actuel de nos connaissances, comme absolument naturel. Les zoologistes sont déjà d’accord pour en détacher les Anthias ou Barbiers, qui doivent former un genre distinct, ayant entre autres caractères ceiui d’être couvert d’écailles monostiques on distiques, mais, même ainsi réduit, on y reconnaît encore deux ou trois types c{ue les progrès de la science engageront, sans doute, à élever au rang de divisions spéciales.

Ce n’est pas cependant cpie les Serrans, compris à peu près suivant les idées de Cuvier, soient absolument éloignés les uns des autres. En ne faisant entrer dans ce groupe cjue les Serrans proprement dits et les Mérous, 011 a un ensemble de poissons très-rapprochés par leur forme générale, la disposition de leurs dents maxillaires, l’armature de leurs pièces operculaires , la conformation de leurs na-

geoires.

La présence de dents canines aux deux mâchoires est un des caractères principaux invoqué par Cuvier, comme caractéristique du genre. On a souvent fait remarquer que ce plus ou moins de longueur est d’une appréciation difficile. D’un autre côté, pour le plus grand nombre des Poissons, ces organes étant toujours simplement destinés à saisir les aliments, à retenir la proie sans qu’il y ait rien de comparable à la mastication ou même à la dilacération , on comprend que des différences de grandeur assez notables puissent se rencontrer sans entraîner des modiPications typiques réellement importantes. Aussi peut-on considérer ce caractère comme ayant à peine une valeur générique.

La disposition de ces canines présente certaines variations. Chez les Serrans proprement dits , tels que le Serraîms scriba, Lin., ces organes, solidement soudés aux os maxillaires et intermaxillaires , sont nombreux, placés sur toute la longueur des mâchoires et, quoique augmentant sensiblement de dimensions d’arrière en avant, tous assez développés. Dans le Serramis maculato-fasciatus, Steind.L et les autres espèces dont M. Girard a lait le genre Paralabrax'^, les canines sont encore disposées avec plus de régularité, à peu près de même force et également espacées entre elles tant à la mâchoire supérieure qu’à la mâchoire inférieure. Les Mérous^, au contraire, ont en général une ou deux paires de canines seulement bien développées; de plus, les dents de la mâchoire supérieure sur la partie terminale et au point d’union des intermaxillaires, en arrière des canines, jouissent d’une mobilité très-appréciable, qui n’est pas sans avoir une valeur physiologique importante. Elles sont susceptibles de s’appliquer complètement sur la voûte palatine , si on les fait mouvoir d’avant en arrière; par contre, en cherchant à les ramener en sens inverse, elles prennent une direction verticale qu’on ne peut leur faire dépasser sans les rompre. Cette disposition anatomique a évidemment pour but de permettre une introduction plus facile de la proie et de s’opposer efficacement à ce qu’elle puisse s’échapper. En examinant avec soin le mode d’union de ces dents mobiles avec la mandibule, on voit à leur base un ligament élastique et inextensible qui les relie aux os des mâchoires; il est placé à la partie postérieure, et un pcolongement osseux antérieur vient, lors du redressement, buter contre les dents et s’oppose au mouvement en avant passé une certaine limite. Ces faits sont absolument analogues à ceux dont M. Owen a parlé en décrivant les dents mobiles du Lophius piscatorius, Lin."; seulement la mobilité des dents est moins générale chez les Mérous dont nous parlons ici et par suite ces organes forment un c piège à ressorte, suivant l’expression de l’anatomiste anglais, moins complet que celui de la Baudroie.

Les différentes pièces qui composent l’opercule offrent des caractères les uns généraux convenant à toutes les espèces du groupe, d’autres au contraire qui ne

' PI. IV, %. ). ’ Pi. Il, %• 3.

^ Girard, Eæpl. nnd Surv. Pacific Railroad. Fishes, * Owen, Odontography , p. i53; pl. LVI, fig. i; i84op. 33; i858. i8/i5.

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doivent servir qu’à des distinctions spécifiques. L’operculaire est toujours épineux; le préopercule plus ou moins finement denticulé à son bord postérieur, souvent lisse inférieurement, ne présente en tous cas jamais de grosses dents dirigées en avant.

Ces deux pièces offrent certaines différences suivant les espèces et seront sans doute susceptibles de fournir d’excellents caractères pour le groupement des Serrans, lorsqu’elles auront été étudiées métliodic[uement sur un nombre convenable d’individus, mais les considérations que nous allons présenter ne peuvent être acceptées qu’avec certaines réserves, n’étant pas encore appuyées sur la comparaison de préparations suffisamment variées.

En ce qui concerne l’operculaire , on reconnaît deux dispositions principales : tantôt, comme chez le Semmus boenack, Bloch, les trois épines du bord postérieur sont égales, ou tout au moins la moyenne dépasse à peine les épines extrêmes, tantôt celle-là est beaucoup plus prolongée en arrière, les deux autres étant tout à fait rudimentaires; le Serranus bexagonatus , Forst., en montre un exemple. On comprend que, dans le premier cas, l’operculaire est terminé presque carrément, et au contraire prolongé en pointe plus ou moins aiguë dans le second. La distance réciprocpie des trois épines paraîtrait offrir un caractère d’un emploi assez commode; ainsi dans la première des espèces citées les deux épines inférieures sont notablement plus rapprochées l’une de l’autre que la mitoyenne ne l’est de l’épine supérieure; les espaces qui séparent ces trois épines sont au contraire à très-peu près égaux dans bon nombre d’autres Mérous. Sur le squelette ces différences s’accusent plus nettement encore par la manière dont les trois côtes internes, qui soutiennent ces épines, partent en divergeant de l’articulation operculo-cranienne ; on pourrait peut-être trouver là des mesures angulaires susceptibles d’une assez grande précision.

La forme de l’operculaire entraîne celle d’un lobe membraneux, qui le double, le prolonge en arrière; il en résulte des différences qui aident à apprécier celles que présentent les épines. Si ces dernières sont d’égale longueur, le lobe membraneux paraît large et terminé en angle obtus, son bord postérieur est très-oblique. An contraire, quand l’épine moyenne est saillante, le lobe membraneux se prolonge en angle aigu, son extrémité étant tantôt relevée, tantôt dirigée directement en

arrière. Déjà les auteurs de l’iiistoire naturelle des Poissons ont employé ce caractère pour des distinctions spécifiques’.

De toutes ces pièces, le préopercule a été le plus généralement indiqué dans les descriptions. Sa forme présente quelques variations, mais plus difficiles à exprimer, même par le dessin, que celles des organes précédents, tant les nuances sout délicates. Il est tantôt arrondi, tantôt en angle droit ou obtus; dans ce dernier cas, les dentelures inférieures de son bord postérieur peuvent se prolongeien dents distinctes, comme par exemple chez le Serramis angularis, C. V.; dans le premier cas, au contraire, les denticulations sont fines sur tout le bord postérieur et augmentent à peine vers l’angle ; il y a souvent une faible sinuosité un pen au-dessus de ce dernier, c’est ce qu’on voit fort bien cliez le Serramis hoenack, Bloch, entre autres.

Les seules particularités offertes par l’interopercule et le sous-opercule consistent en des dentelures fines qu’ils peuvent présenter l’nn ou l’autre à leur bord libre près de leur point de jonction. Dans certaines espèces, comme le Serranus Hleeken, Vaill. [S. vanolosus, Bleek.), ces dentelures paraissent assez constantes; mais il ne faudrait peut-être pas y attacher d’une manière générale nne trop grande importance. Elles peuvent, en effet, exister d’un côté et manquer du côté opposé : un individu du Serranus angidaî'is, G. Y., de la colleclion du Muséum, présente cette disposition L

La considération des organes de la locomotion, quelle que soit la classe des vertébrés qu’on étudie, est insuffisante pour permettre d’établir des divisions d’ordre supérieur. Pour les Poissons en particulier, les perfectionnements apportés dans leur classification, quelque inq)arfaite que soit encore celle-ci, confirment ce principe, et si les anciens icbthyologistes basaient presque exclusivemeid leurs divisions primaires sur la position des nageoires, ce caractère tend de plus en plus à être rnlégué en seconde ligne. Cependant ici, de même que pour les écailles, si les indications lonrnies par ces organes n’ont pas une valeur suffisante pour permettrela formation de sous-classes, ni de familles, ils jeenvent tontefois être utilement employés pour caractériser des genres ou tout au moins servir à des groupements

^ Voy. loc. cit. t. Il, p. 989, à propos du Serranus ^ JN” 7285 du Catalogue ge'iiëral de la coüecLion dit Alewandrinus J C. V. Muséuui.

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/iS

d’espèces. En ce cpii concerne les Serrans et les genres voisins, les auteurs ont déjà fait pour les nageoires un emploi fréquent de différences au premier abord assez peu importantes , mais dont l’usage a montré l’utilité pratique.

La forme de ces parties, le nombre des rayons, sont les seules particularités dont on puisse faire emploi d’une manière générale, la disposition étant invariable dans le groupe. Les dimensions réciproques de ces organes pourraient peut-être être de quelque utilité, cependant des recherches faites dans ce but ne nous ont jusqu’ici donné aucun résultat, les plus grandes variations s’étant souvent rencontrées comme particularités individuelles dans une même espèce.

On n’observe de différence de forme suffisamment marquée cjue pour la caudale. Cette nageoire est le plus ordinairement arrondie, carrée ou faiblement concave, formes trop voisines les unes des autres pour pouvoir fournir des distinctions, mais dans certains cas son bord postérieur est profondément échancré et les angles se prolongent en filaments plus ou moins étendus. Le rôle prépondérant de cet organe pour la locomotion donne à ce caractère une valeur spéciale, qui ne paraît pas toutefois propre à justifier autre chose cpi’un groupement d’espèces et même, sous ce rapport, semble d’ordre inférieur à la structure des écailles de la ligne latérale, comme on le verra plus loin.

t)n serait tenté de regarder le nombre des rayons comme d’une importance très-secondaire , l’observation prouve cependant qu’il est chez ces acantboptérygiens d’une constance remarcpiable, au moins pour certaines nageoires; il n est donc pas sans utilité de voir (juelles sont celles de ces dernières où cette constance est la plus grande et dans quelle limite on doit s’y lier. L’examen attentif d’un nombre aussi grand que possible d’individus d’une même espèce pris dans des conditions de développement variées nous a conduit pour les Serrans aux conclusions suivantes.

Tout d’abord il faut éliminer les nageoires paires. Les ventrales offrent toujours une même formule non-seulement pour le genre, mais encore pour la famille; cette constance peut s’expliquer par ce fait que ces organes ont un rôle pbysiologicpie élevé se rapportant plutôt au tact qu’à la locomotion.

Quant aux nageoires pectorales, elles ne paraissent pas non plus, soit dans leur forme , soit dans leur constitution , présenter chez les Serrans aucun caractère qui

puisse les faire employer pour la clislinclion des groupes. Cependant, si le plus souvent elles sont arrondies, dans certains cas, comme chez les Serranus Louti, Forsk., et S.furcifer, C. V., on les trouve allongées, falciformes; mais c’est précisément sur les espèces à queue fourchue, que ces deux modifications, sans doute corrélatives l’une de l’autre et en rapport avec une progression plus rapide, se rencontrent à la fois. Ces nageoires, en effet, servent certainement à la locomotion, au moins dans certains cas, dans le mouvement de recul en particulier, suivant les observations de M. Monoyer’; elles paraissent aussi avoir un autre usage en relation avec l’acte respiratoire , celui de favoriser par leurs mouvements d’ondulation l’issue de l’eau hors des cavités branchiales. La longueur de ces nageoires , à laquelle on a souvent fait jouer un rôle important dans les distinctions spécifiques, ne paraît pas chez les Serrans mériter grande considération; on la voit sensiblement varier sur une même espèce suivant l’àge, ou suivant certaines particularités individuelles indéterminées. Quant au nombre des rayons qui les composent, il est difficile à apprécier avec exactitude et ne peut être pratic[uement mis en usage ; les variations sont d’ailleurs nulles ou insignifiantes autant qu’il est permis d’en juger.

Les nageoires dorsale et anale donnent des caractères plus nets et dont tous les ichthyologistes se sont servis habituellement. L’emploi qu’en fait l’animal pour la locomotion n’est peut-être pas encore parfaitement établi par l’expérience, cependant lorsqu’on examine une Perche, poisson dont les Serrans se rapprochent assez pour qu’on puisse user de cette comparaison, on voit pendant la natation les nageoires dorsale et anale agitées d’un double mouvement, l’un, d’oscillation latérale, l’autre, consistant en ondulations se propageant dans les parties molles. Il est permis de conclure de ces faits qu’ elles aident la caudale pour la progression; mais elles doivent surtout maintenir la station verticale d’après les données physiologiques connues. La constance dans le nombre des rayons est le seul caractère dont on puisse faire emploi, les différences de forme se réduisant à des variations, encore assez faibles, de hauteur.

En premier lieu , le nombre des épines paraît très-constant. Chez les Serrans ,

‘ Monoyer, Recherches expérimenlales sur l’équilibre et la p. i/i; 1866. — Bert. Notes d’ Anatomie et de Physiologie, locomotion chez les Poissons, Ann. sc. iiat. 5 ' série, t. VI, p. 3 i; 1867.

ZOOLOGIE Dü MEXIQUE. — Iv' PARTIE.

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dont le Serranus scriba, Lin., est le type, on trouve toujours dix épines dorsales; chez tous les Mérous le nombre est neuf ou onze à une exception près, le Serraïms Courtacki, Boct., dont on trouvera plus loin la description. M. Bleeker et M. Güntlier ont pris ce caractère pour diviser le genre en groupes et, après les distinctions fournies par les écailles de la ligne latérale, c’est celui qui paraît sinon avoir la plus grande valeur, au moins être le plus commode comme emploi. Les épines de l’anale , plus fixes encore à cet égard que celles de la dorsale , sont toujours au nombre de trois.

Une remarque analogue peut être faite pour les rayons mous de ces deux nageoires. 11 y a suivant les espèces des variations dans le nombre de ces parties à l’anale, mais dans une même espèce la constance est remarquable. En chercbant à vérifier ce fait sur une espèce des mieux représentées dans les collections du Muséum, nous avons trouvé que, sur près de quarante individus appartenant au Serranus hexagonatus, Forst., il ne s’en est pas rencontré un seul ayant plus ou moins de huit rayons à l’anale; au contraire, sur ces mêmes exemplaires le nombre des rayons de la dorsale molle a varié de quinze à dix-sept. Ceci est sans doute concordant avec ce principe que dans les organes de cette sorte plus les nombres sont faibles, moins ils sont variables; quoi qu’il en soit, le résultat reste le même et montre qu’on peut faire utilement usage de ces particularités pour la distinction des espèces et leur groupement dans ce genre si étendu et si difficile.

Il ne faut toutefois se fier au nombre des épines et des rayons dans les différentes nageoires qu’ après un examen portant sur un nombre suffisant d exemplaires pour ne pas risquer d’être trompé par des accidents dus à des monstruosités individuelles. Ainsi, dans des espèces bien établies, on peut parfois rencontrer des animaux portant un nombre anomal d’épines dorsales. Cela peut arriver par défaut; dans les collections du Muséum nous en avons rencontré deux exemples, l’un sur l’individu type' du Serranus boelang, C. V. (c’est le même que le Serranus boenack, Bloch), il ne présente que vni épines nettes; l’autre sur un Serranus rivulatus, C.V.^, ayant x épines. D’autres fois c’est par excès, c’est-à-dire dix ou douze épines alors que le nombre normal serait neuf ou onze : les Serranus mar-

‘ N° 7672 du Catalogue généra) de la collection du ^ N” 7347 du Catalogue général de la collection du Muséum. Muséum.

ginalis, Bloch S el S. Mentzeln, G. V.^ nous ont fourni des exemples de ces anomalies. Quant au nombre des rayons mous de l’anale chez les espèces se rapportant au type du Mérou, la collection du Muséum ne nous a montré qu’un exemple d’anomalie parmi les Serrans de beaucoup les plus nombreux c[ui ont pour formule in, 9 : il nous a été fourni par un exemplaire du Serranus aurantius, G. V.^, dont la formule anale était iii, 10; tous les autres individus de la même espèce, au nombre d’une dizaine, en y joignant le Serranus analis, G. V., qui ne paraît pas pouvoir en être distingué, présentaient au contraire le type normal iii, 9. Ghez les Serrans proprement dits la constance est moindre, et le Serranus cahrilla, Lin. , présente presque indifféremment sept ou huit rayons mous à l’anale.

En somme, pour les Serrans on arrive à cette conclusion, quant à l’emploi taxonomique des nageoires , que la forme de la caudale et les nombres fournis par les épines et les rayons de la dorsale et de l’anale donnent seuls des caractères pour le groupement des espèces. En ce qui concerne ces nombres, celui des épines de l’anale est le plus constant; puis vient celui des épines de la dorsale qui, dans une même espèce, sauf anomalie on pourrait dire tératologique, est également toujours le même. Le nombre des rayons mous de l’anale olfre une régularité comparable à celle des rayons dorsaux et doit être employé au même titre pour le groupement des espèces; quant aux rayons de la portion molle de la nageoire dorsale , ils peuvent présenter des variations numériques assez étendues. Ges résultats, déduits de l’étude minutieuse d’un nombre considérable d’individus , peuvent à ce titre être regardés comme exacts en ce qui concerne ce genre, mais l’expérience seule permettra plus tard de juger s’ils sont applicables à d’autres groupes.

Les faits les plus intéressants , et peut-être les plus positifs , pour l’étude de ces Poissons nous ont été donnés par l’examen des écailles de la ligne latérale, et l’un de nous, dans différentes notes a insisté sur l’importance des caractères présentés par ces organes.

' N° 4590 du Catalogue général de la collection du Muséum.

^ 1 N° 7868 du même Catalogue.

■' N” 7 208 du même Catalogue.

' Léon Vaillant : Sur certains caractères différentiels de

quelques genres appartenant au groupe des Serranina. {Bull. Soc. Ptiilon. de Paris. Nouv. série, t. X, p. 5 i; 1878.) — Sur les écailles de la ligne latérale chez différents Poissons percoides. {Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, t. LXXIX, p. /io6; 1874.)

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Les écailles des flancs sont construites chez tous ces animaux sur un plan trèsimiforme : elles sont quadrilatères, ordinairement un peu allongées d’avant en arrière, toujours franchement cténoïdes, polystiques *. Le foyer et la lorme de faire spinigère présentent seuls quelques modifications. Le premier est tantôt petit, circulaire, rapproché du bord libre d’autres fois, très-allongé, occupant une portion de f écaille qui peut aller jusqu’au tiers ou à la moitié du diamètre longitudinal'®; clans fun et fantre cas, les sillons rayonnants atteignent toujours le foyer, étant longs ou courts, suivant que ce foyer est lui-meme réduit ou allongé. Les variations do forme de faire spinigère sont en rapport avec les modifications précédentes : dans le premier cas les épines occupent un espace régulièrement triangulaire'*: dans le second, les épines les plus rapprochées du foyer tendent à disparaître® et faire spinigère prend la forme d’un segment de cercle ou même (fune simple zone bordant fécaille à son côté postérieur. Ici, comme pour les changements analogues signalés plus haut chez les Centropomes, ces légères différences ne sont nullement en rapport avec la constitution typique de f organe, mais probablement avec fâge relatif de celui-ci; au reste on rencontre habituellement fune et fautre sorte d’écailles contiguës et irrégulièrement entremêlées les Lines aux autres, sur un même individu®.

Les écailles de la ligne latérale offrent des variations plus importantes dont on peut faire un très-utile emploi dans le groupement des espèces et qui même conduiront sans doute plus tard à justifier davantage le partage des Serrans en plusieurs genres distincts.

Dans un premier groupe où se trouvent le Serranus cabrilla, Lin., le Serranus maculato-fasciatus , Steind."^, c’est-à-dire les Serrans proprement dits, ces écailles sont construites sur le type le plus habituel chez les poissons Percoïdes. La forme générale est celle d’un triangle à sommet postérieur tronqué, arrondi; la hase est également convexe. Parmi les festons qu’elle présente il s’eu trouve un plus développé , plus ou moins rapproché de la partie médiane du bord et faisant face à l’orifice antérieur du canal. L’aire spinigère, parfaitement distincte, est cependant

‘ I']. Il, %. 3" et 4”; pl. IIl, flg-. i", ' PI. H, %• S'-

l'I. Il, lig. 4*. '* PI. III, %. 1" et i'.

= Pl. 11, %. 3\ ' Pi. I(er, fig. 3.

‘ Pl. 11, flg. 4».

peu développée par suite même de la forme de l’écaille. Le canal est formé par une lamelle scléreuse , homogène , d’une grande transparence et absolument privée de stries. Cette lamelle, recourbée en gouttière infundibuliforme, se trouve soudée par les bords à la lame de l’écaille , la réunion donnant un canal complet ouvert à ses deux extrémités; l’oriftce antérieur est large, le postérieur, situé à l’extrémité de la portion rétrécie qui parcourt l’aire spinigère, est au contraire étroit. On trouve de plus une perforation circulaire, large, pratiquée dans la lame de l’écaille vers le tiers postérieur de sa longueur*, laquelle établit une troisième communication entre le canal et l’extérieur. Cet orifice, qui n’avait à notre connaissance jamais été signalé, n’est pas spécial aux Serrans du type étudié ici; c’est un fait général qui a même été constaté pour la première fois chez la Perche commune et a pu être vérifié depuis sur un nombre considérable d’espèces appartenant aux types les plus divers. En comparant ces écailles à celles que nous avons précédemment étudiées chez les Centropomes, chez le Cetiiropomus unionensis, Boct. ^ par exemple, on est conduit à penser que les écailles du Serrauus maculato-fasciatus , Steind., diffèrent de celles-là par l’adjonction du petit tube qui traverse l’aire spinigère pour venir s’ouvrir au bord postérieur.

Cette perforation médiane de la lamelle dans les écailles de la ligne latérale chez la Perche, les Serrans, etc., a donné lieu à une erreur d’optique, qui avait trompé les observateurs jusque dans ces derniers temps. La lamelle , tonnant la paroi externe du canal, est d’une transparence telle qu’en examinant, comme on

le fait d’ordinaire au microscope, ces organes par lumière transmise, la perforation apparaît en clair et on a tendance à rapporter la mince couche, qu’on perçoit la voilant à peine, à la lamelle écailleuse; aussi a-t-on décrit et figuré^ le canal comme largement ouvert et taillé en liée de üùte vers l’origine de l’aire spinigère. Une fois prévenu , il est facile de reconnaître partout la véritable disposition des parties telle qu’elle vient d’être indiquée ici.

Les rapports des écailles de la ligne latérale dans les Serrans de ce premier groupe ne diffèrent pas de ce qu’ils sont pour les autres écailles du reste du corps.

' PI. ] ter, iig. 3’. désignés par M, Agassiz sous le nom (PEÜieosloiualidae,

" PI. I bis, %. a , a’. pl- 1. fig- 3% pl. II, (ig. 4", 5', 6°; pi. III, fig. a\

" ConsuUer en parliculiei' L. Vaillant, Recherches sur 4", 6’, 8“ Arch. Muséum, t. IX; 1873 ).

les Poissons des eaux douces de V Amérique septentrionale ,

ZOOLOGIE

A l’état de vie, ces organes sont entièrement enveloppés par l’épiderme muqueux qui revet tout le poisson, les spinules seules peuvent faire une légère saillie; on observe d’ailleurs facilement entre celles-ci des cellules pigmentaires étoilées indiquant en ce point la presence de la couche de Malpiglii. La portion spinigère, bien dégagée et entièrement visible à l’extérieur, se montre imbriquée sur l’écaille suivante. L’adhérence de ces organes aux couches voisines est assez faible pour qu’après avoir légèrement soulevé leur partie libre, en la saisissant avec des pinces, il soit facile de les arracher comme les écailles du reste de la surface du corps.

Dans le groupe des Mérous dont fait partie le Serrcmm capreohis, Poey, qui sera décrit plus loin et peut servir d’exemple, la structure et les rapports des écailles de la ligne latérale présentent de notables différences. Ces organes, fort petits', ont line forme plus régulièrement triangulaire et en général allongée; le grand feston antérieur existe presque seul, les festons latéraux étant peu nombreux et peu développés; l’aire spinigère fait absolument défaut; quant au canal lui-même, il ne différé pas de celui qui a été décrit plus haut chez le Serranus maculato-fasciatus , Steind.; il s’ouvre dans les trois points habituels, ayant un orifice antérieur large ,

un orifice postérieur étroit placé à l’extrémité libre de l’écaille, enfin une perforation interne pratiquée dans la lame striée même. Les différences portent donc sur la forme et sur l’absence d’aire spinigère.

Ces écaillés ainsi modifiées affectent avec la peau des rapports intéressants à remarquer; elles sont absolument cachées dans le tégument, comme renfermées dans une poche qu’il faut inciser pour les extraire; chez certains individus de grande taille une véritable dissection est même nécessaire pour parvenir à les enlever. Un nombre plus ou moins considérable de très-petites écailles cycloïdes se trouvent toujours placées superficiellement sur ces écailles canalicnlées, complétant en quelque sorte le cuirassement cutané sur ce point.

Cette structure et celte situation anatomiques sont évidemment en rapport l’ime avec l’autre. L’observation prouve, en effet, que les écailles intra-cutanées se montrent toujours privées de spinules et réduites à la lame scléreuse; c’est ce qu’on voit sur les écailles des Anguilles ou, pour prendre un exemple dans des Poissons

PI. I ter, lig. 5. — Hoolbrook (Ichth. of South Carolina , Charleston, i855, pl. V, fig. i el a ) a donné l’un des pre-

miers une figure de ces écailles sur le Serranus erythrognster, Dekay.

d’un type moins diffe'renl, sur les écailles des Grammistes et des Rhypticus. La ihéorie tend du reste à prouver que la lame est fournie parle derme, tandis que les spinules, dans les écailles réellement cténoïdes, sont une dépendance de l’épiderme

Ces deux types d’écailles, très-différents l’un de l’autre lorsqu’on examine des espèces aussi distinctes que celles prises ici pour exemple, se relient entre eux par des transitions faciles à constater. Ainsi chez le Serranus Louti, Forsk., on trouve des écailles du second type en avant, tandis que vers le pédoncule caudal ces organes ont une aire spinigère bien développée. Un passage plus complet encore nous a été fourni par le Serranus creolus, G. V., chez lequel existe une aire spinigère rudimentaire, réduite à quelques rares spinules placées le long de 1 extrémité postérieure du canal, souvent même n’existant que d’un seul côté. Cependant, dans le plus grand nombre des cas on peut trouver, dans la considération de ces écaillés de la ligne latérale, un caractère d’une appréciation facile, qui, joint aux particularités fournies par l’étude des dents , des pièces operculaires, des nageoires, peut justifier la formation de coupes secondaires dans ce genre.

Avant d’abandonner ce sujet, il reste à signaler une troisième modification des écailles de la ligne latérale; une seule espèce jusqu’ici nous l’a présentée, dans ce genre, cest le curieux Serranus Itaïara, Lichtenst. Ici cet organe^ en parallélogi-amme allongé un peu rétréci à une de ses extrémités, plutôt qu’en triangle, n’olfre à son bord antérieur festonné rien de bien remarquable et qui diffère notablement de ce que nous avons vu chez les Serrans proprement dits ou les Mérous. Le bord postérieur en quelque sorte membraneux ne présente ni stries concentriques comme la lamelle, ni spinules visibles. Mais cette écaille se distingue au premier coup d œil par son canal, se divisant dans le champ postérieur en quatre ou cinq branches qui s’ouvrent par autant d’orifices au bord libre. Il existe comme toujours une perforation de la lamelle établissant une communication directe entre le canal et la face profonde; elle est située très-peu en avant du point où le canal se ramifie. Cette disposition , qu’on retrouve chez des Poissons appartenant à

‘ L. Vaillant, Sur le déoeloppement des spinules dans les de l’Académie des sciences, tome LXXXI , page l'àj ; 1875). écailles du Gobius niger, Linné [Comptes rendus des séances ^ PI. I ter, fig. h.

différents genres, est assez singulière, comparée à ce que montrent les autres Serrans.

L’observation ayant porté sur le nombre relativement considérable d’especes que renferme la collection du Muséum (on en trouvera plus loin rénumération) , ces résultats peuvent être considérés comme présentant un degré réel de certitude et nous paraissent conduire à une division facile et positive en grands groupes des nombreuses espèces de ce genre.

Pour établir les caractères différentiels des espèces , on a égard chez les Serrans et, d’une manière plus générale, chez tous les Poissons à certaines particularités tirées des proportions du corps et de la coloration, particularités sur lesquelles nous croyons à propos de fixer ici l’attention; ce genre, par les observations que nous avons pu faire, ou par celles qu’on trouve consignées dans les auteurs, étant un des plus propres à faire ressortir les difficultés de ces sortes d’examen.

Dans les diagnoses spécifiques, on a recours liabituellement à différentes mesures obtenues, en comparant entre elles des dimensions choisies telles c[ue la longueur, la largeur du corps, le diamètre de l’œil, etc. On peut en tirer d’excellents renseignements et, si les individus d’espèces distinctes sont dans le même état de développement, les comparaisons deviennent très-faciles et rigoureuses; mais, dans le cas contraire, il en est tout autrement, des changements assez notables pour les proportions générales de certains organes ayant depuis longtemps été remarqués par les zoologistes. Ce serait une question d’un très-haut interet cl arriver a lormuler, si cela est possible, les lois de ces variations; par malheur, le problème est fort difficile et les auteurs, tout en le signalant, ne paraissent pas s’être sérieusement préoccupés de rassembler les éléments nécessaires pour le résoudre. Dans le grand nombre d’individus que renferment les collections du Muséum, quelques-uns , appartenant à une même espèce, présentent des tailles tres-differentes; nous avons cherché à mesurer leurs principales dimensions avec le plus de rigueur possible et l’on trouvera dans le tableau suivant, pour trois espèces, le résumé de ces recherches, trop incomplètes sans doute pour pouvoir fournir des déductions à i’ahri de toute critique, mais qui permettent peut-être sur certains points d entrevoir une solution.

SERRANUS GIGAS. SERRANÜS ÆNEUS. S. UEXAGOiVATDS. N® 7227. IN® 7228. K® 7338. 7827. N“ Agoi. W® 7395,

Longueur de l’individu ........

Plus grande hauteur

üà

Longueur totale supposée 1 00.

Plus grande épaisseur

Idem.

fiOngueur de la tête

Distance du bout du museau à

Idem.

l'anus

Distance du bout du museau à la

Idem.

dorsale épineuse

Idem.

Longueur de la dorsale épineuse .

Idem.

l.ongueur de la dorsale molle . . .

Idem.

Longueur de l’anale

tU

Idem.

Longueur de la caudale

Idem.

Diamètre longitudinal de l’œil. . .

Longueur de la tête supposée 100

Longueur du niu.=eau

Diamètre de l’œil supposé 100.

Distance interorbitaire

Idem.

Hauteur de la 1 " épine dorsale. . .

Hauteur du corps supposée 100.

Hauteur de la IV" épine dorsale. .

Idem.

Hauteur de lu portion molle ....

Idem.

Hauteur de la 1 ™ épine anale. . . .

Idem.

Hauteur de la HP épine anale. . .

Idem.

Admettant à priori que les différences dans les rapports de dimensions sont proportionnelles à la différence de taille ou, si l’on veut, d’âge des individus, on n’a examiné que des exemplaires présentant des écarts nolalDles. Ainsi pour le Serranus gigas, Gml., et le Serranus hexagonatus . Forst. , le plus grand exemplaire a environ six fois la taille du plus petit, et pour le Serranus œneus, Geoff. , le rapport est encore supérieur à : : 3 : 1 . La première ligne du tableau seule donne des valeurs réelles, les chiffres suivants expriment simplement le rapport à des dimensions données toujours supposées cent, comme l’indkpie la dernière colonne, alin de rendre immédiatement comparables les chiffres correspondant aux différents individus. Le numéro placé en tète de chaque colonne est celui que porte l’exemplaire dans le catalogue général de la collection du Muséum.

On peut trouver dans rétuclc de ce tableau deux ordres de résultats: les uns relatifs aux variations des espèces différentes conqvarées entre elles, les autres aux variations d’une même espèce à différents âges. Il n’est pas non plus inutile de faire remarquer que, dans ces sortes de mensurations une exactitude absolue étant impossible à réaliser, surtout lorsque le petit nombre de sujets examinés ne permet pas d’admettre une sorte de correction par moyenne, on ne doit avoir

ZOOLOGIE DU MEXIOLE. iv' l'AIlTIE.

ZOOLOGIE

égard qu’aux différences un peu fortes, au moins supérieures au quart de la di mension observée.

Ces mesures comparatives ainsi résumées montrent que les changements de taille n’apportent dans ces rapports pour une même espèce que des variations peu considérables. Ainsi la hauteur reste la même ou à peu près; dans le Serrmius ameus, Geoff., où le rapport des tailles est cependant le moins différent, la variation est la plus grande sans dépasser un sixième ou un septième. Il n’en serait pas de même de l’épaisseur, puisque dans deux espèces la différence irait à un quart eu laveur du plus Agé; elle pourrait être considérée comme nulle chez kSerranus /texug-o/mto, Forst. Toutefois, des conditions spéciales peuvent changer beaucoup cette mensuration sur un même individu suivant l’état de vacuité et de réplétion de la cavité abdominale et, bien que les mesures aient toujours été prises au niveau de la ceinture scapulaire et des pectorales, point moins soumis a ces influences, cependant il peut y avoir des causes d’erreur.

La longueur de la tête ne donne pas prise aux mêmes objections, le plus ou moins de saillie de l’épine operciilaire pourrait seul fausser les chiflres, et, dans le genre Serran, cette épine n’est jamais développée au point de produire de grandes variations. Si les résultats énoncés dans le tableau se généralisaient, cette mesure serait fort importante, l’Age ne paraissant pas la laire sensiblement varier, lapins grande différence n’étant que de un quinzième à peine poiii’ la troisième espèce; malheureusement, à en juger par les Serrans dont les dimensions sont indiquées dans ce tableau, l’écart est si petit d’espèce à espèce qu’d ne peut guère être invoqué comme caractère spécifique.

11 est inulile d’insister sur la position de l’anus, sur le point d origine de la dorsale épineuse, ni sur les longueurs des diverses nageoires, les différences étant iiulles ou peu marquées; ce[)endant, le point d’origine de la première dorsale paraît se porter plus en avant chez l adulte que chez le jeune et si, pour les deux dernières espèces, les nombres sont sensiblement égaux ou ne montrent qu’un écart peu considérable, pour la première, l’écart de buit centièmes représente le quart ou le tiers de la longueur mesurée.

Ce sont les mensurations de l’œil, du museau et de l’espace interorbitaire, qui présentent les différences les plus notables. Le diamètre oculaire compaié.

comme on le fait souvent, à la longueur de la léle est toujours beaucoup plus grand dans le jeune que dans l’adulte; la différence peut aller à près de moitié ou du quart des mensurations des parties. Les dilférences sont encore plus considérables pour ce qui est de la longueur du museau et de rintervalle interorbitaire, mais, à l’inverse de ce qui a lieu pour l’œil, c’est chez l’adulte que les dimensions, comparativement au diamètre de ce dernier organe, sont les plus grandes; elles peuvent le dépasser de plus de la longueur ou au minimum du tiers de la dimension chez l’adulte. Des variations aussi fortes n’avaient pas été sans frapper les icbthyologistes et M. Günther, entre autres, l’a très-expressément énoncé dans sa préface du Catalogue des Poissons du Musée Britannique ' . Les dimensions générales du corps, la longueur de la tète, la position des nageoires et de l’anus étant si constantes, on peut en conclure que ces variations soni dues au changement du globe oculaire lui-même, qui ne suit pas la loi d’accroissement du reste de l’organisme et est proportionnellement plus développé chez le jeune que chez l’adulte, fait peu étonnant, puisque chez les vertébrés, qui sont le plus habituellement sous nos yeux, il paraît en être toujours plus ou moins ainsi ; les jeunes mammifères, les jeunes oiseaux en fournissant des exemples vidgairement connus. Il y aurait donc avantage à abandonner comme mesure comparative un organe aussi variable dans ses dimensions et à rapporter la longueur du museau et la largeur de rintervalle interorbitaire à la longueur de la tête par exemple, puisque celle-ci paraît plus fixe. Voici les nombres que l’on obtient sur ces mêmes exemplaires, la longueur de la tête étant supposée loo :

SEKRANUS GIGAS. SERRAINUS ÆNEÜS. SERR. HEXAGOKATÜS.

K“ 7227. N" 7228. 1N“ 7328. 7827. Agoi. N” 7895.

Longueur du museau lo 7 10 7 9 u

Dislance interorbitaire 5 h 6 k h 3

Ce mode de comparaison conduit, on le voit, à des résultats plus précis; il montre également une remarquable conformité entre toutes ces espèces assez éloignées les unes des autres, bien qu’elles appartiennent toutes à une même grande division du genre.

A. Günlber, Cal. Brii. Mas. Fiskes, t. I, pl. VI; iSSf).

GO

ZOOLOGIE

Les hauteurs des épines dorsales et de la nageoire dorsale molle ne fournissent aucune indication, les résultats étant contradictoires suivant les espèces. Il n’en est pas de même des épines de l’anale , qui seraient toujours moins développées chez l’adulte que chez le jeune, et cela dans une proportion considérable pouvant presque aller du simple au double.

Sans insister davantage sur ce sujet, nous avons cru utile, vu son importance, d’entrer ici dans ces quelcpies développements.

Quels avantages trouverait-on pour la distinction des espèces à examiner les animaux à l’état de vie ou en ayant conservé les apparences? c’est ce qui n’a pu être tenté jusqu’ici que sur une petite échelle, la comparaison directe entre des poissons répandus sur un aussi vaste espace étant impossible et nos moyens de conservation très-imparfaits. Quant aux descriptions, aux dessins mêmes, ils ne nous fournissent d’ordinaire que des renseignements insuffisants : les premières étant souvent très-difficiles à interpréter lorsqu’on les emprunte à un même auteur, à plus forte raison, lorsqu’elles ont été faites par des personnes différentes d’après des méthodes dissemblables; les seconds, sauf ceux c[ui ont été exécutés avec grand soin, et ils sont rares, ne nous donnent guère plus de renseignements c[ue les individus conservés dans nos collections. Pour ces derniers, il ne faut guère compter sur les individus desséchés et quant aux animaux placés dans l’alcool, cpioiqu’ils soient évidemment d’un bien plus grand secours, cependant c’est dans ce cas un aide très-fautif sur beaucoup de points.

A en juger par les espèces méditerranéennes, dont te coloris brillant rappelle celui des poissons tropicaux, une fois dans la liqueur les teintes disparaissent, mais la disposition générale subsiste assez bien pour qu’on puisse l’apprécier avec exactitude. On doit on conclure c[ue c’est à cette seule considération qu’on peut avoir égard pour les individus ainsi préparés. En se bornant à cet ordre de faits, on est frappé de l’analogie que présentent entre elles certaines espèces, et il est facile au premier coup d’œil de grouper les types principaux en plusieurs séries; quand on veut , il est vrai , aller un peu plus loin on éprouve de sérieuses difficultés , et des types de passage viennent en grand nombre faire disparaître des limites qui d’abord paraissaient convenablement établies. Chez les Serrans do la subdivision des Mérous à onze épines à la dorsale et huit rayons mous à l’anale, les plus

nombreux et les plus difficiles à distinguer, le mode de coloration, bien qu’il paraisse très-constant pour chaque espèce, est susceptible de présenter sur chacune d’elles des variations considérables suivant la prédominance de telle ou telle teinte dont la disposition est cependant normale. Un des exemples les plus frappants nous est fourni par le Serranus hexagonatus , Forst.

Dans ce Poisson , le système typique de coloration est formé par des taches obscures, de forme hexagonale, répandues sur toute la surface du corps et séparées par des traits plus pâles. On reconnaît facilement que sur la tête et à la partie ventrale ces taches deviennent rondes, et les espaces limites s’étendent davantage, en sorte qu’on devine une tendance au changement de ces taches en ponctuations plus ou moins larges sur un fond clair; c’est ce qu’on trouve habituellement sur les petits individus ne dépassant pas 7 ou 8 centimètres et, par exception, sur des animaux adultes. On reconnaît qu’avec les progrès du développement les taches ont une tendance à s’agrandir aux dépens de la teinte claire du fond, sur les parties latérales et surtout dorsales; en ce dernier point, l’envahissement peut être absolu en certains endroits et les taches se confondent; il esl facile de constater, en examinant un nombre suffisant d’individus, que cette fusion se fait de préférence sur certains points déterminés, quatre à la base de la nageoire dorsale et un sur le pédoncule caudal , donnant ainsi naissance à cinq taches d’autant plus à remarquer quelles semblent en quelque sorte typiques de la coloration d’un grand nombre d’espèces du genre, comme on le verra tout à l’heure. Ue système de coloration par taches hexagonales simples est surtout caractéristique des variétés dont on a fait les Serranus favealus, C. V., et S. pardalis, Bikr., le second avec taches dorsales des Serranus merra, Bloch, et S. hexagonatus , Forst. Dans le Serranus nigiûceps, C. V., les taches dorsales sont plus nettement accusées, les taches hexagonales ne sont séparées que par de fines lignes pâles, enfin ces taches elles-mêmes sont de teintes plus ou moins accusées suivant des zones transversales dont les plus foncées correspondent aux taches dorsales (pi’elles semblent continuer, en formant cinq bandes latérales. Citons encore, comme modification singulière du type du Serranus hexagonatus, Forst., un individu rapporté des îles Marquises en i8â6, par M. Teschoire^; ici l’animal paraît entièrenieni

' N° 738^1 du Cntalogue général de la colicclion du Muséum.

ZOOLOGIE

d’une teinte foncée parsemée de très-petits points blancs, mais, en y regardant d’un peu plus près , on s’aperçoit que ces derniers sont disposés régulièrement et dessinent des hexagones dont ils représentent le sommet des angles : on voit qu’ici il y a eu absorption presque complète des lignes limites des taches.

[Jn type différent nous est donné par le Serranus striatus, Bloch. Sur un fond imicolore, on observe cinq bandes transversales entourant le corps, quatre correspondant à la nageoire dorsale, une au pédoncule caudal; cette dernière, très-foncée à la partie supérieure, forme la tache noire si nette dans cette espèce. En avant, sur la nuque et la tête existent deux autres bandes en fer à cheval, concentriques l’imo à l’autre, dont l’extérieure partant des orbites vient passer devant la nageoire dorsale. Ces dernières peuvent être regardées comme accessoires et spécifiques, tandis que les cinq bandes verticales constitueraient le dessin fondamental dans ce groupe; le rapport à établir ici avec les cinq taches dorsales, qui apparaissent dans certaines variétés du Serrcmus Itexagonalus , Forst., est facile à saisir.

Auprès du Serranus striatus, Bl., se placent les Serranus semipunctatus , C. V., et S. sex-faciatus , C. chez lesquels les bandes montrent une tendance à se décomposer en taches, où des ponctuations apparaissent sur les nageoires; puis les Serranus diacanthus, C. V., et S. Océaniens, Lacép. , dont la teinte foncée rend les bandes peu perceptibles; les premiers fout passage au type du S. hexagonatus, Forst., les seconds, au Serranus gigas, Bl. Schn.

Pour ce dernier, la teinte générale est uniformément brune chez certains individus, imagée irrégulièrement de blanchâtre chez d’autres, sans qu’on puisse remarquer aucune tendance à un dessin déterminé, soit de ponctuation, soit de bandes, hes Serranus dicropterus, C. V., S. Goreensis, C. V., S. Alexandrinus , Geoff. , S. Bontuo, Russ., et S. nebulosus, C. V., ont un type de coloration analogue; cependant chez ce dernier, on distingue obscurément des bandes transversales, qui nous ramènent vers le Serranus striatus, Bloch.

D’autres types multiplient les passages et rendent plus difficile encore la limitation des groupes. Ainsi chez le Serranus luira, (h V., tout le corps est parsemé de ponctuations noirâtres; de plus ou remarque cinq bandes verticales obscures, interrompues, troublées de taches plus pâles, et une tache noire très-

accusée sur le pédoncule caudal. Ces caractères montrent une tendance vers le type du S. hexagonatus, Forst., qui devient encore plus évidente chez les Serranus crapao, C. V., S. salmonoïdes, Lacép., ce dernier surtout où les bandes transversales s’atténuent; d’autre part, le Serranus œneus, Geoff. , tout en présentant des rudiments de bandes et de taches, se rapproche beaucoup du S. gigas, Gml.

Dans la subdivision des Serrans proprement dits, des bandes verticales foncées, larges, et de petites lignes transversales sur la joue constituent le type principal de coloration, et sous ce rapport, en comparant des espèces géographiquement très-éloignées comme le Serrmius scriha, Lin., et le S. mvem-cmcUis , Knerr, par exemple, on ne peut c[u’être frappé de leur ressemblance sous ce rapport'.

En somme, il semble possible, comme l’ont fait jusqu’ici les ichthyologistes , d’employer le système général de coloration pour le groupement des espèces, mais à défaut seulement de caractères plus positifs. Ajoutons que l’âge paraîtrait dans cjuelques cas apporter des changements notables dans le système de coloration pour une même espèce. Ainsi M. Day est conduit à regarder le Serranus lanceolatus, Bloch, comme l’état jeune du Serranus morrhua, G. Y.; il est vrai que ce fait important ne peut encore être regardé comme absolument mis hors de doute

Tons les caractères que nous venons de discuter permettent de distinguer ce genre, compris suivant la méthode de Cuvier et de Valenciennes, des genres de Percoides les plus voisins. Ainsi les Aulacocepluilus , les Glaucosom,a, les Myriudon, les Trachypoma n’ont que des dents en velours : les deux derniers genres ont de plus, comme les Plectropomes, sur lesquels nous reviendrons plus tard,

* M. Steindachner [Sitzungsb. Akcul. Wiss. Wien., t. LVI, p. Gu) pense même que cette dernière espèce pourrait être regardée comme identique au Seirams cabrilla. Lin.; c’est, croyons-nous, aller trop loin. La compai'aison d’individus types de l’espèce méditerranéenne avec des exemplaires du Serranus novem-cinctus , Knerr., rapportés de Saint-Paul par M. A. de L’isle, voyageur du Muséum, monti'e certaines différences, déjà indiquées parles auteurs, pour les proportions générales, et suffisantes, croyons-nous, pour justifier une distinction spécifique.

* C’est au Serranus hotrtdus, K. et v. IL, que M. Day rapporta d’abord le Serranus lanceolatus , VAoeh (The Fishes

of Malabar, p. à); M. Blytli pensait que c’est plutôt le jeune âge du Serranus suillus, C. V. M. Playfair (Zanzibar Fishes, p. h) a donné des raisons assez plausibles contre ces deux manières de voir, que M. Günther n’a pas cru non plus devoir adopter (voy. Zool. Record , t. VI, 1869, p. 128). Depuis M. Day a avancé que cette espèce devait être rapprochée du Serranus morrhua, C, V.

Il serait important, croyons-nous, dans cette question de chercher à distinguer, au milieu des variations, la coloration typique sur laquelle on a insisté plus haut, puisque dans un groupe donné elle paraît commune comme fond à un certain nombre d’espèces.

ZOOLOGIE

le l)ord inférieur du préopercAÜe armé de dents fortes dirigées en avant. Chez les Anyperodon et les Prionodes, il n’existe pas de dents palatines; ces organes manquent même aussi au vomer chez les derniers. Les écailles des Grammistes et des Rkyptims, cachées dans l’épaisseur du tégument, ont la structure bien connue qu’on a décrite depuis longtemps chez l’Anguille et n’offrent pas trace de spinules. Chez les Anthias, réunis autrefois aux Serrans proprement dits, et chez les Callantlms, les écailles monostiques ou distiques ont une apparence toute différente sans parler de la forme du corps, qui les rapproche dos Berycidés. Quant aux Polyprion, ils se distinguent des Serrans par l’absence de dents canines, leur crête operculaire et la forme des écailles; ces dernières sont quadrilatères, mais, chose ass(‘z rare, la lame, au lieu d’être régulièrement plane, faiblement convexe, est coudée vers son milieu transversalement; la moitié antérieure se trouve donc, par rapport à l’axe du corps, sur un plan plus profond que la partie postérieure, ces (leux portions étant réunies par une partie moyenne à peu près verticale. Quant aux genres Aprion, Apsihs, Etelis, Diacope et Lutjanus, les écailles de la ligne latérale à canal postérieurement ramifié à peu près comme dans le Serranus üaïara, Lichtenst., mais toujours nettement cténoïdes, peuvent servir à les différencier. Nous laisserons de coté pour le moment les Centropristis , fort ditffciles à flistiuguer des Serrans proprement dits, nous réservant de revenir plus tard sur ce point en traitant de ce genre en particulier.

Bloch, l’un des fondateurs de l’ichthyologie moderne , a le premier fait connaître un grand nombre d’espèces du genre Serran. Le groupement cju’il a adopté laisse cependant à désirer; on peut aussi reprocher aux figures de son atlas relatives à ces animaux une trop grande importance donnée à la coloration, interprétée d’après le sec dans bien des cas , et des inexactitudes dans les détails de parties importantes telles que les pièces operculaires. Cependant ces planches, d('s plus remarquables pour l’époque à laquelle elles ont été publiées, fournissent encore de très-précieuses indications.

Cuvier et Valenciennes, ayant pu examiner un nombre considérable d’exemplaires conservés dans la liqueur, ont eu une idée plus exacte de ces poissons et, suivant l’écaillure plus ou moins complète du museau et des mâchoires, établirent une division en Serrans proprement dits. Barbiers et Mérous, laquelle, tout en

étant basée sur un caractère de médiocre importance et d’une diflicile appréciation, n’en mérite pas moins d’être conservée; le second groupe même doit incontestablement former un genre distinct. Les Mérous, qui répondent à peu près aux Epinephelus de Bloch, sont très-nombreux; les auteurs de l’Histoire des Poissons se sont contentés de les partager, d’après la coloration et la répartition géographique,' en quatre groupes :

1“ Espèces à teintes plus ou moins uniformes, marbrées ou nuageuses : Méditerranée et côtes américaines ;

2 ° Espèces avec des raies, des bandes, de grandes marbrures soit longitudinales, soit transversales ; Mer des Indes;

3“ Espèces à taches assez grandes et serrées : Océan Indien;

4° Espèces à corps piqueté : Mer des Indes , Océan Atlantique.

11 est inutile d’insister sur l’insuffisance de ces caractéristiques, ce que d’ailleurs les auteurs précités ne dissimulent point. Les notions qu’on possède aujourd’hui sur les changements de coloration dans une même espèce suivant l’âge viennent encore infirmer ces divisions auxquelles cependant, faute de mieux, on est encore obligé d’avoir recours comme ressource extrême.

M. Günther, dans son catalogue des Poissons du Musée Britannique L fait jouer un rôle plus considérable à ce qu’on pourrait appeler les caractères anatomiques extérieurs. Ainsi en première ligne se trouve la forme de la caudale, puis le nombre des rayons mous de l’anale qui, nous l’avons dit plus haut, paraît par sa constance avoir une importance réelle. L’emploi du mode de coloration, et encore en tant qu’il s’agit de la distribution générale des teintes, la denticulation plus ou moins forte du préopercule, enfin le nombre des épines et des rayons de la dorsale ne viennent qu’en dernier lien servir au groupement des espèces. Cette disposition, beaucoup plus parfaite que les précédentes, paraît cependant susceptible de quelques perfectionnements si on emploie les particularités fournies par la structure des écailles de la ligne latérale et en interprétant différemment la valeur des caractères employés.

Citons ici, pour mémoire, la méthode n’ayant été appliquée qu’aux animaux

‘ A. (lünlher, Cat. of lhe Fisites in the Bvitish Muséum, t. I, p. 97; 1869.

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