D. XI, 17; A. III
Ecailles : ao/gS/ôo.
Ce Serran, par la forme de son corps, sa dentition et son écaillure, |)eut être regarde comme constituant un type dans le groupe des Epinephelus.
Hauteur tres-peu supérieure au quart de la longueur totale et égale à deux fois et demie 1 épaisseur. Tete occupant les trois dixièmes de la longueur du corps, profil en courbe régulière avec la ligne dorsale, qui est médiocrement élevée; museau faisant près du tiers de la longueur de la tête; mâchoire inférieure saillante; maxillaire atteignant la perpendiculaire abaissée du bord postérieur de l’orbite. Une paire de canines assez fortes a chaque mâchoire antérieurement, les supérieures plus écartées et les plus developpees, les autres dents mobiles. Narines rapprochées entre elles et reculées, 1 anterieure, ties-petite, étant au delà du second tiers du museau, la postérieure, largement ouvei te , a mi-distance entre la première et le bord antérieur de l’orbite. Yeux plutôt rapprochés, l’espace interorbitaire étant compris environ six fois et demi dans la longueur de la tête, le diamètre de l’orbite fait très-peu moins du (|uart de cette dernière dimension. Préopercule rectangulaire, le bord postérieurseul denticulé très-finement, sauf au voisinage de 1 angle où les huit a dix dernières denticules deviennent
Gelte lectificalion, due à M. Bocoiirt, a ëté déjà indi- ” .X” gdda du Catalogue général de la collection du quée, d’après une coinmunication verbale, par M. Günther Muséum.
{ Zoological Report , 1870,9, 90).
un peu plus sensibles ; épines operculaires aplaties, la moyenne la plus saillante , lobe membraneux en pointe aiguë. Ecailles du museau excessivement fines, à peine distinctes, comme de très-légères granulations.
Ligne latérale parallèle à la courbure dorsale, prolongée sur la nageoire caudale; écaillés petites, serrees, s étendant assez loin sur les nageoires impaires.
Epines de la dorsale fortes, les troisième et quatrième égales, les plus longues mesurant les quatre neuvièmes de la plus grande hauteur du corps, la première n’est pas moitié aussi developpee; portion molle à bord libre très-légèrement convexe. Epines de 1 anale moins hautes, mais plus robustes, surtout la seconde, que les épines dorsales; portion molle a bord libre a peu près demi-circulaire. Caudale convexe. Pectorales arrondies, atteignant presque 1 origine de l’anale. Ventrales un peu plus courtes, dépassant légèrement l’anus.
Le système de coloration', tout à fait caractéristique, a fort bien été indiqué par Cuvier et Valenciennes : la disposition des bandes en fer à cheval partant de la région oculo-malaire et passant au-devant de la nageoire dorsale, les bandes transversales placées sur le reste du corps, la tache noire du pédoncule caudal et les points de même couleur placés autour de l’œil ne permettent pas de confondre cette espèce avec aucune autre. D’après des notes prises sur l'individu que nous décrivons ici, la teinte générale à l’état frais est mordorée, les bandes terre de Sienne, ainsi que les nageoires, salifies pectorales dont la couleur tire sur le jaune, la tache caudale et les points périorbitaires sont d un noir profond; iris doré; la peau empiète un peu sur le globe oculaire en haut et en bas 'L
Les écaillés sont petites. Celles du corps, en quadrilatère allongé d’avant en arrière, mesurant sur i ““,5 ; le foyer peu développé, dans celles que nous avons examinées, est vers la reunion des deux tiers antérieurs au tiers postérieur; quatre à six sillons en partent et gagnent le bord adhérent entre les festons marginaux; les spiniiles de l’aire postérieure sont gcneralement intactes; le nombre des rangées centripètes est de dix sur une écaillé prise a 1 individu rapporté par la Commission scientifique, mais sur un exemplaire de l’ancienne collection venant d’Haïti ^ on en compte trente-trois. Les écaillés de la ligne latérale sont profondément enfoncées dans le tégument de forme
' Voir plus haut p. 63.
* Les teintes, suivant la remarque de Cuvier et Valenciennes, paraissent sujettes à certaine.s variations, et les recherches modorne.s tendent h généraliser le fait de plus en plus dans la classe des Poissons. En ce qui concerne le Serranus slrktus, Bl., nous avons pu consulter les dessins de l’atlas manuscrit Cuvier et Valenciennes, conservé à la bibliothèque du Muséum. L’un colorié (Coll. C. V. ; carton II , B , afi ) doit avoir été envoyé par M. Ricord ; les teintes sont à peu près celles que nous indiquons, mais
en général tirant plus sur le vert; le ventre est un peu plus clair, marqué do taches blanches. Le second {id. ibid. I), 38) est un croquisà la mine de plomb et porte en note manuscrite : et Fond du dos et des flancs verd, du ventre violet, les taches brunes plus noires sur le dos, plus rouges sur les côtés ; w ces indicafions peuvent porter h penser que ce dessin a été fait d’après la figure peinte par MM. de Sessé et Mocigno, indiquée dans V Histoire des Poissons.
’ N°7i, 5() du Catalogue général de la collection du Muséum.
triangulaire, à base arrondie, et noffrent pas de spinules;un grand feston occupe presque tout le bord poste'rieur; de chaque côté s’en voient trois ou quatre petits; la longueur est d’environ 3 millimètres, la plus grande largeur, de i“"",35. Il est facile da constater sur cette espèce que les écailles canaliculées de la ligne latérale ne sont pas disposées en série continue, souvent deux d’entre elles sont séparées par deux ou trois écailles non perforées, semblables à celles du reste du corps.
Longueur totale 198“'"
Hauteur 53
Epaisseur 22
Longueur de la tête 60
Longueur de la nageoire caudale 36
Longueur du museau. 19
Diamètre de l’œil 1 /[
Espace interorbitaire g
N° .5209 du Calalogiie général de la collection du Muséum.
Ce Serran est l’un des plus nettement caractérisés dans ce genre difficile et les ichthyologistes sont, depuis les travaux de Cuvier et Valenciennes, parfaitement fixés pour la détermination de celte espèce. Cependant, la synonymie telle qu’elle est généralement donnée n’est peut-être pas à l’abri de toute critique.
Les auteurs de l’histoire naturelle des Poissons ont fait un historique très-complet de ce Percoïde que Séba avait représenté avec une grande exactitude; cette figure, dont Linné ne fait pas mention malheureusement, est même encore la meilleure que fon possède; elle donne une idée fort exacte de l’aspect général et de la distribution des couleurs; la planche de Parra lui est fort inférieure à tous égards. Avant cette époque, le P. Plumier en avait fait un dessin de grandeur naturelle, dessin reproduit d’une part dans la copie des travaux de ce naturaliste tombée entre les mains de Bloch, et d’autre part sur un vélin d’Aubriet faisant partie de la collection du Muséum ' ; sur la première reproduction l’ichthyologiste de Berlin a établi [’Ànthias slriatus,\ii seconde a été pour Lacépède le type de son Sparm chrysomelanm'^. Il est possible que des notes aient été prises par le P. Plumier afin de compléter son croquis pour la couleur et certains détails tels que les dentelures du préopercule, car l’original, que nous avons pu examiner dans la bibliothèque du Muséum^, est un simple trait, fort soigné d’ailleurs,
‘ Poissons, t. I, vélin n° )3. Ce dessin n’esl pas signé, c’est sur l aulorité de Cuvier et Valenciennes, dans l'album desquels s’en trouve un calque, que nous le rapportons à Aubriet.
^ Cette épithète est empruntée à Plumier lui-même; son dessin porte de sa propre main la suscriplion : chryso-
rnelanus piscis; il est regrettable, à ce pointde vue, que les lois delà nomenclature ne pernietlent pas de conserver le nom donné par Lacépède. C’est à tort que dans le Catalogue du Musée Britannique se trouve indiquée l’épitbète : cbrysomelanurus.
“ Collection Plumier, Poissons et coywd/cs, dessin n°
sur lequel ou voit le préoperculo arrondi et où l’e'pine operculairo n’est pas indiquée. Si Aubriet a eu connaissance de ces notes, il ne s’en est servi que pour la coloration, assez semblable sur le vélin à celle donnée à la planche CCCXXIV de Bloch, mais il a recopié simplement le trait, l’altérant à la vérité en des points essentiels, tels que le nombre des epines; cependant, il est injuste de l’accuser d’avoir croublié les dentelures du préopercule et les épines de l’opercule 75, puisque ces détails manquent sur le dessin original et sont au reste fort inexactement représentés sur la planche de Bloch. Le dessin du P. Plumier montre à la dorsale x épines et lù rayons, à l’anale m, 10; le nombre des rayons ne peut toutefois être pris qu’à un ou deux près; ces formules se rapprochent de celles données par Bloch. Lacépède, au contraire, donne les chiffres D. IX, iB: A. Il, 11, qui sont plutôt ceux du vélin d’Auhriet, où nous avons trouvé D. X, 19 ou i 3 ; A. Il, 10; une figure du Spare chrysomélane, reproduite dans une petite édition des œuvres de Buffon' mais qu’on ne trouve pas dans l’édition primitive de 1809, parait empruntée à ce vélin autant qu’on peut en juger en tenant compte de la réduction. Aucun des nombres donnés par ces auteurs pour les épines et les rayons des nageoires ne correspond donc exactement à ceux du Serranus striatm, Bl. , tel qu’il est déterminé depuis Cuvier et Valenciennes; la disposition des bandes est aussi différente, elles sont en effet plus nombreuses et celles de la partie antérieure, si nettement longitudinales en avant et bien indiquées sur les figures de Séba et de Parra , sont transversales comme celles de la partie postérieure. La tache noire du pédoncule caudal , assez caractéristique il est vrai, est en somme le seul point sur lequel on puisse s’appuyer pour établir une assimilation entre les poissons décrits par ces divers naturalistes, et, bien que I usage doive laire rapjiorterà Bloch l’épithète spécifique, sa description et sa figure pourraient être regardées comme insuffisantes, si Cuvier et Valenciennes, en donnant les premiers une diagnose véritablement scientifiqne, n’avaient cité cet auteur^; depuis lors, aucun doute n’a pu se produire sur ridentification de ce Serran.
Mais les auteurs de V Histoire des Poissons ont à tort admis comme synonyme de cet Anthias slriatus de Bloch le ÏMljanus sfruttus da Lacépéde^. Il ressort, en effet, suffisamment des details donnes par ce dernier^* quil ne connaît de ce Lutjan que la diagnose delà Perça striata de Linné®, reproduite simplement par Daubenton etHaüy®, puis par
' OEuvres de Buffon, Lecointe, éclil. 1802, pi. LXXXV, (ig. 3 .
^ Dans la première édition du règne animal où le genre Serranus est établi. Cuvier cite (t. Il, p. 378,11010) deux autres Serranus striahis : l’un , ffolocentrus slriuins, Bl. = Cenlroprislis liepatus, Lin.; l’antre, Epinephelns slrialns, Bl., espèce douteuse. Le véritable Serranus strktus , BL, fignré par Séba, était alors pour lui un Bodianus (p. 376, note 2 ).'
Cuv, et Val. 1838. IBsl. nal. des Poiss. l. II, p, 289.
— Le renvoi à la page 2.34 de l’ouvrage de Lacépède donné par ces auteurs parait être une faute d’impression ; cependant, il est reproduit par Guichenot et M. Günther. ipii admettent tous deux celle synonvmie.
* Lacépède, Hist. nal. des Poiss. l. IV; p. 176. 11° 5 . i<)8, note 5 , et 2o4.
^ Linné, Spslema naturce, édit. Xll, p. /187. — Edit. Gmelin (citée spécialement par Lacépède), p. iSig.
' Daubenton elllaüy. Encyclopédie méthodique. Poissons, p. 38 o.
ZOOLOGIE
Bonnaterre’; ce sont les seuls auteurs qu’il cite, sans mentionner les planches de Bloch, auxquelles cependant il renvoie fre'quemment dans ce quatrième volume. h'Antklas stricUus de Bloch n’est d’ailleurs pas pour ce dernier la Perça slriala de Linné, puisque dans son système il fait de celle-ci un Grammistes^.
En résumé, les figures de Séba et de Parra avec la description de Cuvier et Valenciennes sont les seuls documents authentiques pour l’établissement de l’espèce. On peut, d’après l’autorité de ces derniers auteurs, en rapprocher le dessin du P. Plumier et, par conséquent, les deux espèces fondées sur ce document par Bloch et Lacépède; le reste de la synonymie adoptée généralement doit être écarté.
Le Serraniis striatus , Bl., est propre aux côtes orientales de l’Amérique et ne s’étend pas au delà des tropiques; les individus que renferme la collection du Muséum proviennent tous de la merdes Antilles; Cuba (Barnoii de la Sagra), Saint-Domingue (Bicord), la Alarti nique (Plée). L’exemplaire décrit j)lus haut et rapporté par la Commission scientifique du Mexique avait été pris à la Jamaïque; il est plutôt de petite taille: un individu envoyé par M. Bicord mesure près du double, o"',.35^, et ces animaux peuvent devenir beaucoup plus grands puisque Cuvier et Valenciennes, ainsi que M. Cünther, en citent qui atteignent près de un mètre.