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LA COMPLAINTE DU PELERIN

POUK FAIKE SUITE A CELLE DC JOTF ERKAKT.

Quand les bons Pères Augustins de l'Assomption s'en mêlent, ils riment aussi très-agréablement le joyeux couplet. Cette complainte fut composée à la suite des pèlerinages nationaux et à propos d'une récente publication, le Pèlerin, journal religieux illustré, rédigé par les Pères de la résidence de Paris et dont le tirage est aujourd'hui considérable.

Sur la machine ronde Je cours soir et matin ; Mon domaine est le monde, Je suis le Pèlerin.

Je vois tout, j'entends tout.

J'ai droit d'aller partout.

Le successeur de Pierre M'a signé d'une croix ; C'est mon arme de guerre Qui dit a tous : « Je crois! »

Les lâches ont rougi, L'enfer en a rugi.

Vers la Ville éternelle Je vais chaque printemps; Et là je renouvelle Mon ardeur tous les ans; Et les tombeaux des saints Entendent mes refrains.

Je vais oîi Bernadette \it la Reine du ciel; Je vais à la Salelle, Je vais à Saint-Michel, Et visite en chemin La Vierge du Pontmaio.

286 LES PÈRES AUGUSTINS DE L'aSSOMPTION.

J'ai visité Fourvière, J'ai visité Paray; J'ai porté ma prière A sainte Anne d'Auray.

Irai-je bien tandem Jusqu'à Jérusalem?

D'après un personnage Petit, mais grand parleur, Le vieux pèlerinage N'était plus en honneur :

En dépit des hâbleurs Il rentre dans les mœurs.

a Raro sanciificantur, Dii l'Imitation, « Qui tam peregrinantur. » Terrible objection.. .

— Apprenez le latin; Vous n'y comprenez rien.

Un touriste en voyage Jam peregrinatur ; Mais en pèlerinage, Ad Sancta prodittir.

Si le premier est vain, Le second est très-saint.

En chemin je ramasse Nouvelles et propos, Et puis de ma besace Je les tire à propos.

Mes cinq mille abonnés En sont tout étonnés.

On croyait que l'usage De l'esprit, des bons mots N'était pas le partage Du monde des dévots.

Je m'en sers bien et beau, En dépit de Boileau.

• Les mystères terribles De la foi du chrétien Ne sont pas susceptibles D'être égayés. » C'est bien :

Tu te crois sérieux, Tu n'es rien qu'ennuyeux.

Va-l'-en, vieux janséniste, Masque de gravité; L'Église n'est point triste, Elle dit Gaudete.

L'esprit de piété N'exclut point la galté.

LES PÈRES AUGUSTINS DE l'aSSOMPTION. 287

Je me sers de Timage Pour réjouir les yeux :

L'Église en fait usage En tous temps, eu tous lieux :

Ut ad intelleclum Penetret per sensum.

La coquille se montre Fière sur mes habits.

Parfois on la rencontre Aussi dans mes écrits; Et, grâce à riraprimeur.

Elle est en grand honneur.

Si les coupeurs de bande Parfois me font des tours, Et si ma propagande Ne prend pas tous les jours.

Je fais d'autres essais Sans m'arrêter jamais.

Je me ris des attaques

Et même des rebuts;

En invoquant saint Jacques

J'accepte les refus.

Par temps triste ou serein

Je vais droit mon chemin.

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