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dans les sentiers; les feuilles encore vertes restent, au contraire, fixées aux branches. Un torrent ravine les montagnes et enlraine dans sa course les débris; les plus lourds, cailloux et galets, s'arrêtent les premiers, voisins les uns des autres; les piirticules terreuses flottent plus longtemps, et parfois vont jusqu*à rembouchure* où elles se déposent en limon.
Triage, multiplication des effets, instabilité de Thomogènc fondent donc TÉvolution avec ses deux aspects principaux, diversité croissante, détermination* croissante. Vers quel terme racheminent-ellês et acheminent-elles le monde? Un premier regard peut faire supposer que toutes choses tendent vers Téquilibre; le travail de concentration amé* ncrait tous les globes solidifiés à l'état de repos, Bt à la limite on entrevoit un univers éteint, silencieux et figé. Kn revanche, d*autres observations scientifiques autorisent une hypothèse bien différente : les planètes ralentiront, il est vrai, les mouvements de leurs orbites ; mais le moment oii elles s'arrêteront marquera le moment où elles retomberont sur le soleil. Le soleil, de son côté, et les étoiles, modifiant sans cesse leurs distances, finiront par se rencontrer. Ces heurts cosmiques détermineront des retours à Tétat gazeux ; révolution s'achèvera en dissolution pour recommencer. Toutefois les deux hypothèses exigeraient, l'une et l'autre, des connaissances qui nous passent. A vrai dire, elles sont des constructions mentales qui débordent de bien loin toute vérification.
S. Applleatlons diverses de l'Évolution i Indieatlons MMBBiaires. — Les autres ouvrages de Spencer développent les diverses applications de l'Évolution.
Les Frincipes de psychologie constituent l'empirisme évolutionnîste : à Torigine l'esprit est une table rase; puis par Tadaptation, l'association et Thérédité, un système de lois intérieures se façonne, reflet du système des lois extérieures; les relations du dedans correspondent aux relations du dehors. La raison, déterminisme mental, est une copie sans cesse retouchée, enrichie, précisée, du monde, déterminisme cosmique.
Areç les Principes de sociologie^ c'est l'évolution des
sociétés qui* parties d*UDe structure semblable en bien des points à Torganisme des vivants, tiennent au début l'individu ôlroiioment soumis aux exigences collectives et mené par des notions religieuses dérivées du culte des morts, puis, à travers une différenciation progressive des fonctions sociales, l'acheminent vers un état futur de liberté individuelle et de raison scientifique.
La morale pose Thomme gouverné à Torigine par ses appétits et en guerre avec les autres hommes, les intérêts personnels hostiles les uns aux autres, puis, par le jeu des relations sans cosse plus diversifiées et mieux adaptées ensemble, l'intérêt particulier de plus en plus solidaire de rintérêt général, à la limite enfin une humanité où le bonheur de chacun sera le bonheur de tous, où l'activité b imaine spontanément se déploiera en justice et en félicité.
G. ConcioHloii. — Envisagé d'ensemble, rÉvolutionnisme se présente comme la synthèse de trois grandes idées philosophiques, l'une qui est contemporaine, l'autre déjà phis ancienne, mais moderne encore, la troisième antique.
La f»rernière est la loi sociale de la Division du travail, dont Milne-Edwards déjà, l'élargissant, faisait une loi biologique, et qui, avec Spencer, devient une loi universelle.
i.a seconde est la notion cartésienne de la physique mathémati(iue : avec Laplace, elle devient la mécanique céleste, puis, avec Joule et Mayer, la théorie mécanique de la chaleur. Comme la première. Spencer l'étend à runiversalilé des êtres, matériels, vivants, pensants.
La troisième enfin est la notion héraclitéenne et plus tard sloïcienne de l'univers soumis à la loi du devenir et à des alternativiîs d'enveloppement et de dilatation, d'embrasement et d'exlinetion.
On peut resserrer encore cette systématisation : TÉvolutionnisme lie ensemble deux idées qui semblent s'exclure : d'une part, le mécanisme qui, avec sa quantité constante d'énergie, est une éternelle répétition ; d'autre part, ledévelop[)ement de la vie, qui est renouvellement et progrés. La Persistance de la Force, qui ne change jamais, constitue l'Univers phénoménal, qui change toujours.
Atast-propos I
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