Réponse à Balthazar Hubmeyer. II, i
21. Dans sa grande querelle avec Luther, Zwingli revendique à plusieurs reprises ce principe. Il affirme qu'à Zurich on l'a toujours pratiqué, même à l'égard des anabaptistes (lettre aux pasteurs d'Esslîngen. Oet. 1526). Cependant les anabaptistes se plaignent plusieurs fois» dans leurs interrogatoires, qu'on ne leur laisse pas imprimer leurs défenses, et je trouve à la date des derniers jours de 1524, un décret du conseil qui institue un comité de censure dont Zwingli fait partie ( Fussly. II, 21 ). Ces renseignements, en apparence contradictoires, me paraissent se concilier ainsi : le comité de censure, aux termes du décret, ne devait surveiller que les livres à imprimer àZurich. La vente des livres imprimés ailleurs était sans doute permise ou du moins ne dépendait que du conseil lui-même. Ainsi on voit que le conseil voulut plus tard interdire la vente des livres de Carlstadt. Il ne faut jamais oublier que la liberté n'a pu se faire reconnaître immédiatement comme un droit : elle ne fut longtemps qu'une tolérance/ L'on pourrait définir l'histoire : l'émancipation progressive de l'individu.