Écrit en
reil délire. A ce titre, l'histoire de ces vertiges de l'esprit humain n'est pas sans intérêt. On y verra combien ces violences sont insensées, combien sonl vaines ces poursuites. Si les maladies du cerveau ne sont pas nouvelles, elles n'ont jamais été bien contagieuses.
Il est vrai que Platon disait, il y a plus de deux mille ans, en parlant de sa république imaginaire : « Quelque part que cela se réalise ou doive se réaliser, il faut que les richesses soient communes entre les citoyens, et que l'on apporte le plus grand soin à retrancher du commeree de la vie jusqu'au nom de la propriété *. » Mais quand le philosophe athénien s'exprimait avec une témérité si grande, il mesurait ses paroles à l'intelligence de son auditoire. Platon créait un idéal et le rejetait au delà des confins du possible, il abandonnait le inonde réel pour entrer dans le pays de fables. L'intention était transparente; personne autour de lui ne s'y trompait. Sa fiction se défendait d'être prise à la lettre et respirait cette ironie délicate dont les anciens semblent avoir emporté le secret. Aux vices des civilisations du temps elle opposait les merveilles d'une civilisation chimérique, elle se servait d'un plan de société pour conclure à une leçon de morale. Voilà dans quel sens Platon doit être compris : sa conception n'a qu'une valeur d'antithèse.
Les fictions issues de la sienne ont aussi ce t'arac- 1ère de protestation tantôt formelle, tantôt détournée.