‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 39 sur 170 · Corinth., xxvii · texte numérisé non relu

Corinth., xxvii

6. I.'auieur anonyme d'un des morceaux sur la comédie qui nous sont venus des f^rammairiens grecs et que Meineke, entre autres, a léiins à la lin du premier volume fie ses Fragm. comic. grive, fait mourir en Sicile Ptirynichus, le poôie liagHpio très-piobablement. Voyez Meineke, t6îd., p. 147, 536; Clinton, Vasl. Iiellenic, pioœm., p. 31.

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tée en Sicile, P^iiripide et A^atlion, en Mact^doine; qui, de Sicile, avait passé dans les provinces méridionales de rilalie, où devaient un jour la prendre, pour aller l'éfablir à Rorae, Livius Andronicus et Ennius. De là beaucoup de tragiques, étrangers, je le répète, à Alhènfs, nuis qui, Platon nous l'a dit*, et nous le savons d'ailleurs par plus d'un exemple, quand ils avaient quelque mérite, étaiei t fort jaloux de produire leurs œuvres, d'établir leur réputation dans les concours de cette métropole de la tragédie.

Mégare, où Susarion avait été chercher la comédie, donna, selon Suidas, au théâtre tragique d'Athènes un poëte nommé Alcimèoe '. Oa se moquait chez les Athéniens, avec quelque ingratitude, du Rire de Mégare. On n'y traitait pas mieux les Larmes de Mégare^. Si, comme on l'a pensé* assez légèrement*, les pi'èces d'Alcimène avaient donné lieu à la seconde de ces expressions proverbiales, il n'aurait mérité que par le ridicule un souvenir de l'histoire littéraire.

Une épigramme de l'alexandrin Dioscoride®, conforme à l'opinion, dont il a été question plus haut, qui réclamait pour les Doriens, les Sicyoniens, l'invention de la tragédie, fait dire à la statue de Bacchus placée sur le tombeau de Sophocle : « J'arrivais de Phionte; j'étais encore un dieu grossier, fabriqué de bois de chêne; il me para d'or, me revêtit de fine pourpre.... » Deux anciens tragiques, sinon la tragéiie elle-u ême, étaient Phliasiens, Pratinas et son fils Arisiias, antagonistes, l'un d'Eschyle'', l'autre de Sophocle', et pa ticulièrement célèbres dans le genre da drame satyriq e', fondé par le premier***. Le monument d'Aristias se voyait encore, au temps de Pausanias, sur la place publique de Phlionte". On peut dire

1. taches. — 2. M. J. Girard ne l'oublie pas dans sa dis-^ertation De Megarensium ingenio, Paris, iSSi. — 3. Hesychius, vv. réh»:, MeyapÉwv ôaxpua. — 4. 0. Millier, Dor., II, p. 367. — 5. Voyez Meineke, Fragm. comic. grœc.j t. I", p 21. — 6. Antlwl. Pal.^ VII, 37. — 7. Suii., V, ITpaTtvaç. — 8. Vit. Sophocl. — 9. Pausan., Corinth. , XIII. — 10. Suid., ibid. Cf. Horai., adPison., v. 220. Schol. Acron. — 11. Pausan., iljid.

que le monument de Pratinas était le théâtre même d'Athènes, primitivement construit en bois et reconstruit en pierres à la suite d'un écroulement survenu pendant la représentation d'une des cinquante pièces attribuées au poëie, et dont une, dit-on, ou la tétralogie dont elle faisait partie, fut couronnée*.

La liste des anciens tragiques étrangers à Athènes s'honorerait de noms bien illustres, si le témoignage de Suidas''^ suffisait pour établir que Simonide de Géos, que le grand lyrique de Thèbes, Piodare, ont lait des tragédies, et le dernier particulièrement au nombre de dixsept; si le caractère de leur pensée et de leur style, quelquefois qualifié par l'épithète « tragique », ne leur avait fait attribuer faussement des ouvrages de cette sorte'; si ces ouvrages, en supposant qu'ils aient existé, ne devaient pas être, comme on l'a pensé *, renvoyés à cette tragédie lyriqne des Doriens qui n'avait rien de dramatique, et précéda Tinvenlion du drame chez les Athéniens.

Citons, en leur place, avec Achaeus d'Erétrie et Ion de Chio, auxquels nous reviendrons, un autre tragique de la même époque, Aristarque de Tégée^ qui, dans ses cent ans de vie, a pu être le contemporain d'Eschyle, aussi bien que de Sophocle et d'Euripide^, et assister ainsi à l'histoire entière de la tragédie grecque. Inventeur du cothurne, dit-on % il paraît ne l'avoir pas lui-même

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