VI PREFACE
comparée entin aux imitations plus ou moins libres et originales qu'on en a faites chez les Romains, chez nous, chez d'autres peuples de l'Europe moderne.
J'ai rangé les tragédies d'Eschyle dans un ordre conforme à ce qu'on sait, à ce qu'on peut conjecturer de la date de ces pièces, et propre, par conséquent, à y faire suivre les progrès de l'art dramatique. Une habileté, une perfection à peu près égales se faisant remarquer dans toutes les compositions de Sophocle, je me suis réglé pour les classer, selon mes convenances, tantôt sur l'usage ordinaire, tantôt sur la succession chronologique et l'enchaînement des sujets. L'emploi de ces diverses dispositions m'a permis de finir l'examen des deux théâtres par des tragédies qui ont ensemble de grands rapports, les Choéphorcs et les Euménides d'Eschyle, V Electre de Sophocle, et d'étabhr entre elles, au moyen de la place que je leur donnais, ne pouvant les rapprocher davantage, une sorte de correspondance symétrique. Le parallèle que j'en ai dû faire, e.t où je ne pouvais manquer de comprendre VÈlectre d'Euripide, m'a fourni une transition naturelle au théâtre du troisième des grands tragiques athéniens. A l'égard de ce dernier, dont les nombreuses pièces présentent de notables différences, non-seulement pour le mérite, mais pour les procédés de la composition, levenant en partie à l'ordre plus méthodique que j'avais suivi pour Eschyle, j'ai distribué ses œuvres en plusieurs groupes où l'on pût étudier les innovations par lesquelles ce poëte inventif s'est efforcé de rajeunir la tragédie vieillie et épuisée.
Les observations de toute nature dont les tragédies qui nous sont restées du théâtre grec, au nombre de trentedeux, m'ont paru pouvoir ctre l'objet, je les ai comme en cadrées dans une analyse de chaque pièce, méthode d'expofcition plussusceptibled'intérct((u'uncaulre plus sévèreii^ent didactique, et qui n'offre d'ailleurs qu'une apparente facilité ;