Aristoph., Ran., passim ; Thom. Magist., Vit. Euripid
époque et dans quelles limites cette constitution, cette organisation primitive du sj)eclacle tragique se modifiât-elle, de sorte que le poêle, quand il allait entrer en lice, reçût du sort * ses divers agents pour ainsi dire, nonseulement le chœur, mais uu fonctionnaire spécialement chargé de son instruction, quant à la partie orchestique du moins ^, un Chorodidascale ; mais les trois acteurs principaux, qui, selon une loi de l'art, peut-être formulée par Horace *, comptaient seuls au théâtre comme dans la tragédie, et concouraient inégalement, hiérarchiquement *, selon les proportions variées de leur talent et l'importance de leurs rôles, à l'ensemble, à l'unité de l'expression scénique , sous les noms de protagoniste, denté ragoniste, tritagoniste , en latin, adores primarumiy secundarum^ terliarum partium ? Le choix libre des acteurs fut-il, comme beaucoup l'ont pensé, une dérogation exceptionnelle à l'usage antérieur de les tirer au sort, et cela en faveur, soit de poêles^, soit de comédiens*, déjà couronnés, et d'une réputation faite? ou bien, au contraire, ce que je croirais plus volontiers, la distribution par la voie du sort de ces acteurs fut-elle un moyen, assez tardivement trouvé, de rendre les chances égales entre les concurrents, de mettre un terme à leurs manœuvres, de prévenir leurs réclamations? Il me paraît difficile de se prononcer avec certitude sur toutes ces questions, que les textes anciens ont laissées bien obscures. Ce qui est plus clair, c'est que le domaine du poëte, d'abord sans limites, se restreignit progressivement; c'est que, la éomposiiion et la représentation devenant par degrés des départements distincts, le poëte finit par n'être plus chargé, au théâtre même, que d'une surveillance générale sur l'exé-