‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 78 sur 170 · Aristoph., J?an./ Athen., Deipri., I. — 7. Athen., ibid · texte numérisé non relu

Aristoph., J?an./ Athen., Deipri., I. — 7. Athen., ibid

hE LA THAGLlDiE GRECQUE. 155

Grecs, artistes en tout, mêlaient à cet exercice, et dont Athéni'o a emprunté à leurs poêles de si agréables peintures'. La danse, le geste, l'expres^^ion mimique occupaient donc, chez les Grecs, une place fort importante dans les représentations théâtrales. Aristote leur en accorde une dans sa Poélique : seulement il semble les attribuer spécialement à la partie la plus musicale et la plus rhylhmique du drame, c'est-à-dire au chœur^. Les Romains, qui avaient pour la danse et pour cette gesticulation animée qui en dépend, et qu'on n*en distinguait point, une passion peu digne de leur gravité, dont s'indignait Scipion Emilien ', en avaient fait de fort bonne heure l'élément principal da spectacle tragique et comique. Dès le temps de Livius Andronicus*, ils en étaient venus, dans certains morceaux d'élite, qui, détachés du dialogue et soutenus d'un accompagnement plus musical , s'appelaient cantica, k séparer les gestes des paroles prononcées, à la place de l'acteur, par un chanteur placé, pour cela, près du joueur de flûte. Leur Iloscius excellait par l'action ; ils en parlaient, comme ils parlèrent depuis des pantomimes*, et il ne lui manquait, pour mériter complètement co nom, que de renoncer complètement, comme les pantomimes, à la parole. Ce que n'avait pas fait Roscius, Pylade et Rathylle le firent au temps d'Auguste, et après eux, les Hylas, les Mnester, les Paris, toute cette longue suite de comédiens du même genre, qui avaient, dit Sénèque*, leurs écoles, leurs maisons, leurs clients, et dont l'histoire des Césars, qui est souvent la leur, dont les épigrarames flatteuses des Anthologies grecque et latine , nous ont coDsaivé tous les noms, jusqu'à celui de la danseuse Helladia, qui se faisait homme comme les autres se faisaient femmes, et à laquelle Byzance, qui lui vit danser le rôle d'Hector, éleva des statues. Les témoignages de l'antiquité sont una-

1. Odyss., VI, 100; Atlien., Deipn., I. — 5. Arist., Poet., i. —

3. Macrob., II, 10; Cf. Sallust., Cat., xxv ; Hor., Od., lu, vi, 21, —

4. Tit. Liv., VII, I, 2; Val. Max., IV, 2. — 5. Voyez Cic, pro Archia, VIII, xvu: deOrat., III, 26, 102, etc. — 6. Senec, Nal. Quœst., Vil, 32.

nimes dans ce qu'ils nous disent de vraiment merveilleux sur l'art des pantomimes, qui, justifiant leur nom, suffisaient, par l'éloquente vérité de leurs attitudes et de leurs gestes, à l'expression de tous les sentiments et de toutes les idées ; qui, passant par les rôles divers d'une même pièce, faisaient à eux seuls l'office d'une troupe entière * : car ce ne fut qu'assez tard, à ce qu'il semble, que dans les représentations des pantomimes chaque personnage eut son représentant^. On sait avec quelle passion emportée, eiïrénée jusqu'au scandale, les Romains de l'empire, dans leur sensualité, s'attachèrent à cette poésie du corps, la seule qui leur restât et dont ils fussent dignes. Qu'était devenue l'autre cependant? Quelque chose de bien humble, de bien subalterue, le programme, le livret de la pantomime. Stace vendait, pour vivre, au pantomime Paris les prémices de son Agavé^. Euripide, Sophocle^ Eschyle, ne vivaient non plus, j'entends de la vie des poètes, que par la grâce des histrions qui voulaient bien danser leurs vers, dans ce temps où on dansait toutjs choses, jusqu'aux récits de l'épopée, jusqu'aux plaidoyers et aux panégyriques*. C'est par cette dernière traduction que finissait la tragédie grecque*, traduction plus fidèle que bien d'autres, quoique cependant, réduite à un seul genre d'expression qu'il lui fallait souvent forcer pour se faire entendre, elle ne pût échapper elle-même à l'exagération. Pylade, jouant Hercule furieux., lançait des flèches sur le peuple, et il répéta impunément cet injsolent jeu de théâtre dans l'appartement d'Auguste, qui ne trouva pas mauvais que l'acteur en usât avec lui sans cérémonie, comme avec le peuple®. Un autre comédien,

1. Manil., Asti on. , V, 476; Lucian., de Saltat., lxvi, etc. — 2. Apul., Metam., X. — 3. Juveii., Sat., VU, 81. — 4. Suct. , Ner., liv; Plin., Panegyr. Traj. ,liv, etc.

5. C'est ce que dit des Trachiniennes de Sophocle, Arnobe, Adv. nation.^ IV, 35; des Troijennes el de VIon d'Euripide une inscription ea rhonneur d'un pantomime du nom de Pylade, peut-être du fameux Pylade, qui avait, à ce qu'il semble, introduit sur la scène mimique ces deux tragédies. Voyez Orehi, Inscript, lat. sclcct- , t. I, p. 460,. D» 2G29.

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