‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 44 sur 185 · Voyez Suid., v. 'Apicrxapx · texte numérisé non relu

Voyez Suid., v. 'Apicrxapx

6. Eusèbe le rapporte à la lxxi* olympiade, qui vit la mort d'Eschyle et le déhut d'Euripide. Cf. Clinton, Fast. hellenic, p. 49 et 51.

7. D'après un passage de Suidas, qui peut vouloir dire simplement

DE LA l RAGÉI II; GRECQUE. 81

ch,r LOI f-î 1 o i i . 'être placé, par ses soixante-dix

pièoes, par ses deux victoires, dans un rang assez honorable, puiiqa'il n'était pa re oublie* du temps d'En-

nius et de Plante, comme l'attestent chez l'un les I: ments d'une imitation de son Achille, et, dans un des prologues de l'autre, un innocent trait de parodie lancé contre la même pièce '• Une anecdote, rapportée par Suidas, nous fait connaître le titre d'un antre de ses ouvra-es: il l'aurait intitulé Ksculape, en l'honneur du dieu de la médecine, qui l'avait guéri d'une grave maladie, et avait, réclamé de lui une marque de reconnaissance f. A qui eût révoqué en doute ce commerce im rvi îlleux du te avec le dieu, les Athéniens eussent montré la chapelle a Sophocle après sa mort, pour lui avoir donné

L'hospitalité *•

De toutes les colonies, pour ainsi dire, qu'alla fonder par Je monde l'art athénien de la tragédie, celle de Sicile l'ut assurément la plus prospère. Elle trouva en cette lie, où la comédie était déjà ancienne, un sol tout dramatique préparé pour la recevoir, et elle y fut établie, je l'ai déjà i appelé' plus haut, par Eschyle lui-même. On a dit que ce grand homme, réduit, dans la force de l'âge e1 du génie, à partager, avec le jeune Sophocle, la scène où il régnait seul, aima mieux la lui céder tout entière ; qu'il voulut échapper au déplaisir, toujours si sensible, de voir

qu'Âr I 'e donna le premier à la tragédie l'étendue

qu'elle a conservée depuis. Voyez W. <". Ka\ser, Bitt. erit. trag.gr* p. 210.

t . Pcrnitl., prol., i.

•>. M Welck / /. {/r. p., ni, p. 927, pense que VKsrulape d'A-

• a bien pu inaugurer ee Uiéfttre d'Epidaure, dont

nous avons plus huit. p. 7S, rapp lé rétablissement; ",. w. C.

e-, iota . p. 208, le poël t probablement représenté le

<i, m a l'art menaçait d'interrompre les loi- de la mort, puni,

i : la humai tic, par la

Foudre de Jupiter.

' ' Vum., vi; in Epicur.; Etym. Magn., v. \

Cf. Phi lostrat., VU. Apollon., 111, 17 ; VIII. 7; ~Imag. . I i : I

i. On peut ajouter aux deux pi

Vp.

1320 ' IUg.

82 HiSTOI

le public lui donc un H

m retirant à cette cour de 8yi if tPHiéron

attirait tant d'illu ; OÙ en joo ble,

parmi dei entretiens semblables à celui 411e Xénopho

1. A ce motif qu'allèguent, avec vraiaemblai Cim., vin) et l'auteur grec de la vie d" Eschyle, ce dernier er, a

un autre, du même genre, le chagrin d'avoir été vaincu j dans un concours élégiaque en l'honneur d< Ma-

rathon. On a encore attribué la dei' iischyle au méconten-

tement excité contre lui, soit pur un écroulement du théâtre sur. pendant qu'on y jouait une de se- pièce* (Suid., v. Ato£6Xoç), soit par les désordres dont la représentation des fuménides fut acco (Vit. Etehyl.). Musgrave [Chronol. scen.) l'a rattachée, d'après Elien (Var. Mat., V, 19) et Apsine (c. lUp-î rk*»omntéimav) à des i tions poiitioue> et religieuses que lui aurait attirées cette même tragédie des Euménides (vo ez plus haut, p. 46). Cherchant à concilier quelques-unes < e ces opinions, Bœckh {Grœc. Iraq, pnnc., n) a supposé que les Euménides, couronnées, avec les deux autres pièces qui formaient YOrestie, la deuxième année de la lxxx' olympia : Agamemn.), l'avaient été en son ahsence, lorsqu'il était déjé définitivement établi en Sicile, et qu'il les avait doi.né^s sans .*uccè> auparavant, peut-être quand Sophocle remporta sa première victoire, la quatrième année de la lxxvit o ympiade. Ce système, quelque peu hasardé, a été combattu par God. Hermann, qui (Dissert, u de choro Eumenid. jEsch.; Opusc.,\. II, p. 139 sqq.), admettant comme Bœtkh, mais bien plus que lui, qu'Eschyle a fait en Sicile plusieurs voy -ges : un, la première année de la ixxe olympiade, après l'écroulement du théâtre dont parle Suidas à l'article d'Ëscl yle Comme à celui de Pratinas, et qui peut avoir eu lieu eu eflet lorsque ces ueux poètes s y disputaient le prix ; un autre, la première année de la Lxxnr» ol\mpinde, après la victoire de Simonide ; un autre encore, après celle de Sophocl'e, la quatrième année de la lxxvh* olympiade; un autre enfin, la deuxième année de la lxxx* olympiade, après, et malgré le suce' s des Euménides, est arrivé par une conciliation plus complète que celle de Bœckh, peut-être trop complète, en prêtant à Eschyle une existence singulièrement troublée par la malveillance, et une grande susceptibilité de caractère, à ne rejeter aucune de-* traditions accréditées sur les motifs de son séjour en Sicile. Welcker {Tril. d'Esch., p. 516 et suiv.), discutant à son tour cette question obscure, n'a reconnu comme incontestables que deux voyages d'Ischyle en Sicile : l'un antérieur au jugement qui lui préféra Soph cle, jugement sur lequel, selon lui, a pu influer le mécontentement qu'il avait donné aux Athéniens en devenant le commensal et le poète d'un tyran étranger; 1 autre, qu'amena la représentation des Euménides , et dont, comme Musgrave, suivi en cela par Bœttigeret W.Schlegel, il penche à chercher la véritable cause dans les désagréments que dut lui attirer la hardiesse politique d'une pièce où étaient indirectement censurées les entreprises de Pénclès et du parti populaire contre l'autorité de l'Aréopage. (Voyez plus loin, liv. II, chap. vu.)

DE LA m: \'.ri>ii: G RI CQ1 83

raconté ', Epicharme et Bacohylide, Sitnonide el Pindai où lui-même, od l'a Buppo»é, pour expliquer certaines difficultés de sa biographie 2, l'était déjà montré avant de venir s'y filer pour toujours ; d'où peut être il B'éloigna de DO .veau, malgré ses résolutions, mais pour y revenir encore. Quoi qu'il en soit, jusqu'à la fin de >a longue carrièro, terminée, selon les Marbres de Paroe, la première année de la lxixi* olympiade, en '*56, à Gela', sa première résidence probablement, quand y régnait encore Hiéron, et (|ui le recueillit honorablement après la n oit de ce prince et le règne rapide de Bon successeur au trône de Syracuse, Thrasybule, il passa dans La Sicile, soit a divei n prises, soit continûment, un temps assez long pour que l'influence de ce Béjour ait pu se faire sentir par des locutions siciliennes dans certains de ses ouvrages *, et qu'un critique ancien 6 se soit cru en droit de l'appel ien.

chefs-d'œuvre, nous le savons des Perses*, reparurent avec un grand éclat sur la scène de Syracu e, non toutelois sans que les appla'idi-sements se mêlassent de quelques épigrammes, comm* à Athènes, et qu'Épicharme fît écho à ses comiques7. Le Protnéthée, dans lequel la <k>s- Oription du volcan de la Sicile forme un si magnifique bors-d'œuvre *, y fut joué, je m'imagine, avec cette addition ; et lorsque la première année de la lxxvi' • olympiade, en k!6 avant notre ère, Hiéron fit de Gâta ne, repeuplée par lui d'une colonie dorienue, une nouvelle ville qu'il appela du nom d'Etna, le poète donna ce nom 10 à une tragédie, où en même temps (pie Pindare, dans sa première l'ytluque ", il célébrait cette fondation u. Ce ne

1. Hier.— 2. Bayle, art, Eschyle; BobcUi et surtoul God. ii<rmann, ibid. — :>. Plutarcn., d>- Exsil. — 4. Atlien . , Detpn.. IX. — .'>. Macrob., Sol., v, 19.

bol. Arisloj.h., Uni., ll)6u. — 7. Scbol. iEscbyl., Prou»., v. 3;.'«. — 9. Diod. sic, XI, 10. i disant qu'il l'a; |" 1 r, OU » uccre les /

divers ei sur les rares fragmenta de la Ut ./-'" i 0 \n .

1 I cAyi /Yagm. . éiiif.F. Didot, 1842, p. 24?sqq .

11 V. i8 sq., Il I . . injl. Ci. I

I I '.'tC.

fut pas probabl qu'il écrifit i

m pour scs an pie ne pouvait manquer d'être f< 'oui

un théâtre tragique. Lo tombeau que II habitante de Gela, et sur lequel m lisait la bellique épitapbe qu'il sï-tait composée lui-: t, ra-

conte-t-on, visité par d< -, qui ieut rendre

hommage au fondateur de l'art, et y faisaient jouer, en son honneur, des tragédies *. Or <:• -1 le tom-

beau dont il s'agit ('-tait véritablement celui de Gela, et non pas un cénotaphe à Athène*, devaient, pour la plupart, appartenir à la Sicile. Paroi les tragédies qu'y firent naître en grand nombre l'inspiration d'Eschyle et : tard l'influence des I leurs vainqueurs par

les captifs athéniens, on doit surtout mentionner le^ quarante-trois, ou, selon un autre calcul, les vingtquatre composées à Agrigente, soit, du temps d'Euripide, par le grand philosophe, et, quoi qu'en aient du Aristote 2 et Plutarque ', le grand poète Empédocle ; soit, un peu plus tard, par un neveu, un petit neveu du même nom ; soit, enfin, par tous les trois successivement *. On sait quelle monomanie tragique mêlait, comme notre Richelieu, aux soins du gouvernement, Denys l'Ancien, ce terrible acteur que la fortune, disait Timée, avait introduit sur le théâtre de la tragédie réelle 5 le jour même où elle retirait au théâtre de la tragédie fictive son pathétique interprète Euripide 6. Il portait, pour s'inspirer, le costume de tragédien 7, et sur les tablettes d'Eschyle, qu'il avait achetées 8 fort cher,

l. Vit. JEschyl. — 2. Poet., i. — 3. De Audiend. pnet.

4. Diog. I.aert.,VIIT, 58; Suid., v. :E':-eôo-//v;;. \o\ez Sturz. Commeniat.de Emyedochs vil a et phtlosophia : Harles a*! Y'a\ :\:\ïBilb'oth. grax., t. II, p. 297. Cf. W. C. Kayser, Hist. ont. trag. grœc, p. 15 sq.

5. Il faut entendre cela, non pas comme Plutarque, par une erreur manifeste (voyez Fr. G. Wagner, Poet. trag. grœc. fragm., éd. F. Didot, p. 108) . du jour de naissance de Denys le Tyran, mais de son avénemei t à la tyrannie.

6. Plutarch., Sj/mpos.. VIII, n— 7. Athen., Deipn.. XIII. — 8. Lucian.. Advers. indoct., xv.

DE LA li;.\';i' DIE GR1 ! Ql E.

ainsi que celles d'Euripide, et même \na la lyre de ce dernier *, [>• i:s;n:t apparemment que le génie du p rait ipris dans le marché, il écrivait, non s m- l'aide, par m pie, de l'auteur tragique Antiphon 2, relu; dont Axistolecite quelquefois le Mèléagre*>àeB tragédies qu'il n'était pas toujours sûr, môme pour ses amis, pour ses collaborateurs, de ne pas estimer autant qu'il les estimait luimôme. Ce fut le crime sévèrement expié ; ar la prison, par l'exil, par la mort, et du peu repentant Philoxèue *, et de Philiste, et de Le pli ne ■, et même, Selon quelques récits •, d'Autiplion. Lis eussent mieux pensé de ses drames, gonflés d'un vain luxe de paroles 7, et de paroles fort étranges s, s'ils y eussent retrouvé quelque* chose de l'invention originale dont lit preuv- leur auteur dans la scène par laquelle il guérit le ilatteur Da doc les de sou ad oiration pour les prospérités, pour le Lonhuur de la tyrannie 9. Athènes, si délicate, fut de plus facile composition que les courtisans de Denys, lorsque, a, lui avoir donné, dans ses concours, le troisième et le second ran^, elle couronna, la deuxième année de la cm0 olympiade, en 367, non sais quelques réclamations de la part des poètes comiques ll, sa tragédie de la Rançon d'Hector n. Le royal concurrent, que ce succès

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