‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 55 sur 185 · DE LA I RAGÉDIE OM I Q\ B · texte numérisé non relu

DE LA I RAGÉDIE OM I Q\ B

survivre à sa défaite et arriver a la postérité, la comédie

ries Grenouilles offrit, on le sait, sous une forme toute pareille, un sujet à peu près semblable : c'était encore le procès d'Euripide, non plus contre Sophocle, mis, en raison de sa supériorité, bors de cause, mais contre chyle1, objet constant des louanges de l'ancienne comédie, qui se servait d3 sa vieille gloire pour attaquer des gloires plus récentes; Eschyle, que déjà un des prédécesseurs d'Aristophane , Phérécrate, avait évoqué des enfers, et fait magnifiquement parler de lui-même*. Dans les Grenouilles, cette histoire à la fois si bouffonne et si vraie de la tragédie grecque, Aristophane cherchait en vain, parmi les tragiques encore vivants, encore présents à Athènes, récemment quittée par Agathon, quel serait le successeur des grands poètes, perdus désormais pour le théâtre. Déjà, à une époque que de savants critiques8 font partir de la lxxxix" olympiade, c'est-a-dire de l'an 420, la fureur toujours croissante des Athéniens pour la tragédie avait précipité» vers ce genre la mu'titude de jeunes et aventureux discoureurs* dont Aristophane compare le babil tragique au gazouillement d'une volée d'hirondelles8; elle avait amené, pour la versification et le style particulièrement, une négligence à laquelle parti-

1. Aristophane les avait déjà opposés l'un à l'autre dans une espèce de querelle des anciens et des modernes, engagée entre deux de ses pl-is comiques personnages, Strepsiade et son fils Phidippide. Voyez Nub., 1341 sqq.

2. Schol. Aristoph., Vax, 748. Cf. Meineke, Fragm. comic. grxc. , t. I, p 8.:,; t. Il, p. "289.

3. God. Herm.tnn, Elément, doct, int'tric. , p. 88, 125; Opusc.y t. III, p. 148, 273, 287, etc.; Bœckh, Crue. tray. prmeip. , XX, p. 260

4. Ce que nous savons de> débuta assez hâtifs de quelques-uns des meilleurs tragiques d'Athènes , et l'expression doot se sert Aristophane en perlent delà jeunesse de leurs successeurs |ut&axOXÀia, donnent à p«n> r qu'un auteur île I n'était pas obligé d'attendre, pour se produire, l'â><e de trente ou de quarante an-, exigé de celui qui entrait dans la carrière, re I wis doute comme plus politique, de la comédie. Voyez Schol. Aristoph., .Vu/»., 530, et ce que disent sujet, principalement Clmton, Fust. hcll<nic., proCBffl., p. ux; Mei-

. rragm, amie, yrxc.t t. I, p. L04, etc.

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autre comparaison, fort convenable au personnage qu'il fait parler, le dieu de la tragédie qui était luasi le dieu du vin, il appelle des grappillons oubliés dans la vi tragique1. Les hommes manquaient et plus encore les choses : la tragédie avait fait son temps. Cette mythi gie, sur laquelle elle vivait depuis plus d'un siècle, avait été enfin épuisée par tant d'écrivains empressés de rei duire incessamment les mêmes sujets dans des dra; qui se comptaient par centaines : en outre, une infatigable parodie tendait depuis bien des années à la chasser du théâtre, comme une audacieuse philosophie à l'exiler ou monde réel. L'histoire à laquelle la tragédie avait par exception touché deux ou trois fois' eût pu renouveler heureusement les tableaux de la scène : mais Athènes, abaissée plus encore par ehe-mêine que par h fortune, ne suffisait plus à une tâche trop forte pour son patriotisme expirant, et que lui eussent d'ailleurs prudemment inte dite les ombrages de tant de tyrannies diverses, a: tocratiques et démocratiques, lacédémoniennes et m.

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