‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 113 sur 893 · AiUcn., Dcipn., VlII · texte numérisé non relu

AiUcn., Dcipn., VlII

PROMETIIEE.

a aucune de ces révolutions théâtrales qu'on a appelées péripéties, c'est-à-dire, où il n'y a point d'action; qui n*ofl"re autre chose qu'une situation fixe, arrêtée, en quelque sorte immobile, qu'un tableau toujours le même, mais dans lequel la gradation de la peinture remplace la progression dramatique.

Cette gradation, véritablement admirable dans les compositions d'Eschyle, et dont la tragédie des Perses nous a

déjà ofl'ert un si bel exemple, ne brille nulle part d'un plus

vif éclat que dans le Prométhée, où toute l'attention se porte sur un seul personnage, sur le développement d'un caractère principal, où l'unité du dessein est rendue présente et visible dans l'unité du héros.

Il est un mot que répètent sans exception tous les détracteurs du Prométhée d'Eschyle. Cette tragédie, disent-ils, est un ouvrage monstrueux. Gela est bientôt dit, mais n'est pas très-clair, et Ton a besoin de chercher ce que signifie un reproche si vaguement exprimé. Blâ-

ment-ils, dans cette pièce, l'usage du merveilleux, ou

seuleœent la nature particulière de ce merveilleux? Dans l'un et dans l'autre cas ils auraient montré peu de connaissance de ce qu'était la tragédie chez les Grecs. Le merveilleux, nous l'avons déjà dit, y faisait essentiellement partie d'un genre né au milieu de cérémonies religieuses auxquelles il ne cessa de se mêler, d'un genre, consacré, dès son origine , à célébrer les dieux , et qui dans ses productions leur réserva toujours un rôle trèsimportant Ce ne fut point un caprice d'Eschyle qui introduisit le merveilleux dans la tragédie; Eschyle Ty

trouva tout établi; il fit, avec plus de génie seuleir.ent, ce qu'on avait fait avant lui, ce que firent dans l'enfance de notre scène les auteurs de mystères : il transporla dans ses drames les aventures que lui fournissaient les légendes du polythéisme, les prenant comme les lui donnait la religion, comme elles étaient dans la croyance commune; ne craignant pas qu'on lui demandât compte de leur invraisemblance ou de leur absurdité, qui ne le choquaient peut-être pas beaucoup plus que son public;

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ESCHYLE

ne songeant qu'à tirer de ce fonds qui n'était pas de son cho,x, e. dont il n'était pas responsable, des tableaux Tathetiques et sublimes, dignes de son génie et de ce pe7pl d arfses qu^ voulait émouvoir. Y a-t-il réussi dans e Promethce? C'est a seule question que la critique ii t raire puisse leg.i.meraent élever. Il appartient à une autre critique d'exphquer la fable mythologique sur Z quelle le Promélliée repose. Que cette fable soit obscure pour nous même après tant d'ingénieuses interpréta!

t.ons dont Je nombre s'est encore augmenté dans es

dernières années*; qu'elle l'ait été mêL. comme jele

ieuVs;^tf,e\"rri&^rEsch™e'rtiffltf.rir/"p™'"i'^-

sont de plusieurs sortes ; ^^^ ^ "^^® "® ^^ ^able de Promélhée,

doiVeltTcml^^^^^^^^^^^ P^r exemple, pourDio-

rar Court de Gébel f iw^^ '^'""J^' motlernes,

III, 1), Promélhée est ,Trof n, , /^ * ^"^^°^ ^" calendrier lutte contre les inondations du Z IJ.T.^TZ ^P^^'^"" ^"'' ^n violence de ses eaux est délivré d m fll^nn?^'^^^ ^^"^« ^e la

L'écrivain grec n'en' ex;iqe pas iTn^afl^"^^^^^^ quement le larcin du feu nar rinvpn? 1 ^ t ^ ^^' ^V ^''es-prosaï-

moins montrer à A Ix^ndre sur j '^^^^^^^ ^'^"'k' '^ "'^" ^^^^ pas

avec la trace de ses fei-. et d*^ nf,/^^ u^'^TV ^^ '"'^^^'-^ ^« Promélhée

Kratosth. apud A f4 ik rfï ^lul v W'''' ^1?'" ^^^^'' ^•^' C^- ^o«l &^^ Ï^

vu i> msioire aes dieux dp /'nn /;««/#-,' V ' '^^ rente ues raoïes

avoir trahi, par amou- mur7^T,,rLVT"^f ''"* P-ocnéthée, après

retire dé.e pérHans es solitudiT' r"' '"" '°"^*^'"" J"P«<"-. ^e

regrel de su'î, crime Limnge'leciur^orn't'„V" '«"^l'^^ JO"rs le un sup;.iice plus cruel nue ffi n aTojI Hi '' '""f^e commuellemem les toujours renaissantef !. " ''^'^ ^^™"" '^"' «sse ses enlrail-

à l'historre pronremem dite m^i?^ 'i l*" ?■,'"" ^f/^PPo^tent, non pas aventures de P?ora°fheev1in^nr«„MP''''"'°P''''' ''^ '"histoire. Les

Je-u Je: cinês^,s^ipi^''pr?„'-er;.f ,^,'^/ ^' s-S

PROMETHEE.

crois, pour les Athéniens; peu importe : le culte public la

consacrait, et le poêle avait Je droit de s'en emparer et

qu'a exposées plus récemment M. Giiigniant {ïïclig. de Vantiq.^ V, iv, p. 370, 1130; Encyclopédie des gens du monde, art. Promélhée).

Il y en a de morales, où les mêmes aventures ne figurent plus l'humanité prise dans son ensemble, mais la personne humaine avec ses facultés et ses affections. A cette classe appartient celle de Bacon (de Sapient. veter., XXVI); quelques-unes des idées émises par des critiques déjà cités, M. Welcker, M. Guigniaut; enfin la plupart des allégories par lesquelles Brumoy, Rocherort, W. Schlegel et d'autres commentateurs du théâtre des Grecs, ont essayé d'expliquer le Promélhée

d'Kschyle.

Uy en a de religieuses. L'idée que quelque chose des vérités annoncées par les saints livres a pu arriver jusqu'aux païens, certains rapprochements hasardés par les Pères eux-mêmes, ont conduit à voir

dans la fable de Prométnée, de diverses manières, la révolte de Satan, la chute d'Adam, la rédemption du Christ. Dès le xvi* siècle, un éditeur d'Eschyle, Garbitius (yC^c/it/L Prometh., Basil. 1559), était entré dans cette voie, où le suivirent, aux siècles suivants, Stanley (/Eschyl. trag)^ Fabncius {Biblioth. grœc ), l'abbé Banier (La mythologie expliquée par i histoire), et d'autres encore. De nos jours, au signal de Joseph de Maistre (Soirées de Saint-Pétersbourg , IX, 1821) , on s'y est précipité en foule. Parmi le^ écrivains qui ont le plus insisté sur ces idées, nous citerons : en 1836, M.Guiraud {Université catholique) ; en 1839, mars, mai, septembre, M. Rossignol (Annales de philosophie

chrétienne) ; en 1843, août, M. Dabas {Revue catholique de Bordeaux : Traditions mythologiques de la Grèce considérées dans leur rapport avec les vérit-^s catholiques); en 1851, M. Enault (Thèse sur Eschyle). 11 convient d'ajouter à cette liste M. Edgar Quinet, auteur, en 1838, d'un drame philosophique et religieux de Prométhée, sur lequel nous reviendrons à la fin de ce chapitre, et, avec lui, les critiques, pour qui son œuvre a été Toccasion de développements personnels fort intéressants, MM.***, H. Fortoul, Ch. Magnin (Revue française, l*'mars 1838; Revue de Paris^ 11 et 25 mars 1838, 12 janvier 18'4l ; Revue des Deux-Mondes y \b Août \83S, cf. Causeries et méditations historiques et littéraires j par M. Gh. Magnin, t. I, p. 266).

Enfin il y en a de scientifiques. Dans un Essai sur la géographie astronomique du Promélhée d'Eschyle, publié en 1850, à Montpellier (voyez les Mémoires de l'Académie de cette ville), M. Eug. Thomas a

fait savamment et ingénieusement du Promélhée une tragédie tout astronomique. Le Titan lui semble, comme plusieurs de ses frères, un

astronome des temps primitifs, attache par l'ardeur de ses spéculations

savantes sur le sommet d'une montagne aux confins de l'Europe et de l'Asie. L'arrivée d'Io n'a plus pour lui rien de fortuit : lo, c'est Isis,

c'est-à-dire la lune, dont le regard de Prométhée suit, dans les cieux, la révolution figurée sur la terre par les courses de la fille d'Inachus; d'autre part, Jupiter c'est le soleil, duquel s'écarte et se rapproche la lune, ainsi qu'Io elle-même, qui doit retrouver en Egypte le dieu dont elle fuit la poursuite; l'union sur les bords du Nil d'Io et de Jupiier, c'est l'éclipsé du soleil; et l'avénetnent de ce fils de Jupiter, dont Prométhée le menace, c'est, après Téclipse, l'apparition en quelque sorte

den faire le Snjct d'une trage'die, â k condition toutefois qu.l en tirerait une œuvre vraiment dramalique Lucien, dans des dialogues satiriques', où il s'c^t nlu' a parodier quelques scènes de celte tragédie, a bien m. après Anslophane', se n>oquer du merveilleux sur 1 i quel elle se fonde; mais sa spirituelle critique, qui fait ressortir es absurdités reçues du paganisme 2'arrive Sw.it%" '"r P"'"' t '^' " '^'''' ^"' 1* «-^ène 'avec in

bizarres et souvent incompréhensibles aventures, s'est eleve a 1 expressive et éloquente peinture de la pâsM-on la seule venié sans doute dont il ^e souciât et dont nous

ayons le droit de lui demander compte Pourquoi Jupiter punit-il si cruellement, dans Pro-

qui, faisant de Prométhée un aqîmnnml ^I <lans le passage suivant, détail de l'acfon gTné a e de if t a~'- .^ V/^''" '' """l>^^' «« signe encore, nul signe cerrain du retour de"!'"!,,?/ If "«".«'^ ""> avec ses fleurs, et de l'été aJr\^^ rll\l^ ■< r ■ ■"' ** ''" P^'ilemps hasard, jusqu'au moment où IIp, ^ ôncL'L' '^*"f""' """es choses au lever et au eoucheTd™ "Ll^! ? pZ l^?*l,tf '«^^^ ddficile du

las portant le ciel, de ProméthL attaH /«?, p ' ^'J^ fait d'At-

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Morcurk,, qui prudentlL et ra,ionisTusP"t KfTaS if?l'' ''"'' religatus.... » ucu:> esi , aa Sdxum dicitur esse

Prométhée). ^ j^^ ^. i erneiy, vict. mytho-hermcttque, art.

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