scène du messager dans sa tragédie des Perses, prêtint
de temps en temps au narrateur des paroles propres à
piquer la curiosité, comme celles-ci : « C'est trop tôt
gémir, s'effrayer, attendez le reste.... Ce que tu viens d'entendre est à peine le commencement de tes disgrâces.... Que feras -tu donc quand tu sauras ce qui t'est encore réervé?... Ne demande point à le savoir.... Choisis d apprendre ce que tu as encore à souffrir, ou par qui je serai délivrée... » Ce n'est pas tout ; par une disposition, dont Fauteur de l'Odyssée avait donné le modèle, le
récit des courses antérieures d'Io ne vient qu'après l'an-
nonce de celles qui lui sont encore réservées. Prométhée
veut lui montrer, par la vue distincte qu'il a du passé
qu'il n'a pas moins vu clairement lavenir. Enfin, à sa demande, pour satisfaire la compatissante curiosité des Océanides, et aussi celle des spectateurs dont on ne parle pas, lo fait elle-même de ce qui a amené ses malheurs et des événements pour elle inexplicables» par lesquels ils ont commencé, un récit qui est comme la préface
de tous les autres.
raire, en termes qui rappellent les paroles de Prométhée à To chez Eschyle. Cest la conjecture de M. Meineke; voyez Mm. et Phil. relia praef p. xvni- fragm. comic. grœc, t. Il, part. I, p. I.32 sqq. ^'*
1. Dans les Suppliantes, dont les vers 548 et suivants comblent la lacune qui se remarque au vers 832 du Prowe'thêe
PROMÉTHÉE
Le début en est charmant, plein de cette grâce riante qui éclaircit quelquefois les ombres de la tragédie d'Eschyle. Moschus s'en est visiblement inspiré, lorsque, dans le
poëme précédemment rappelé, où il introduit épîsodique-
ment l'histoire d'Io, il a peint Europe avertie par des songes
prophétiques de sa glorieuse destinée* :
« Des visions nocturnes, dit l'héroïne d'Eschyle, ne cessaient de me chercher dans ma pudique demeure et de me faire entendre ces engageants discours : O trop heureuse fille ! pourquoi si longtemps demeurer vierge, quand tu pourrais jouir du plus illustre hymen? Jupiter a été frappé par toi des traits du désir- il brûle d'amour pour toi; il te veut pour compagne de sa couche. Ne repousse pas, mon enfant, l'alliance de Jupiter. Va-fen dans les prairies de Lerne , où sont les troupeaux de
ton père, et contente l'œil amoureux du dieu*. »
Saisie d'un nouveau transport que les vers d'Eschyle expriment avec une grande vivacité, lo quitte la scène ainsi qu'elle y est arrivée, d'une manière également fortuite, mais vraisemblable dans l'ordre merveilleux de ses aventures. Ce que l'emploi de ce personnage peut avoir d'arbitraire, est compensé par l'effet qu'en tire le poëte pour rassembler sous nos yeux deux victimes de Jupiter, dont « Tune n'a pas moins à gémir de son amour que
l'autre de sa haine»; » pour faire ressortir la douleur contenue du Titan, au milieu de souffrances immortelles comme lui-même*, par le contraste d'une douleur plus libre dans son expression, telle qu'il convient k la jeune fille d'Inachus; pour les consoler l'un et l'autre, et nousmêmes avec eux, par leur mutuelle pitié. Ajoutons que le lien secret qui rattache cette peinture au sujet même, se découvre à nos yeux, et qu'elle cesse de nous paraître épisodique, quand, par deux fois», mais parUcuhere-
ment à la fin de la scène, où la prédiction devient plus
positive et plus claire, Prométhée annonce^ que d lo et de sa race doit sortir, après treize générations , le
1 Idvll II I Sd. — 2. V. 666 675— 3. Andrieux, ouvrage cité plus haut - 4 V 777^sq. - 5- V. 797, 896 sqa.-6. V. 896 sqq. ^ 7 V.799. Cf.878!\e poète n'est pas ici'd'accord avec lui.meme,s'il
ESCHYLE
Su'Hercufe '' ^""""^ '* délivrance, et qui n'est autre
Il ne faut pas, nous le verrons, confondre, comme on
la lait , avec Hercule, un autre personnage dont, pendant toute la pièce, par des expressions de plus en plus vives , et qui atteignent ici au plus haut degré, non pas de clarté U ne le fallait pas, mais de force^ 1 menace Jupiter destiné, dit-il, s'il n'a recours aux'conseils de l^romethée, et ne les achète d'abord eu brisant ses liens. à se donner un fils plus puissant que lui-même, et qu accomplira la malédiction de Saturne en le détrônant. Ses paroles ne se perdent point dans les airs, elles arrivent jusqu aux cieux, et bientôt elles en font descendre Mercure, venant au nom du maître des dieux, qu'elles
miimiJeni, et, pour ainsi dire, tiennent en écllec le
sommer, mais vainement, de livrer le fatal secret dont il te dit possesseur. Cette demande et ce refus sont le tuiet
H. r/f r""' '1°'' '" P'"' ^'"« ^' ^'"""^ge. 0" achève de se développer le caractère énergique et indomptable de Promethée. On ne peut mieux la commenter et la louer qu'en la citant :
MERCURE
toF'nui mil^i^ m'adresse, esprit subtil et intraitable; à
101, qui, coupable envers les dieux, as fait part de leurs hôn
neursaux hommes, ces êtres d'un jour ; à toUe ravisseur H n
feu céleste. Mon père t'ordonne de déclaVerqLl est cit hymen dont tu parles, qui doit lui coûter sa puissance 'et cela ^^n^ énigmes sans vains détours. Ne m'obfige pas'prométhé^ à un second voyage Ce n'est pas, tu le peuH^ir Tr de tels moyens qu on fléchit Jupiter. ^ ' ^ ^ ^^^^
PROMETHÉE
Voilà de bien fières paroles, comme on peut les attendre du est vrai, comme le dit son scoliaste (Prompth v ol\ ^^^r
PROMETHEE.
serviteur des dieux. Souverains d'hier, vous régnez à peine, et vous vous croyez dans un fort inaccessible aux nners et aux chagrins. Ne sais-je pas que de là déjà deux rois .ont tombé.s? Le troisième, celui d'aujourd'hui, je verrai aussi sa chute : aile
sera honteuse et prompte. Ai-je l'air, dis-moi, de trembler, de
m'humilier devant tes nouveaux dieux? Ah! cela est loin de
ma pensée. Tu peux reprendre la route qui t'a amené ici; car tu n'apprendras rien de moi.
MERCURE
Toujours le môme orgueil, le même emportement, qui t'ont fait courir toi-même aux maux que tu soufTres.
PROMETHÉE
Je ne les échangerais pas, ces maux, sache-le bien, contre ton servile ministère. Oui, je crois qu'il vaut mi( ux appartenir à ce rocher que de servir ton père Jupiter, que d'être, comme loi,
son messager fidèle. Je te rends, je le dois, injure pour injure.
MERCURE
Ton sort présent fait ta joie, à ce qu'il semble.
PROMETHÉE
Ma joie! Ah! que je voie éprouver une telle joie mes ennemis, et toi-même tout le premier!
MERCURE
Moi ! tu m'accuses aussi de ton malheur !
PROMETHÉE
Tous les dieux ont part à ma haine : tous pour prix de mes bienfaits me traitent avec injustice.
MERCURE
Ton esprit est bien malade, à ce que je puis voir.
PROMETHÉE
Si c'est être malade que de haïr ses ennemis, je ne vei x point guérir.
MERCURE
Ta ne serais vraiment pas supportable dans la prospérité.
PROMETHÉE
Hélas !
MERCURE
C'est là un mot que Jupiter ignore.
Pf.OMÉTHÉE.
Le temps est un maître qui enseigne toutes choses.
ESCHYLE
MERCURE
Il ne t'a pas appris à être sage.
PROMÉTHÉE, Non; car je ne te parlerais pas, esclave.
MERCURE
Ta ne me diras donc rien de ca que veut savoir mon père ?
PROMÉTHÉE
Je lui devrais en effet cette marque de reconnaissance.
MERCURE
Tu me railles en vérité comme un enfant.
PROMÉTHÉE
Et n'es-tu pas un enfant, moins que cela même, pour la rai-
son SI tu t attends à rien tirer de moi? Ni par violence, ni par artifice Jupiter ne m'amènera jamais à parier, avant d'avoir relâché mes liens. Ainsi qu'il lance, s'il veut, ses carreaux bruants; que faisant voler dans les airs les blancs tourbillons de la neige, gronder au fond des abîmes les tonnerres souterrains, il trouble et confonde toute la nature, il ne lléchira pas ma constance; je ne lui dirai pas qui doit le faire tomber du
irone.
MERCURE
Vois bien si tu te sers ainsi.
PROMÉTHÉE
Tout est vu, tout est résolu.
MERCURE
Fais un effort, insensé ; prends sur toi de conformer enfin tes pensées a ta triste situation.
promf':thée.
Ta m'importunes en vain de tes discours : je suis sourd
co(nme les flots. Qu il ne l'entre jamais dans Tesbrit que par crainte de Jupiter, j'en puisse venir, femme timide, à tendre vers 1 ennemi que je hais mes mains suppliantes, pour qu'il me délivre de mes liens. 11 s'en faut que j'y sois disposé.
MERCURE
Je perdrais, j'en conviens, mes paroles. J'ai beau te prier.
rien n amollit, n'adoucit ton âme. Comme un jeune coursier ré*
cemment soumis au joug, tu mords le frein, tu luttes contri les renés. G est cependant te laisser follement emporter d'une colère impuissante. L'obstination dans de mauvais conseils est par
PROMETHEE.
elle-même sans force. Considère, si tu ne te rends à mes discours, quelle tempête, quel débordement de maux va fondre sur toi, sans que lu puisses t'y soustraire. D'abord ces âpres
rochers vont être frappés, dissipés par la foudre de mon père ; leurs débris emporteront ton corps longtemps caché au jour.
Après un long intervalle, il doit reparaître. Alors le chien ailé
de Jupiter, son aigle affamé, insatiable, viendra tout le jour, convive importun, arracher des lambeaux de ta chair, se repaître du sang noir de ton foie *. Et n'espère pas voir la fin de ce supplice avant que quelqu'un des dieux, consentant à te remplacer, ne descende pour toi, lo n de la lumière, dans la demeure de Pliiton , dans les ténébreuses profondeurs du Tartare. Songe maintenant à prendre un parti; car ce ne sont point là de vaines menaces pour t'effrayer, mais une trop véritable annonce : la bouche de Jupiter ne sait point mentir; toutes ses
paroles s'accomplissent. Vois donc, réfléchis, et garde-toi surtout de croire l'opiniâtreté préférable à la prudence.
PROMÉTHÉE
Je savais tout ce dont on vient de fatiguer mon oreille : être maltraité de son ennemi n'a rien d'étrange. Qu'ainsi donc soient lancés contre moi les traits enflammés de la foudre; que l'air s'ébranle aux roulements du tonnerre, au souffle impétueux des vents; que la terre soit arrachée de ses fondements, et les flots de la mer lincés dans les routes du ciel ; que l'irrésistible tourbillon de la nécessité emporte mon corps au fond du noir Tartare! Quoi qu'il arrive, je ne puis mourir».
Ailleurs déjà*, Prométhée, tout en se disant malheureux de ne pouvoir, comme lo, échapper par la mort à
la cruelle vengeance de Jupiter*, trouvait dans le senti-
1. Hésiode avait dit [Theog., v. 520 sqq.) : o Le même dieu chargea d'indissolubles liens et attacha h une colonne le rusé Prométhée, il lai envoya un aigle, aux ailes étendues, qui se repaissait ue ses entrailles immortelles. Autant le monstre eu avait dévoré pendant le jour, autant il en renaissait pendant la nuit.... »
Virgile a lutté contre ces énergiques peintures et celle que nous y
ajouterons tout à The. ire d'après Eschyle encore, et son traducteur Cicéron, lorsque, dans son enfer, il a transporté à Titye le supplice de
Prométhée :
Rostroquo immanis vultur obunco
Immortalejecur tundens, fecundaque pœnis
Viscera, lii aturque epulis. habitatque sub alto Pectore; nec libris requies datur ulla renatis.
jEneid.y VI, 597.
ESCHYLE
ment de son immortalité, de quoi en braver, en insulter I impuissaDce. La fierté de sa chute, au milieu de la tempête terrible quil provoque sans effroi, au moment même
OU elle le frappe, forme un dénoûment sublime, qu'Horace
on en a quelquefois fait la remarque, avait sans doute
devant les yeux, quand il a dit :
Justum et tenacem propositi virum
iNon ïultus instantis tyranni Mente quatit solida.
Nec fulminaniis magna Jovis manus ; Si fractus illabatur orbis, Inipavidum ferlent ruinse'.
Les nombreux mérites rassemblés dans cette tragédiela sphère merveilleuse et fantastique au sein de laquelle
m 'plirH^r""-! ^'''""S'"^':»"; J'' Pon^pe du spectacle qu elle déployait aux regards; la terreur, la piiil surtout 1 admiration qu'elle excite encore en nous) la beauté de cette ordonnance, simple et régulière, oix une situation invariable se montre à chaque instant sous des formes toujours plus vives et plus frappantes, où le caractere prmc.pal ressort de plus en plus par l'heureuse opposition des acteurs secondaires, où tontes les parties
concourent dans une parfaite harmonie à un seul et
même dessein, où une sévère unité n'exclut pas la variété; enfin l'élévation des idées, l'éclat des imagM la
force et la sublimité du style, et e^ même tempTc'e ; J aise et naturel qm se mêle à des pensées si hautes, à des
Dlùs dil'rilV' i!î.'„'»''':, °°- *''°"''» «""«^ "«race d'autres allusions et SofrZ' "°° * cette pièce, mais, comme chez Vireile (Bucnl v,
nous le verrons beniô, a précédaient et la suivaient; à la Dremière
an avLlî fi.f'"'''® ■"*'"*• dans le dernier, supposer que le rusé Ti-
lImi»
ll»ili|Mpaa»i!j.iiHj,n»jwie,ea,^g.„
PROMETIIEE.
expressions si énergiques et si hardies, tout cela nous permet de regarder le Prométhée comme le chef-d'œuvre de son auteur. Nous n'en chercherons pas, nous l'avons déjà
dit*, rintérêt, la beauté, dans les interprétations ou historiques ou allégoriques qu'on en a données en si grand
nombre. Nous blâmerons même Andrieux, qui en a
spirituellement, mais d'une manière moins nouvelle qu'il
ne le pensait*, expliqué l'intention morale, d'avoir appelé allégorie ce qu'il eût mieux nommé la moralité de Touvrage. Nous répéterons volontiers, après lui, que d'une légende mythologique, Eschyle a tiré une admirable image et du despotisme et de la liberté, et de toutes les vertus, de tous les vices qui leur servent de cortège;
une image variée, graduée avec infiniment d'art et de
vérité, des divers aspects sous lesquels peuvent se produire la servilité et le dévouement. Nous conviendrons
même que le poëte, en la retraçant, a pu penser à l'op-
pression non encore oubliée des Pisistradites ' et au courage des citoyens qui affranchirent Athènes de leur joug,
bien qu'aucune preuve directe n'établisse la réalité de cette hypothèse. Mais ce que nous devons surtout remarquer ici, c'est que cette tragédie, qui n'offre qu'une situation et presque qu'un personnage, dont l'action
semble se borner à une exposition et à un dénoûment, est
le type parfait de la tragédie primitive des Grecs, de
celle à laquelle leurs critiques donnaient le nom de simple, Eschyle, dans d'autres ouvrages, a pu s'approcher
davantage de la tragédie implexe de Sophocle et d'Euripide; mais dans celui-ci il nous a laissé un modèle achevé ^'u genre qui lui appartient en propre. Si l'on voulait désigner ce genre par un emblème propre à le caractériser, on n'en trouverait pas qui lui convînt misux que cette figure tragique de Prométhée, où, comme dans
une statue, le poëte a fixé, en traits vivants et im-
1. Page 254. — 2. Voyez le commentaire de SchOtz. — 3. Voyez Lebeau jeune, Mém.de VAcad. des inscriptions et bcUes-letireSj t. XXXV,
p. 450 et suivantes.
ESCHYLE
PROMETIIEE.
moWles, l'immuable expression de la douleur et du cou-
On doit en convenir, certains faits rappelés, ou annonces dans le cours de la pièce, sont asserdifficiles à cozn-
rS ÏJT?'"'' '^'™« «' ^^ 'i^«^'« •'"«-•ne. dont le héros d Eschyle, quoique dieu, est le représentant, y
prennent une apparence de tyrannie et de re'volte qui
Wesse le senlimeut moral ; enfin ce triomphe de la violence, par lequel elle se termine, laisse après soi une impression douloureuse. Mais peut-être ce J dans ceî ouvrage isoJé, débris, à ce qu^on pense ass^ez 'gêné alement % d une trilogie dont il formait le milifu, nous
let\éâîr^eSc™rïcueilli;"d?nïï:f Métastase, au leur d'observations sur
commode où il se rouv? n ,!ii.ô,, ^"',ïï? "'*'-■''■ '» situation in-
se sont eux-mêmes laissé troubler dwStfi'/'iU*';?""- ' '• "' P- •«) qu'ils ont supposs ceTui na,,» hln î, ''°''''*.''« "=« ««i". lo"- Promélhée était figuré mJ un Inn» ^■'^"^'' 1" ^'* représentation coulisse par un acteur i^.vufw. n1« ^"J'"' *' ^°" "^^'^ récité dans la mise .n Scène Hermann a eu e^ v,?» i^,"*''T''*"'''"' adoptant cette l'artiste chargé du Tôle ?at1eant rf« P?.^i.'if/''°^'i, '',"* '"^tage de moyen de s'expliquer commun? I» nL°"^"'^^- ^"* '"* fournissait la perlonnages, S pu être^oSL n^rS'I""* f*"^' "", P^^-aissent trois quemment ui permetlaTtZ nltlr 'lï' *<='«"" seulement, et conséavantlépoque OU eut PI L.l^l t représentation de l'ouvrage
acteur, cl^f-dire avan so-n^d bu?Pd^rll\' '"''°,''"^ «" ^">''^^o la. Lxxv„. olympiade Or °Mu1*«f,n'S?i'''"?' '^ "-ûisi^e année de
fût pas d'une date plus récè tWaï^n, t '" "î"^ '^ ProméiMe ne
vers le temps d'unn^Xl' •g^i' ^ymp"^",T?,'"?r• P',f« nons l'avons d,t (p. 83 27l> K<!.-h„i<. i„ ' '^■.. X' ^'> " 'aquWle,
fait allusion. Bœclh a de me^me d^t^ di lo "^^V* f'^"^' P"^'« ^^oir année, la PythiquedePmTrTilH 1 '? «""• olympiade, troisième allusion. ^ ™'® ''' ^' ^"H-) «û se trouve une semblable
cie^ns?moi^"ne*vie du\*„Àr. d""'":™ «"«l-^'q"" témoignages anscol.es du Prom7hélench^nf où'i T. i' T "V •»' "P^I'lSer;; les pièce qui en était la snito ■ l'^fi . ^''* quelquefois question d'une
certaines manu4 iU,^^'^'^^»^"^'',^?*"'' P""^''Me, qu' , dans Terre, par confusion sans dnn?« d. v Personnages Hercule et la
commecela est arrivé nn^fri-i„ ^ '"""^^e avec sa continuation.
catalogue du thfâtiedPlïïihll/^"*'""''" *' '?' C.oep;,or«; enHn là 11 est vrai, les Promrt;,J^^i7Î • "^ ^°"' compris, dans un ordre fautif!
pas, OU ce n'esf pî^ 1 le faS ?"'.***"' f " f'^J *'«^''- Ce n'es
dans sa <^isser.atL"^4a oit^e^^;^. 'p^'Ltft.^.i.ts^sra J et:
embarrasse et nous blesse, se préparait, s'achevait, s'expliquait dans ceux où le poète avait reproduit très-probablement le commencement et certainement la fin de Thistoire : d*une part le larcin du feu céleste si cruellement puni sur Prométhée, de Tautre sa délivrance.
traire attaché à établir que, si l'existence des trois pièces est incontestable, aucun témoignage ancien n'atteste formellement qu'elles aient
été réunies SOUS forme de trilogie; que, d'autre part, aucune nécessité, pour celle qui nous est restée, d être préparée par une première et complétée par une troisième, ne force ahscluraent de croire à cette réunion; que d'ailleurs le Prométhée ravisseur du feu, 'irame satyrique et non tragédie, n'en aurait pu faire partie, et que le Prométhée délivré peut fort bien avoir été composé, avoir été donné isolément, à une tout autre époque que l'ouvrage dont on le prétend la suite, et
auquel on vent qu'il ait succédé dans la représentation. De celte argumentation il résulte qu'on ne peut affirmer, avec une entière certitude, qu'il y ait eu une trilogie de Prométhée; mais on n'a pas non
îlus le droit d affirmer qu'il n'y en a pas eu, et, à défaut d'évidence,
a supposition qu'on en lait a pour elle, avec de nombreuses autorités,
beaucoup de probabilité. La chose avait paru ainsi en 1819, neuf ans environ avant la publication, faite en 1828, de la dissertation qui nous arrête, à God, Hermann lui-même. Montrant (de Compositione letralogiarum tragicanim; Opusc, t. Il, p. 306 sq.)que, dans les tétralogies présentées au concours par les poètes dramatiques, quelquefois les quatre ouvrages, quelquefois trois ou deux seulement étaient liés ensemble par la communauté, la continuité du sujet, il citait comme exemple de cette dernière disposition, la succession, alors évidente pour lui, du Prométhée enchaîné et du Prométhée délivré {ibid., p. 310 et 315 sq.), et la trouvait indiquée en termes qui ne laissaient pas place au doute, dans ces paroles du scoliaste d'Eschyle [Prometh. imct., 510) hîTOii -yàp èv tw Uti; ôpà{i.aTi. Dans rintervàlle, en 1824,
Welcker avait expliqué, non pas le premier assurément, mais avec plus d'insistance que personne jusqu'alors, le Prométhée en-
chaîné par ce genre de connexion qui lie les ChoéphoreSj d'une
part avec ÏAgamemnon, de l'autre avec les Euménides^ ajoutant à ces deux trilogies, appelées par lui l'Orestée, la Prométhée, non-seulement laThébaïde, la Danaïde, les Perses, dont il pen-ait que les Sept Chefs, les Supplinntes^\es Pe/'^ev enfin étaient, comme le Prométhce. la pièce intermédiaire, mais quinze autres reconstruites savamment, ingénieusement, et aussi bien hardiment, avec les titres et les fragments des ouvrages perdus du poète; il avait tourné vers l'étude de la trilogie en général, vers la restitution des trilogies ou certaines ou probables, toute l'attention , tous les efforts de la ci itique allemande. 11 serait long d'énumérer ceux qui se sont précipités, en si gnind nombre, avec tant
d'ardeur, dans cette voie aitia\anie et hasardeuse à la suite de
Droysen, de Dissen, de Gruppe, de Schœll, mais surtout de Welcker, l'auteur de ce mouvement, lis n'ont pas manqué d'antagonistes redoutables, en tête desquels il faut placer, avec SUvein, God. Hermann. On trouvera tous ces noms rappelés, toutes ces disputes résumée-^, sinon toujours éclaircies, dans un livre d'ua abord assez redoutable : De
^-jfaiiiêiSSpiiii
ESCHYLE
De ces deux ouvrages perdus et bien regrettables, le premier ne nous a guère laissé de lui que son titre diversemeut rapporté, et des doutes peu foEdés, il est vrai sur la nature de la composition, qui ne pouvait être qu une tragédie, et noD pas, comme quelques-uns l'ont
pensé, peut-être sans preuves suffisantes, un drame sa-
tjrique : du second, il est resté quelques fragments
fschylitemionePromaheo, etc., Bellmann, Vratisl., 1839 L'auteur Z% afr sTest'Sh^'^'" qu'on pourrait' souhait^V plus fac"e?e|
lueâploJflt TJrhnf'/'' "^^""^ ^'^T' premièrement à démontrer que je rroméltiée enchaîné ne pouvait absolument se casser (Jp lintm
S;',=hio î i ** déiitrt; secondement à retrouver le plan le sens vemable des deux tragéd.es complémentaires. Le soin au' la DrifriA faire remarquer combien, dans cette seconde partiede son tra?aU il es peu d'accord avec Welcker et les autres habi « res aura eur ni
d"'SSf»' "?°"''^ '''"' ""^"^ ^^e^<=i'^ discrète convfendrf à ces sortes de restaurations, irop souvent capricieuses et téméraires On nem
ouerde ce le dtscrétion M. Ahrensf qui.se conlMUnldSoser lann lémique relative à la convenance de Véinir eruTproSefde fes" ProméMes dEschyle, s'est occupé spécialement dl chacune de cel
Sanrèi 1° r'''"'"'?' '* -'"J^' «' '« P'»"' ''vec assBZ de vraisemblance d après les fragments qui en restent, les témolRnaKes de l'antSft;
^'.vL?L'PV"iT''r^'"^ ^' ^''''^'' °^« P^^aît peu probable ProŒ
n ayant dérobé le feu que pour en faire part à la race humaine il nV «i^T^'^'■^'^"«^ ""/^"^ ouvrage, qui sLs doute ouv^aU la troS.J
|s.;;Kt£rezsxà?.asSS
par Foiiux et Auiu-Gelle, un drame satyrique sur Prométhée rw bien certainement d'un drame satyrique que viLt le versci é oaV P^^^^^
pZéthle"av"ertitdrd::!;'' ^''^ '^P'^^^- e^homu:Z&fX rromeinee avertit du danger que court sa barbe de bouc un siWrA
qui, ravi de la vue pour lui nouvelle du feu, fait mine de voliri'lr
brasser. Mais ce drame saivrirm^ ^»ou ;. i^^V„v5J"® ^^.^^^^O'/ 1 em-
PROMETHEE.
précieux; un surtout, cité par Gicéron*, non pas dans son texte grec, mais dans une traduction latine, qu'un grammairien ^, et d'après lui à peu près tous les critiques attribuent au tragique romain Attius, mais que Gicéron, dont l'autorité, ce semble, vaut bien' ici celle de Nonius,
revendique pour lui-même*. Ce morceau, faiblement rendu
de raffi'mer, comme on Ta fait, puisque Plutarque n'en dit absolument rien. Eschyle a-t-il été même auteurd'un drame satyrique surce sujet? La chose, on vient de le voir, peut sembler problématique, puisqu'elle ne repose que sur l'autorité de l'argument des Perses. Elle serait avérée enfin, qu'elle n'exclurait pas, nous l'avons également montré, et plusieurs critiques ont été de cet avis (voyez Hemsterh. ad J. Poil., IX, 8; voyez aussi E. A. J. Ahrens, ouvrage précédemment cité), l'existence d'une tragédie sur le même sujet, pour servir comme de premier acte à la trilogie de Prométhée»