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ESCHYLE
Texécrable demeure des Atrides, et le crime nouveau qui
KY prépare en ce moment. Souvent ces visions prophétiques s'effacent et disparaissent; sa fureur divine s'apaise, elle redevient une femme ordinaire, qui s'entretient avec le chœur de ses infortunes. Mais bientôt les
questions qu'on lui adresse la ramènent sur la trace * des
forfaits révélés à son imagination épouvantée par une
inspiration à laquelle elle ne peut se dérober : elle représente, sous des images odieuses empruntées aux plus
impurs objets, à ces unions brutaies et monstrueuses
qui font frémir la nature, les attentats de Clytemneslre
et d'Êgisthe, et celui qui doit bientôt les couronner tous ;
elle entasse, avec une sorte d'impatience, figure sur figure, oracle sur oracle, pour vaincre une incrédulité
qui la fatigue; enfin elle laisse échapper cette foudroyante parole : « Vous allez voir la mort d'Agamemnon*! » A ce mot tout se trouble autour d'elle ; elle-même s'étonne de la pitié qu'elle ressent pour les vainqueurs de Troie*; elle déplore sa propre infortune, son sang
qui va couler avec celui de son maître; elle jette loin
d'elle ses bandelettes et son sceptre prophétiques, funestes dons d'Apollon, qui Font rendue un objet de
risée parmi les hommes, et ne peuvent la soustraire à son horrible sort; jusqu'à ce qu'enfin, après ces mouvements de douleur arrachés à la fermeté de son âme par
la faiblesse humaine, elle entre courageusement dans ce
palais funèbre où elle doit trouver son tombeau. Telle
est ridée sommaire d'une scène par laquelle est porté au
comble le sentiment de terreur progressivement excité
depuis le début de l'ouvrage; qui développe le caractère