‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 35 sur 893 · Atlic, r · texte numérisé non relu

Atlic, r

cà2!'Z' ""■' '' '"■ - ^- '^^'^K'^lemy, Yoyage du jeune Ana-

DE LA TRAGEDIE GRECQUE

comme Eschyle, comme Sophocle, comme Euripide, des

dcoles, des maisons tragiques. Nous avons donné tout à

l'heure celle de Philoclès; pour Xénoclès, il était de la

race tristement féconde des Carcinus*, sur laquelle ne larit pas la verve bouffonne d'Aristophane. Et que de

noms encore dérobe à l'oubli, mieux que l'exactitude des

compilateurs et des lexicographes, sa gaieté vengeresse! Morychus, Hiéronyme, Pythangélus, Acestor, Gléénète, Dorillus et tant d'autres I Nous savons presque par lui seul

qu'ils ont fait des tragédies, comme nous savons par Boileau

que Colin a prêché^.

A Théognis, qu'il ne mentionne pas plus honorablement, qu'il raille souvent pour sa froideur', et qu'en effet

on surnommait plaisamment la Neige'' ^ joignons le beau, le docte, l'éloquent, mais implacable et cruel Critias, son

collègue en 404, dans la tyrannie des Tren'e% et de plus

1. Voyez sur ces Carcinus, qui n'ont pas été tous cependant des poêles méprisables, Fr. G. Wagner, Poet. trag. gr.rc.fragm.^ éd. F. Didot, p. 80 sqq.; W. C. Kaystr, Hist. crit. trag. yrocc^ p. 84-

2. Voyez encore, sur ces divers poêles, Fr. G. Wagner, ibid.^ p. 88,

89,90, 92, 136; W. C. K;iy^er, ibid., p. 193,275, 281, 289, 322.

3. Arisloph.. Tliesm., 170. — 4. Schol. ad Aristoph. Acharn., il, 140; Suid. , vv. ©éoyvi;, ^Fuj^poù piou. Cf. ibid. j v. Nixô-

5. Xénoph.,7/6'i^n.,II, 3; Ht.rpocrate, v.Oioyvi;. A l'époque de cette tyrannie Suidas place un tragique athénien, auteur, dil-il, de huit pièces, dont d'autres (Athen., Deipn., XIV; Clem. Alex., Strom., II) citent quelque chose; d'un Hercule parlicuîièrement qui a été connu de TertuUien {Apolog.y xiv). Ce tragique, qui ne parait pas avoir été sans mérite, à part l'ohscurilé que lui reproche Melanthius chez Plutarque {de Aud. poet.), s'appelait Diogène Œnomaus. Le premier de

ces deux noms a (ait attribuer ses pièces à Diogène de Sinope (Diog.

Laert., VI, 73, 80); le second J'a fait confondre avec un Œnomaus de Gadara, également philosophe cynique, qui, au temps d'Adrien ,

a composé des tragédies (Julian., Orat.^vii). Sur les doutes et les disputes de la critique à cet égard, voyez, en dernier lieu, Fr. G. Wagner,rbid., p. 103; W.C. Kayser,î5id.,p.253sqq. Peut-être doit-on aussi

une mention à Archestrate. si toutefois les pièces que ce poêle ht jouer, et môme a\ec buccès, pendant la guerre du Péloponèse, au rapport de Plutarque(Fi<- Arislid., i, ii) ei non pas, comme paraît l'insinuer,

contrairement à Plularque, Barthélémy (ylnac/i.,xii), au temps du célèbre Aristide et de Thémistocle, étaient des tragédies. Voyez encore chez Uœckh {Corpus inscript, grœc, V, n" 211), l'inscription relative à une victoire d'Archestrate.

HISTOIRE GÉNÉRALE

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>0n confrère en tragMie. Critias avait certaînement pins

de même que Théognis, puisqu'on lui a quelquefois attribue le Pirithoûs d'Euripide', et que, par compensa.ion, son Sisyphe, dont une tirade fort irréligieuse s'est conservée ^ a é;é confondu > avec le drame satyriqae de même titre donné par Euripide en compagnie de VAlexandre, du Palamede, des Troyennes , la deuxième année de la xci- Olympiade», en 415. La liberlé avec laquelle Critias empruntait au grand poète», a peut-être aussi été pour quelque chose dans ces méprises de l'érudition qui recommandent aujourd'hui ses ouvrages dramatiques. Au

reste, ce n est pas par eux qu'il a mérité un nom dans

1 histoire, mais par le drame plus réel de la mort de Tlié-

[""^^ai U"^^ «"'7 écrivain da ce temps, que son traité sur 1 être» et ses froides tragédies bafouées, ainsi que ses mauvaises mœurs et son excessive maigreur, par les co-

iniques', auraient laissé fort obscur», et qui sassura en 399, comme homme politique, une tragique immortalité cest accusalear de Socrate, Mélilus», celui qui. dans cet odieux procès, où s'étaient ligués contre le sage les

l. Athen., Dcipii., XI. Cf. Vit. EuHp.

?• S?^'- tœpinc, idi. maihem., IX. 54.

DE LA TRAGEDIE GRECQUE

Wagner, qui croit lui-même Critias auteur de traf^édks decenrJrn?;f.fr «S "îême.le^^Ps l'existence d'un P/W^/iof.fd'Euripîde Vua^^^^^

^o"ttr';;!^r7^^:^^?p%^3%',^^ ^"^*>*-^- ^-^»^* ^'^^

6. S'il est bien l'auteur de cet ouvrage que lui attribue Suida<5 npi.f

démagogues, les fau\ dévols, les mauvais poêles, représenta parliculièrement ces derDiers.

Les hommes qui mêlaient de si méchantes, de si cruelles passions avec celte culture de Tart, à laquelle n'importent pas moins le calme contemplatif de la raison et la pureté, rélévation des sentiments, que le feu de rim?gination, n'étaient pas dignes d'en approcher : ils l'auraient dégradé par leur contact, s'il avait pu l'être. Réhabilitons la tragédie de celte époque, en rappelant des souveDirs plus honorables. Peu s'en fallut qu'elle ne

pût se glorifier d'un adepte tel que Platon ; Platon, qui, plus tard, révolté des couleurs tiop humaines dont elle joignait les dieux, de ses maximes trop favorables à la tyrannie et à la démocratie, de ses appels trop exclusifs à la partie sensible de noire êlre, devait, tout en l'appelant divine, Fassimiler à la rhétorique condamnée dans son Gorgias, la soumetire à la censure dans ses Lois^ l'exiler de sa République*. G3 grand philosophe fut tenté, dans son extrême jeunesse, de la gloire poétique. Il essaya de l'épopée, mais bientôt brfila ses vers, les jugeant

trop au-dessous de ceux d'Homère; il écrivit ensuite une tétra'ogie % qui éprouva le même sort, bien que déjà entre les mains des acteurs et sur le point de disputer le prix au concours de la fêle de Bacchus. Dans l'iiitervalle,

Socraie avait eu ce songe que rapporte, pour ainsi dire, sa légende. Il avait vu, en dormant, sur ses genoux, un jeune cygne et bienlô^ vérifiant le présage, Platon s'était donné à lui*. Qui protesta contre la condamnation du maître de Platon? Ce fut, non pas, comme on Ta dit quelquefois, Euripide*, — il était mort depuis quelques années, — mais son Palamede remis au théâtre, peut-

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