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leurs gardiens, ils y ont fait monter la prêtresse avec sa statue. Thoas ordonne qu'on les poursuive, car ils sont encore arrêtés dans le détroit; il s'apprête aussi à châtier les captives grecques qui ont favorisé leur évasion'; mais, comme on s'y attend bien, quelque divinité tombée du ciel nous tranquillisera sur le sort des fugitifs, et épargnera au bon tyran de Tauride la fatigue d'une colère
inutile. C'est Minerve* qui annonce que vainem^^nt on voudrait s'opposer au dessein d'Oreste , conseillé et
conduit à sa fin par les dieux. La statue de Diane sera portée dans l'Attique, et, en mémoire de ces événements, adorée sous le nom de Taurique*. Parmi beaucoup de détails destinés à flatter l'orgueil des Athéniens par la consécration poétique de leurs antiquités nationales', Minerve glisse une stipulation que dans la tragédie d'Hélène ont oubliée les Dioscures. Les captives grecques, fidèles compagnes d'Iphigénie, obtiendront de Thoas la liberté et seront ramenées par les soins d'Oreste dans leur patrie. Il est vrai qu'elles l'ont bien mérité en exprimant, quelques scènes plus haut, dans un chœur ravissant, le regret de leur esclavage*.
Quand Thoas s'est respectueusement soumis aux volontés de Minerve, la déesse appelle les vents et leur ordonne de guider heureusement vers Athènes le fils d'Agamemnon ; elle-même, elle l'annonce, l'accompagnera dans ce voyage et veillera sur la statue vénérée de la déesse sa sœur^
Cependant le chœur se répand, comme il est conve-
HÉLÈNE. — IPHIGÉNIE EN TAURIDE. Hl
nable en remercîments. Ils se terminent par des vers * qu'on lit aussi à la fin de YOreste, à la fin des Phéniciennes et qui contiennent (les scoliastes» ont donne cette
double interprétation) soit une allusion au dénoûment heureux de l'ouvrage, soit, je le croirais plus volontiers, car ce qui serait vrai d'Iphigénie en Tauride et d Oreste, ne le serait pas également des Phéniciennes^ le vœu,
l'annonce de son succès :
a 0 vénérable victoire, préside toujours à ma vie, ne cesse
point de la couronner ! »