Voyez Ginguene, Ilist. litt. d'Italie, part. II
4. Voyez sur une Clytemnestre écrite au moyen âge, on ne sait a quelle date, dans la langue de Sophocle, mais dans le goût de Senequo, ce qui est dit plus loin, liv. II, ch. v, note 1.
ESCHYLE. — Il
HISTOIRE GENERALE
DE LA TRAGEDIE GRECQUE
Politien, représenté à Mantoue en 1472', au xv* et au
XVI* siècle, l'Italie eut enfin adopté de meilleurs modèles,
il ne devint point tout à fait étranger au théâtre d'emprunt, taniôt grec, tantôt latin, de Trissino, de Rucellai, de Martelli, d'Alamanni, de Giraldi Ciutio, de Dolce,
faibles introducteurs, sur la scène italienne, de la forme
antique, de cette forme qu'appliquait alors plus heureusement à un sujet moderne, dans son Inès de Castro, où
se retrouve véritablement quelque chose de la gravité et de l'élévation morales, de 1 élégance passionnée, de Tex-
pression paihéiique d'Euripide, le portugais Antonio
Ferreira*. En Italie, à cette double influence et des
Grecs et de Sénèque', s'en joignirent deux autres, également contradictoires : celle de la Poétique d'Aristote, avec la sévérité de ses lois, encore accrue par la rigueur
judaïque du commentaire et de la jurisprudence ; celle du
roman moderne, avec la complication et le libre mouvement de ses aventures. Elles contribuèrent à la formation lente et laborieuse de celte tragédie de caractère indécis, qui put surprendre des succès de vogue, mais ne laissa
point de souvenir et, jusqu'à la AJérope de Maffei, sembla
frappée d'impuissance.
Il n*en fut pas de même de la nôtre, formée cependant
des mêmes éléraenls, par Jodelle d'abord, qui, en 1552, remonta jusqu'au bouc de Thespis, et certainement plus
haut que ses vers* ; ensuite par Garnier, quij vers la fin
de ce siècle, mêla Sénèque avec Sophocle et Euripide,
1. Voyez Tiraboschi , lettera al P. Affo, 1775. Cf. Bonafous, de Angeli Politiani vita et operibus^ Paris, 1845, c. vu, p. 44 et suiv.
2. Voyez les fragments que M. Sané, à la suite de sa Grammaire
portugaise, M. Sismondi dans son ouvrage sur la Littérature du Midij M. Raynouard, Journal des Savants , juillet 1823, p. 424, ont donnés de cette pièce, regardée comme la première tragédie régulière qui ait paru en Europe après la Sophonisbe du Trissin. Voyez aussi
l'élégante traduction qu'en a publiée, en 1835, dans le Théâtre européeUy M. Ferdinand Denis.
3. Cette prédilection pour les exemples de Sénèque est un des faits
qui rassortent des recherches curieuses de M. A. Chassanj? sur les Essais dramatiques imités de VaiUiquilé au XI V et au IV siéclef
Paris, 1852.