Odyss., IX
LE CYCLOPE
LE CYCLOPE
Je te dis qu'on m'a crevé Poeil et que c'est Personne.
LE CHŒUR
Tu n'es donc point aveugle ?
LE CYCLOPE
Puisses-tu Têtre aussi peu que moi !
LE CHŒUR
Mais comment, par le fait de personne, devenir aveugle ?
LE CYCLOPE
Tu me railles ! Mais où est-il. Personne?
Nulle part, Cyclope'.
Polyphème veut à son tour se venger de ses bourreaux; il demande où ils sont : à droite, à gauche, de ce côté, de cet aufre, répond le chœur, continuant à se jouer de sa rage impuissante, et sur ces malignes indications, le monstre stupide va se heurter rudement la tête contre' les
rochers. Ce n'est plus lacaricature d'Œdipe, mais celle de
Polymostor, poursuivant dans l'ombre la troupe fugitive des Troyennes ^.
Enfin retentit à son oreille la voix d'Ulysse, qui, cette fois, se donne son véritable nom. Polyphème reconnaît dans cette aventure l'accomplissement d'une prédiction qui lui fut autrefois adressée, et dont l'effet était inévitable ^ C'est la fatalité de la tragédie étendue au drame satyrique. Tandis qu'il s'apprête à gravir la montagne pour lancer de là un quartier de roche sur le vaisseau d'Ulysse, le héros prend le chemin du rivage avec les Satyres qui s'applaudissent de n'avoir plus désormais d'autre maître que Bacchus *. Gest le dernier mot de la pièce, et je ne doute guère qu'à la fin des autres drames satyriques, ne fut de môme marquée, par quelque trait,