‹ Études sur les vases peintsChapitre 11 sur 72 · Schol. ad Aristophan. Nub · texte numérisé non relu

Schol. ad Aristophan. Nub

toriques propremeot dits sont jusqu'à ce jour en bien petit nombre. Les cérémonies religieuses sont quelquefois figurées sur les vases ; on y voit fréquemment les exercices du gymnase, des scènes de repas, des combats, ainsi que des sujets nuptiaus; la danse, la musique, le bain, l'armement des guerriers, la toilette des femmes, la chasse, la pèche, des

jeux, paraissent sur les vases. Il y a aussi quelques compositions empruntées aux pièces de théâtre. Mais en général les scènes de la vie civile ne forment qu'une série relativement peu nombreuse quand on la compare k celle des sujets mythologiques. Souvent même c'est faute d'en sûsir le véritable sens qu'on écarte ces sortes de sujets de la série des représentations religieuses et mythologiques.

Quant aux sujets funèbres, à quelques rares exceptions près, tous appartiennent à la dernière période de l'art de peindre les vases. Il en est de même des nombreux vases à sujets mystiques, série si peu intéressante pour les études archéologiques et dont jusqu'à ce jour la science n'a pu tirer rien de satisfaisant. Les tombeaux de la Grande-Grèce ont fourni un nombre considérable de ces vases.

Les inscriptions tracées dans le champ des peintures offrent le plus grand intérêt sous le rapport de Tépigraphie. La plupart du temps, ces inscriptions sont écrites avec négligence : elles sont peintes en violet ou en blanc, ou bien gravées en creux [graffiti) à la pointe. Le plus grand nombre de ces inscriptions sont des noms de personnages mythologiques; on a aussi quelques noms historiques, comme ceux des rois Crésiis^^ Darius* j Arcésilas^y des poètes Alcée^ Sapho^ Anacréon, Musée^ Linus^; des sentences, des acclamations, des dialogues, des alphabets, des noms de simples particuliers, des noms d'artistes, peintres ou fabricants de vases, etc. On connaît aujourd'hui de soixante-dix à quatre-vingts noms / d'artistes. Quant aux inscriptions en langue et en caractères étrusques, elles sont rares ; on ne les trouve que sur des vases de travail véritablement étrusque, fabriqués à l'époque de la décadence de l'art en Ëtrurie. Les Étrusques ont imité les vases peints d'origine et de travail grec, et telle était l'influence qu'exerçait l'hellénisme dans les temps anciens, qu'à quelques exceptions près la plupart du temps les sujets traités par les Étrusques sont empruntés aux fables et aux traditions religieuses des Grecs, et surtout aux épisodes de la guerre de Troie. On rencontre pourtant des inscriptions étrusques gravées à la pointe [graffiti) sur des vases de travail grec, et sortis des fabriques de la Grande-Grèce. Mais ce sont évidemment des inscriptions ajoutées après coup, quand les vases étaient livrés au commerce.

Ce ne fut guère que vers la fin du xvu^ siècle ou au commencement du siècle suivant que les vases peints fixèrent l'attendon des savants. A

4. Au Alusée du Louvre. Mon. inéd. de l'Institut archéologique, t. 1, pi. LIV et LV. Cf. Cat. Durand, n« 421 .

t. Au Musée de Naples. Gerhard, Arch. Zeitung, 4857, pi. GUI.

3. Au Cabinet deà médailles de la Bibliothèque impériale. Mon. inéd, de V!mt. archéologique, t. I, pi. XLVII, a. Cf. Cal. Durand, n"* 422.

4. Le vase représentant Alcée et Sapho est au Musée devienne. Millingen, AndeiU nnedited monuments, pi. XXXIIL — La coupe sur laquelle on lit le nom d'Anacréon est au Musée Britannique. Cat. Durand, n* 428. — La coupe sur laquelle on lit les noms de Musée et de Linus fait partie de la collection de vases du Musée Napoléon IIL Annales de rinstitut archéologique, 1856, pi. XX.

la renaissance des lettres en Europe, on ne s'était occupé que des grands monuments d'architecture, des œuvres de sculpture et des médailles ; mais, à quelques rares exceptions près, on s'était arrêté là, et l'étude de l'antiquité figurée ne s'était pas étendue plus loin. On négligeait les détails; on n'abordait pas l'examen de monuments que l'on devait considérer comme de moindre importance, de moindre valeur. La Chausse, dans le Muséum Romanum, publié en 1690 et qui depuis eut plusieurs éditions, fit graver quelques vases de terre peinte. On en trouve également dans le Trésor de Brandenbourg de Laurent Beger*.

Dempster*, Philippe Buonaroti*, Guarnacci*, Gori*, Passeri*, dans les ouvrages qu'ils ont écrits sur les antiquités étrusques, sont les premiers érudits qui se soient occupés d'une manière spéciale des vases peints ; ils les considèrent comme des produits de l'art étrusque. C^est aux impostures et aux ouvrages supposés par Annius de Viterbe qu'il faut remonter, si l'on veut saisir les premières traces de cet engouement pour les origines étrusques qui fascina pendant de longues années les antiquaires. Tout était étrusque aux yeux des savants qui les premiers eurent à examiner les produits de la céramographie, et cependant, à l'époque où ils émettaient cette opinion et la faisaient prévaloir, on savait d'une manière certaine qu'un grand nombre de ces produits avaient été découverts dans les tombeaux de l'Italie méridionale. Mais on cherchait l'explication de ce fait, qui semblait en contradiction avec les idées reçues, dans la domination exercée par les Étrusques sur toute la péninsule italique.

Une fois entré dans cette voie, on ne s'arrêta pas en si beau chemin, et, qui le croirait? il y eut des antiquaires italiens qui poussèrent si loin leur enthousiasme pour les Étrusques, qu'ils regardaient comme de travail étrusque le Laocoon et la famille de Niobé ; Ficoroni fut de ce nombre ^.

En France, c'est surtout au comte de Caylus, zélé amateur d'antiquités, qu'on doit la connaissance des vases peints. Son recueil en sept volumes in-A"", commencé en 1752, contient un assez grand nombre de planches de vases. Avant Caylus, Dom Bernard de Montfaucon, dans son

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