Hesych., v. AiSuac
2. On place Tarrivée des Doriens dans les Cyclades vers la 6n du xii* siècle avant notre ère.
3. Gerhard, Annales de l'Institut archéologique, t. IX, p. 434. — Bulletin de l'Institut archéologique, 4829, p. 426. — A. Brongniart et Riocreux, Description méthodique du musée céramique de Sèvres, pi. XIII. Paris, 4845, gr. in-4<>.
époqae; Égine, Hycènes', Athènes*, la Pbénide, le mont Sipyle, près de Smyrne*. On a ùgnalé aussi la présence de ces sortes de vases en Sicile, à Nola et en Étrurie, à Véïea, Cœre, et peut-être à Vulci, etc.
Les poteries de ce genre, surtout celles à zones sans aucun autre ornement, sont, comme je l'ai déjà dit, très-anciennes. On doit en avoir fabriqué d'abord en Asie; plus tard, les Hellènes, en communiquant avec les navigateurs phéniciens, ont dû imiter ce genre de vases, et, sans exagération, on peut en faire remonter la fabrication à dix, ou même à douze ou treize siècles avant l'ère chrétienne.
t. Dodwell, Clastical tour Ikrough Greece, vol. Il, p. %37. — Je possède un fragment de vase de très-ancienne fabrique qui m'a étô donné par H. Ampère. Ce fragment a été ramassé par le savant académicien auprès de la porle des Lions, ï Mécènes.
S. Suckelberg, Die GrôAer derHeHatea,\i\. IX.
3. Voir Th. Burgon, Tranaaetioiu of Ihe royal Sociely of titerat»re, second séries, vol. H, Londres. t8i7, p. 196.
COLLECTrON CAMPANA.
Od donne le nom de vases de style asiatique ou oriental à une classe très-nombreuse de vases enrichis de peintures plus ou moins compli-
quées. La plupart de ces vases sont petits; ce sont des aryballes, les uns d'une forme allongée, les autres tout ronds et d'une forme écrasée ou aplatie, des alabastrons longs ou à large ventre, des pynis, des coupes profondes, etc. Gea vases, aujourd'hui assez nombreux dans toutes les collections et dont il y a des centaines dans la collection Campana, sont faits, aussi bien que les vases de style primitif, d'une ferre jaunâtre ; la couleur en est terne et sans reflet. Il y a de ces vases où les figures et les ornements sont gravés, d'autres où ils sont simplement peints. On y voit des animaux, soit naturels, soit fantastiques. Des rosaces, semblables à celles qu'on rencontre dans les monuments assyriens', sont semées dans le champ, unsi que des plantes et des fleurs. On y remarque quelquefois des figures humaines et assez souvent des monstres moiUé hommes, moiUé animaux*, notamment des divinités à queue de poisson, des
1. Raoul Rochette, Amtalet de t'/tulitut archéologique, 1. XIX, p. SiO et Buiv. t. Élite des monumenti cëramographiquei, l. III, pi. XXXI-XXXIV.
sphinx, des sirènes ou oiseaux à tète humaine. L'association de la nature humaine au corps de certains animaux, quadrupèdes, oiseaux, poissons, est un des traits distinctifs de l'art oriental, où les conceptions les plus singulières et les plus bizarres ont pris naissance. On voit aussi sur ces sortes de vases des déesses ailées qui de leurs deux mains tiennent des animaux, tels que des lions, des panthères, des oies ou cygnes, représentations qui rappellent la Diane du coffre de Gypsélus, figurée avec des ailes aux épaules et tenant dans ses mains une panthère et un lion^
Les grands vases, amphores, pithos, lebès, les vases d'une dimension intermédikire, tels que l'œnochoé, l'olpé, montrent des zones superposées d'animaux, de longues files de quadrupèdes, lions, panthères, boucs, béliers, cerfs, biches, sphinx, griffons, soit à la suite les uns des autres, soit affrontés, entremêlés de cygnes, d'oies, de coqs, de poules, de sirènes ou oiseaux à tète humaine. Le vase placé en tète de ce paragraphe est une olpé à quatre zones où des lions, des panthères, des biches, des boucs, sont groupés et affrontés, ou bien marchent les uns demère les autres.
Un curieux vase de la collection de M. le duc de Blacas montre une colonne entre deux lions et deux sphinx, et rappelle la fameuse porte des Lions à Mycènes*. On adonné à ces sortes de vases le nom de vases égyptiens^ quoiqu'il ne soit pas possible d'y trouver le moindre rapport avec les monuments de l'art égyptien, tandis qu'il existe la plus grande analogie entre les animaux et les ornements tracés sur les vases de cette espèce, et ce que l'on voit dans les monuments de Ninive et de Babylone*.
Quelques archéologues leur donnent le nom de vtises corinthiens^ parce qu'on a trouvé quantité de petits vases de cette nature dans les tombeaux, aux environs de Gorinthe. Mais aujourd'hui qu'un grand nombre de localités du continent grec, des lies, des côtes de l'Asie, de la Sicile et de l'Italie ont fourni des vases tout à fait pareils, il semble qu'on doit abandonner cette dénomination et y substituer une dénomination plus générale. On leur a donné aussi le nom de tases phéniciens^ gréco-phéniciens ou pseudo-phéniciens. Nous préférons celui de vases de style asiatique ou oriental.
Mais, quoique les vases enrichis de peintures où l'on voit des
i, Paus., Elid.j I, 49, 4.— Voir Micali, Manumenti inedUi, tav. LXXIII, Firenze, 4833. ~ Arch. Zeitung, 4854, pi. LXI, LXII, LXIV. — Des plaques d'or avec des représentations analogues ont été trouvées à Camiros. Voir Revue archéologique, oclobro 486t, p. 267.
2. Raoul Rochette, Mémoire sur l'Hercule assyrien et phénicien dans les Mémoires de [^Académie des inscriptions et belles-lettres, t. XVil, f partie, pi YIH.
3. Voir, sur ces questions, Gerhard, Annales de l'histittU archéologique^ t. XIX, p. 409, et Arch, Zeitung, 4854, p. 484.
animaux entremêlés de rosaces ou d'autres ornements qui couvrent le champ puissent tous être considérés comme ayant été fabriqués d'après les mêmes données et sous une inspiration commune» il est nécessaire d'établir des classes distinctes dans ces sortes de poteries. Ainsi, pour un œil exercé il existe pour le moins trois espèces de vases décorés d'animaux, et ces trois espèces appartiennent à trois époques différentes. On rangera parmi les plus anciens les vases d'un aspect terne où les figures et les ornements ont un ton orangé ou d'un noir faux et sans reflet; la seconde classe est celle où la teinte des dessins est d'un noir terne, mais plus franc, sans mélange avec aucune autre couleur, quoique l'on y remarque des nuances plus ou moins foncées dues à l'influence de la cuisson ; la troisième classe et la plus nombreuse est celle où les figures noires sont relevées par des teintes d'un rouge violacé et d'un blanc mat. Entre ces trois classes bien tranchées et distinctes, il y a des produits où la transition d'une manière à une autre se remarque. Ensuite, il y a les vases archaïques d'imitation qui forment toute une série, et que l'on ne doit pas confondre avec ceux qui appartiennent aux âges primitifs. Dans les vases d'imitation les artistes se sont exercés à reproduire toutes les imperfections de dessin, de couleur, de cuisson même, qu'on trouve dans les plus anciens vases. Souvent les plus habiles ont peine à discerner ces vases fabriqués à l'époque la plus florissante de la céramographie ; et pourquoi? Parce qu'il est impossible de donner des règles quand il s'agit de choses qui dépendent du goût, de l'expérience et du sentiment intellectuel.
Maintenant, quand l'art prend un plus grand développement, des scènes mythologiques viennent s'encadrer entre les zones d'animaux, et ce genre de décoration a duré longtemps, on peut même dire pendant plusieurs siècles. Ces sortes de peintures à plusieurs zones paraissent avoir été copiées sur des tissus de diverses couleurs ou des tapisseries. Aristote ^ fait allusion à ces étoffes en parlant du péplos fabriqué pour Alcistfaènes de Sybaiîs, où l'on avait représenté les principaux dieux de la Grèce entre deux bordures décorées de figures orientales, n Dans le haut, dit le philosophe de Stagire, sont représentés les animaux sacrés des Susiens, dans le bas ceux des Perses. »
Le rapport de ce passage avec les yases peints à plusieurs zones, où des sujets mythologiques sont encadrés dans des bordures d'animaux, n'échappera à personne. On possède des coupes d'argent doré de travail oriental, les unes trouvées dans les ruines de Gittium en Chypre, et qu'on peut voir au Musée du Louvre, les autres déterrées à Agylla et àPréneste,