Suprà, p. B
On a désigné les vases à peintures noires sous le nom de vases d'ancien style, pour les distinguer des vases à peintures rouges qui appartiennent à r époque du plus grand développement des arts chez les Grecs *. Les formes préférées pour cette classe de poteries sont les amphores, les hydries, les coupes, les œnochoés, les tasses et les lécythus. Les formes deviennent de plus en plus élégantes, le galbe se perfectionne, le col, le pied, les anses, sont rattachés avec art et s'harmonisent avec le corps du vase ; le travail du potier devient de plus en plus soigné, la cuisson arrive à la dernière perfection et les couleurs employées sont d'un éclat des plus brillants et d'une beauté parfaite. J'ai déjà expliqué le procédé employé pour l'exécution de ces sortes de peintures *. Le fond est rouge ou jaune, les figures se détachent en noir; les muscles, les plis et les détails des vêtements et des draperies sont gravés au moyen d'une pointe aiguë; le blanc et le rouge violacé sont destinés à produire certains effets, à égayer la peinture, à faire ressortir des détails. Ainsi les parties nues du corps des femmes sont toujours blanches'; quelquefois aussi le corps deséphèbes est blanc*; dans des scènes de combat, mais par exception, les guerriers nus sont alternativement noirs et blancs. Ces exceptions à la règle générale se remarquent surtout dans des peintures archaïques, exécutées à une époque où les procédés adoptés plus tard pour les vases à figures noires n'avaient pas encore été déterminés et fixés par l'usage. Les chevaux attelés aux chars ou montés par des éphèbes sont alternativement noirs et blancs ; dans les représentations de chasses il y a aussi des chiens de couleurs variées. Les auriges ont constamment de longues tuniques blanches. Le blanc est également employé pour les cheveux et la barbe
4. L'introduction placée par M. Otto Jahn à la tète de son excellent catalogue de la pinacothèque de Munich [Beschreibung der Vasensammlung Kônig Ludwigs in der Pinakothek zu M'ûncfien, in-S°. Munich, 1854) m'a surtout servi de guide dans cette partie de mon travail , souvent je n'ai eu qu'à traduire les renseignements exacts du savant allemand; rarement il m'a fallu modifier ses appréciations; j'ai, par-ci par-là, ajouté quelques nouvelles considérations à ses raisonnements solides et pleins de sagacité.