Annales de l'InsliliU archéolog.^ t. XIII, 4844, p
2. Numismaiic Chronicle, 4845, \o\.y\\^^Ah^ ,— Revue numUmat,, 4859, pi. lu, n« 4.
3. Duc de Luynes, Numismatique des Satrapies, pi. i, n"» 2 — 4.
4. Voir le bel ouvrage : Antiquités du Bosphore cimmérien, publié par les soins (lu gouvernement russe. Saint-Pétersbourg, 4854, 2 vol. in-folio.
dirai rien de la composition ; car le sujet offre certaines difficultés, et ce n*cst pas la place ici d'insérer une dissertation.
Un couvercle de lécané (pi. I, 1860) montre le groupe erotique de Vénus et d'Adonis de face, au milieu d'une réunion de jeunes filles occupées des soins de leur toilette.
Je citerai encore raryballe de l'enlèvement d'Hélène (pi. V, 1861) et l'hydrie où Paris et Hélène sont figurés ensemble (même planche). Dans ces deux ravissantes compositions, Hélène^ presque entièrement nue, est vue de face.
Maintenant, quant à l'époque où ces précieux vases ont pu être fabriqués, je n'bésite nullement à les attribuer, comme l'a fait d'ailleurs M. StephaniS à la première moitié du iv« siècle avant notre ère, vers le temps de la prépondérance des Thébains, et ceci s'accorde avec le style des peintures et avec une remarque fort importante de Charles Lenormant': c'est que les vases sur lesquels les groupes de figures se promènent à travers toute la surface , sans aucun souci des règles de la perspective , appartiennent, sans exception, à une époque qui ne peut guère être antérieure au règne d'Alexandre; les plus anciens, ajoute l'habile archéologue, ne remontent pas au delà du temps d'Épaminondas. On le voit, j'arrive aux mêmes conclusions.
L'époque qui vit paraître ces vases enrichis de couleurs et de dorures fut aussi celle où l'on multiplia la variété des formes. Les plus curieuses sont les rhytom à têtes d'animaux, modelées avec le plus grand soin '. Les peintures qui décorent le col de ces sortes de vases n'y servent que d'ornement secondaire. Elles appartiennent, la plupart, à l'époque de la décadence de l'art céramographique ; cependant, on en connaît, d'un style élevé et d'une grande finesse, par exemple le rhyton du musée de
4 . Compte rendu de la Commission impéricUe d'archéologie de Saint-Pétersbourg, h 859, p. 33.
2. Mémoire sur les peintures que Polygnote avait exécutées dans la Lesché de Delphes, p. tS et 29.
3. Voir Panofka, Die Griechische Trinkhômer und ihre Verzierungen, Berlin. 1854, in-4-.
Naples portant la signature de Didyme^ Ai^op; s1coi£(Tev^ Quoique la majeure partie des rhytons ait été trouvée dans Tltalie méridionale, on en a découvert également dans les tombes de Yulci et même à Athènes '. Dans cette classe entrent toutes les tètes ou simples ou doubles, ayant été modelées pour faire des vases, toutes les formes singulières, bizarres et variées àTinfîni. C'est ainsi que par l'exagération des formes, le luxe des ornements et des couleurs, l'art, abandonnant la grandeur et la simplicité, après avoir atteint un degré de perfection et d'élégance qui n'a jamais été égalé, arriva, non tout d'un coup mais par degrés, à la décadence.
Le musée Napoléon III possède une des plus belles collections de rhytons qui existe. Citer ici la double tête d'Aréthuse et d'AIphée, c'est signaler une des plus belles œuvres de la plastique des Grecs. Ce monument appartient, sans conteste, à la plus belle et la plus florissante époque
de l'art. Vue de profil, la tète de la nymphe Aréthuse rappelle les magnifiques médaillons gravés par Cimon et Événète pour la ville de Syracuse. Ces deux artistes vivaient vers l'époque de Denys le Tyran (406-367) '; les coins monétaires gravés par ces artistes sont, comme on sait, les chefs-d'œuvre de l'art de la gravure sur métaux.
A côté de la collection Campana, qui forme aujourd'hui le musée Napoléon III, on peut citer deux autres collections de rhytons comme renfermant les objets les plus rares et les plus variés en ce genre; ce sont, à iNaples, la collection Sant'Angelo, et, à Paris, celle de M. le vicomte de Janzé.
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Nous avons successivement examiné les diverses périodes de l'art céramographique, et nous allons arriver à l'époque de la décadence. Plus on avance vers les temps où l'art vint à décliner, plus on trouve une profusion d'ornements et de couleurs ; c'est par ce luxe d'ornementation poussé jusqu'à l'excès et si éloigné de la noble simplicité des grands artistes qu'on cherche à suppléer à la beauté des formes, à la pureté des lignes, à l'élégance de la composition.
4. Maseo Dorbmiico^ V, lav. xx, I. — Inghirami, Vasi fittiU, tav. cxvni. — Phtiofka, Tnnkhôrn€r,p\. ii, 1.