Euphylax robustes
A. Milne Edwards, Les fonds de la mer , t. II, p. a*». l872 * 4-
La carapace de la femelle est glabre et épaisse, sa forme rappelle celle d'un hexagone très-allongé transversalement. Les régions sont peu distinctes : la région cardiaque et les lobes branchiaux internes sont plus saillants que la région gastrique; celle-ci
ZOOLOGIE DU MEXIQUE
porte une ligne épigastrique granuleuse; une ligne épibranchiale et granuleuse naît, de la base de l’angle latéral et se dirige en s’effaçant vers le sillon branchio-cardiaque. Les parties proéminentes de la carapace sont garnies de granulations peu apparentes. Le front, très-rétréci entre l’articulation des pédoncules oculaires, s’élargit ensuite beaucoup et porte un sillon médian et une crête transversale; il s’avance vers la pointe épistomienne et s’y joint par une sorte de bec. Le bord orbitaire supérieur est plus granuleux que chez l’espèce précédente, il est interrompu par deux fissures linéaires et peu profondes. La portion du plancher de l’orbite située en avant de la rainure où repose le pédoncule oculaire est très-avancée et ornée de granulations qui paraissent nettement au devant de l’œil quand on regarde la carapace en dessus. Les bords latéroantérieurs sont courts, presque droits et armés de trois fortes épines, dont la première, plus développée que les autres, constitue l’angle orbitaire externe. Un petit tubercule existe entre cette dernière et la seconde épine; enfin, quelques granulations garnissent les bords latéraux. Les bords latéro-postérieurs sont à peine plus longs que les précédents. Le bord postérieur est au contraire très-grand, de telle sorte que les pattes de la cinquième paire sont très-écartées à leur base. Les régions ptérygostomiennes sont lisses, mais portent un sillon parallèle aux orbites.
Les pattes antérieures sont très-fortes et un peu inégales; les doigts des pinces sont comprimés latéralement, fortement armés à leur bord préhensile; le pouce, ou doigt mobile, porte en dessus une série de tubercules pointus. La main est courte et garnie, en dedans, d’une carène terminée en avant par une assez forte saillie; au-dessus se voit une épine. Le bord supérieur est granuleux et armé d’une épine à chacune de ses extrémités; au-dessous, sur la face externe de la main, existent quatre crêtes granuleuses et longitudinales, dont la première porte une épine assez forte au-dessus du tubercule articulaire de l’avant-bras. Cet article est hérissé de deux épines, l'une en dehors, l’autre en dedans; cette dernière est la plus aiguë et la plus forte; il existe aussi trois crêtes granuleuses en dessus. Le bras est armé de trois grosses épines en avant et d’une seule en arrière, au-dessus de l’avant-bras.
Les pattes ambulatoires sont relativement plus fortes et plus courtes que chez ïEuphylax Dovü. Les pattes nageuses, ou de la cinquième paire, sont beaucoup moins longues que les précédentes et beaucoup moins développées que celles de YEuphylax Dovü.
Largeur delà carapace d’une femelle, 0,090.
Longueur, o,o56.
Longueur du pédoncule oculaire, o,o32.
Ecartement des angles orbitaires externes, 0,079.
Longueur totale (les pattes étendues), 0,2 5o.
Longueur des pattes de la première paire, 0,1 53.
CRUSTACÉS PODOPHTHALM AIRES.
Longueur de la pince, 0,071.
Hauteur de la pince, 0,029.
La carapace de YEuphylax robustus est verdâtre; les pinces sont aussi de cette teinte en dessus, et jaunâtres en dedans et en dessous. Les pattes ambulatoires sont d’un jaune rougeâtre.
Cette espèce provient des environs de Mazatlan, sur la côte ouest du Mexique. Elle paraît très-rare, car jusqu’à présent je n’en ai vu qu’un seul exemplaire, que possédé le Muséum d’histoire naturelle.
PORTUNIENS NORMAUX.
Le front est horizontal et sans étranglement basilaire. Les orbites et les pédoncules oculaires sont de longueur ordinaire.
Genre LUPA.
Porlunus (pars), Fabricius, Suppl. Entomol. sxjst. p. 368.
Lupa(pars), Leach, article Grustaceology dans Edinburgh Encyclopedy, t. VII, p. 890, 181 Ii.
Lupa, Milne Edwards, Histoire naturelle des Crustacés, 1. 1, p. 445.
Luna, de Ha an, Forma japonica, Crustacca, p. 1 1. . .. , ,,
Lupa, A. Milne Edwards, Études zoologiques sur les Crustacés récents de la famille des Portumens (Archives du Muséum, t. X, p. 35t.)
Ce genre établit un passage entre les Neptmus et les Amphitnte. Il offre dans la disposition de la carapace les mêmes caractères que les piemiers de ces a us tacés, mais la disposition de la région antennaire et de la région buccale est tout à fait différente. L’article basilaire des antennes externes se prolonge en avant et en dehors de leur tige mobile et se soude à l’angle sous-orbitaire extei ne. Cel angle est remarquablement proéminent. Le mérognathe des pattes-mâchoiies externes est remarquablement développé; il est arrondi en avant, où il dépasse le niveau du front, et son angle antéro-externe , qui est obtus, se prolonge beaucoup. Les différents articles du palpe, au lieu d’être cylindriques comme d’ordinaire,
sont comprimes et lamelle ux.
L’abdomen du mâle est étroit. Le sternum est plat et large; les apodèmes transversales de la portion postérieure du thorax ne s etendent pas toutes jusqu a la liane médiane, et les lignes de suture qui y correspondent sur le plastron sternal s’arrêtent de plus en plus près de la base des pattes, au lieu de se prolonger
ZOOLOGIE DU MEXIQUE
jusque sur la ligne médiane et d’être cachées par l’abdomen; aussi laissent-elles indivise toute la portion moyenne et inférieure du bouclier ventral. La suture médiane s’étend sur les quatre derniers anneaux, tandis que chez les autres représentants de l’ancien genre Lupa, elle se prolonge sur les trois derniers seulement. Les doigts des pinces sont remarquablement longs et faibles ; les pattes ambulatoires sont grêles et aplaties.
Lupa forceps.
Portunus forceps, Fabricius, Suppl. Entomol. sijst. p. 368.
Porlunus forceps, Herbst, Naturgesch. der Krabben und Krebse, pl. LV, fîg. h.
Portunus forceps, La treille , Encijclopèdie méthodique, t. X, p. 1 go.
Lupa forceps, Leach, Zoological Miscellany, t. I, pl. LIV.
Lupa forceps, Desmarest, Considérations sur les Crustacés, p. 9g.
Lupa forceps, Lalreille, Règne animal, 2” édit. t. IV, p. 34.
Lupa forceps, H. Milne Edwards, Histoire naturelle des Crustacés , t. I, p. 456.
Lupa forceps , A. Milne Edwards, Histoire des Crustacés fossiles ( Annales des sciences naturelles, 4' série, t. XIV, p. 21 4).
Lupa forceps, A. Milne Edwards, Etudes zoologiques sur les Crustacés récents de la famille des Portuniens ( Archives du Muséum, t. X, p. 35 1, pl. I, %. 1).
Cette espèce présente des variations assez grandes suivant l’âge et le sexe. Chez les mâles adultes, la carapace est très-aplatie, légèrement hexagonale et très-finement granuleuse. Les lignes épigastriques et épibranchiales sont peu apparentes. Le bord postérieur est très-large; les bords latéro-antérieurs sont armés de huit dents trèspetites, pointues et séparées par de larges échancrures. La corne latérale est longue, effilée et dirigée directement en dehors. Le front est étroit et découpé en huit dents, dont les deux médianes sont courtes et aiguës, les mitoyennes plus longues, les externes, ou angles orbitaires, courtes et un peu obtuses. Le bord sourcilier est droit et divisé par deux scissures. L'apophyse épistomienne est peu saillante et ne dépasse pas le front. Les pattes antérieures sont lisses et remarquables par leur forme grêle et allongée. La longueur du bras égale le diamètre transversal de la carapace près de la base des cornes latérales et la main égale deux fois ce diamètre. Le bord antérieur du bras est armé de quatre, cinq ou six épines, une autre épine existe à l’extrémité du bord postérieur. L’avant-bras porte deux épines, l’une à l’angle antéro-interne, l’autre sur la face externe. La main est grêle, cylindrique et armée de doigts presque filiformes et beaucoup trop faibles pour servir à la défense de l’animal ou à la capture de proies solides et résistantes; une épine existe au-dessus de la base du pouce et une autre au-dessus de l’articulation de l’avant-bras. Les pattes ambulatoires sont trèscomprimées latéralement. La cuisse des pattes nageuses est courte, presque orbiculaire,