QUITTANCE DE MADELEINE BÉJART MENTIONNÉE DANS L'ACTE PRÉCÉDENT
En présence des notaires gardenottes du Roy nostrc sire en son Chastelet de Paris soubzsignés, damoiselle Madelaine Bejard demeurante à Paris, rue St-Honoré
L'original de l'acte se trouve p. li verso à liv verso d'un registre in -4 mss. de l'étude de M« Coste, notaire
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parroisse St-Eustache, a reconnu et confessé avoir receu comptant de Mp François Le Secq, conseiller du Roy, trésorier delà bourcedela province de Languedoc par les mains de Me Louis Parquet son commis à ce présent, qui luy a baillée et payée comptant, présent îesdits notaires soubzsignez, en escus d'or, louis d'or et d'argent et autres monnoyes, le tout bon, la somme de dix mil livres cy restant à payer de la somme de dix mille six cens vingt cinq livres cy-contenues en l'obligation faicte au proffit de ladite damoiselle par M. Me Pierre Joubert, scindic gênerai du pays de Languedoc, faisant tant pour luy que comme procureur de M™3 de la Mamie et de Roux Montbel ses collègues, par procuration datlée, et en oultre par ladite obligation passée par devant Sabatier, notaire royal de Montpellier, presens tesmoins, le premier jour d'apvril mil six cens cinquante cinq pour les causes y portées, et la somme de trente neuf livres tournois pour trois sepmaines des interests de ladite somme de dix mil livres escheue au jour de la sommation desdits seigneurs de Languedoc, en date du vingt deuxiesme janvier i665,signiffiéepar Poisonier huissier au Chatelet à la requête de M<= Pierre de Roux sieur de Montbel, sindicq de ladite province, et la somme de sept livres qui ont esté desbourcés pour les frais d'offres de deniers, de laquelle somme de dix mil livres tournois, ladite damoiselle Bejard se tient contente et en quitte Iesdits sieurs de Languedoc, ledit sieur Le Secq et tous autres, et ce faisant, a presantement rendu audit Parquet l'expédition de ladite obligation comme acquittée, sur laquelle et sur la minute d'icelle elle
à Montpellier, registre provenant de Sabalier l'un de ses prédécesseurs. Nous profitons de cette circonstance pour remercier M. Coste de la bienveillance avec laquelle il nous a communiqué ses précieuses minutes.
Pièces justificatives ioq
consent qu'il soit escript et faict mention en sommaire du présent payement par les premiers notaires qui en seront requis à la seule exhibition des présentes, sans que pour ce sa présence en soit requise, ce que ne servira ensemble que d'un seul et mesme acquit ; promettant, obligeant, renonceant.
Faict et passé en la maison où ladite damois.lle est demeurante, l'an mil six cens soixante huit, le vingt uniesme jour de janvier après midy, et ont signé : M. Bejart. Parquet. Le Semelier. De Séjournant '.
Les intérêts des sommes prêtées étaient servis à époques variables et même avec une irrégularité dans l'espèce qui a quelque chose de singulier. Les retards que révèle le reçu ci-dessous ont pu être remarqués dans le récépissé définitif du capital. Faut-il les attribuer à la mauvaise gestion de la créancière ou au manque de fonds dans les caisses du Languedoc ? Cette dernière supposition ne paraît pas la vraie. Les États, par exploit d'huissier en date du 22 janvier i665, donnèrent ordre à Madeleine d'avoir à se faire rembourser2. Comment se fait-il qu'elle n'ait pas procédé à cette opération avant le 21 janvier
1 Archives de Languedoc. États provinciaux.
2. Probablement par suite du remboursement général des rentes ordonné par arrêt du 24 mai 1664 et par la déclaration du 4 décembre même année. Voy. Ormesson, Journal.
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i668, et surtout comment expliquer que le mandat des intérêts échus le 3o janvier 1662 n'ait été payé que ce même jour. 21 janvier 1668, avec six ans de retard ! Déjà l'examen des dates des premiers récépissés permettrait d'accuser Madeleine de négligence1. Cette maladie incurable dite insouciance d'artiste faisait-elle déjà des ravages parmi les fondateurs de la Comédie-Française ?
Nous reproduisons ci-dessous, en manière de spécimens, un mandat et une quittance.
i65g. — ier Décembre.