DU MARIAGE
Il devrait en être du mariage, comme il en était de certaines religions de l'antiquité, sous le respect desquelles rien de quoi que ce fiit qui se passât dans le sanctuaire, ne pouvait être connu que des pontifes, les seuls initiés.
Celui-là s'y entendait, ce semble, qui dit : « Un bon mariage se forme d'un mari sourd et d'une femme aveugle. »
— Un bon mariage est celui qui se fonde, non pas sur les douceurs éphémères de Tamour, mais sur les solides et constants offices de Tamitié. Pour qui le considère sous ce point de vue, le mariage est la condition la plus belle et la plus désirable, en même temps que le contrat le plus difficile peut-être et le plus rare de nos sociétés. Pris, d'ailleurs, sous le rapport de Tintérét général, on ne peut s'en passer, et cependant on ne cesse d'en médire , tant il parait incertain d'y apporter de part et d'autre les qualités qu'il réclame , et de ne pas y rencontrer le plus communément une vie de contrainte et de défiance, de haine et de trouble, de lutte et de tyrannie. En admettant, toutefois, que nous manquions de la force et de la vertu nécessaire pour nous y maintenir constamment dans les limites rigoureuses de notre devoir, au moins ne devons-nous pas laisser de Taimer et de toujours le reconnaître : c'est duplicité , c'est trahison que de se marier sans s'épouser.
— Il y a généralement peu de bons mariages , ce qui tient sans doute au nombre et à la rigueur des devoirs qu'imposent, surtout aux femmes, non seulement les règles de droit écrit, mais encore les principes de morale et de conscience qui s'y réunissent , comme pour faire, de ce traité, la plus sainte et la plus respectable des transactions de la société humaine. Aussi, voyez ce luxe de sanglots redoublés, de larmes intarissables , de cheveux en désordre , de