‹ Études sur Montaigne, analyse de sa philosophieChapitre 66 sur 175 · DES PRIÈRES · texte numérisé non relu

DES PRIÈRES

Qui s'accuse à demi, ne mérite point le pardon de ses fautes : la pénitence demande à se charger.

— La confession libre et franche énerve le reproche et désarme la colère.

— On blâmait Aristote d'avoir été trop miséricordieux envers un méchant homme : c<rai, dit-il, été miséricordieux envers ThommC; non envers la méchanceté. »

— Dieu n'a jamais entièrement abandonné le pécheur : sa miséricorde est infinie; maiS; pour nous

en rendre dignes , il ne suffit pas de prier , il faut surtout nous repentir.

— Qui ne se repent qu'à demi de ses fautes , semble moins près de s'amender que de faillir encore.

— Être dévot et dissolu, prier et ne s'amender point , c'est appeler deux fois sur sa tête la colère de Dieu.

— On ne saurait se donner à Dieu , tant qu'on appartient à Satan.

Dieu n'agrée non plus toutes nos prières , quïl ne protège tous nos desseins et toutes nos entreprises.

— Dieu sait mieux ce qui nous convient ou ce qui nous est du, que nous ne pouvons le savoir nousmêmes ; le souhait donc le plus profitable qu'il nous appartienne de faire entrer dans nos prières , c'est de lui demander ;, suivant l'usage des chrétiens ^ (K Que sa volonté soit faite, »

Page 1