P.R. : particulier au fils
Dieu, nous sommes offerts et sanctifiés. Ce sacrifice se continue par la vie et s'accomplit à la mort^ dans laquelle Tàme quittant véritablement tous les vices et Tamour de la terre, dont la contagion l^infecte toujours durant cette vie^ elle achève son inamolation et est receue dans le sein de Dieu.
Ne nous affligeons donc pas * comme lespayens qui n'ont point d'espérance. Nous n'avons pas perdu mon père * au moment de sa mort : nous Tavons perdu pour ainsi (Mre dès qu'il entra dans l'église par le baptême. Dès lors il étoit à Dieu; sa vie étoit vouée à Dieu; ses actions ne regardoientle monde que pour Dieu; dans sa mort il s'est totalement détaché de ses péchés, et c'est en ce moment qu'il a été reçu de Dieu et que son sacrifice a reçu son accomplissement et son couronnement. Il a donc fait ce qu'il avoit voué^ il a achevé Tœuvre que Dieu lui avoit donnée à faire, il a accompli la seule chose pour laquelle il étoit créé. La volonté de Dieu est accomplie en lui et sa volonté est absorbée en Dieu. Que notre volonté ne sépare donc pas ce que Dieu a uni, et étouffons ou modérons par l'intelligence de la vérité les sentiments de la nature corrompue et déçue qui n'a que des fausses images^ et qui trouble par ses illusions la sainteté des sentiments que la vérité et l'Évangile ' nous doit donner.
Ne considérons donc plus la mort comme des payens, maisconune des chrétiens^ c'est-à-dire avec l'espérance, comme saint Paul l'ordonne, puisque c'est le privilège spé-
1. P.-R. : ne nous affligeons donc pas de la mort des fidèles,,. Dans tout ce qoi suit, P.-R. applique aux fidèles en général tout ce qui dans Pascal se rapporte particulièrement à son père.