VI AVERTISSEMENT
n'a-t-on pas eu tort de mettre en doute jusqu'à sa probité littéraire? Je le crois et, contre les accusations qui m'ont paru injustifiées, j'ai essayé de le défendre.
La troisième et la quatrième études font connaître l'écrivain, les scrupules qu'il apportait à la recherche de la vérité, le zèle diligent avec lequel il corrigeait lui-même ses erreurs, la manière enfin dont il exposait ses découvertes, non sans y mêler parfois ses sentiments personnels et ses opinions littéraires ou religieuses. Mais, en relevant, dans la troisième, les variantes queprésententleséditionssuccessivesduTa6fea^^, ce qui m'a paru le plus important et le plus curieux, c'est d'y voir Sainte-Beuve se dégager de plus en plus des théories absolues et des partis pris de sa jeunesse, pour tendre toujours davantage à l'impartialité. Dans cet unique ouvrage, quatre fois remanié à quatre époques difi'érentes, on le surprend qui s'inocule en quelque sorte le romantisme, s'en imprègne tout entier, puis, peu à peu s'en guérit, pour redevenirce que la nature l'avait fait, un pur critique, d'esprit modéré et juste, également éloigné de toutes les exagérations.
G. Michaux.
Lille, juillet 1904.
V Histoire des Idées littéraires^ d'Alfred Miohiels n'offre peut-être pas le parfait modèle d'une discussion courtoise. Heureux ceux de ses adversaires qu'il se contente d'appeler hommes de routine, critiques sans idées, historiens légers, écrivains superficiels, ou dont il se contente de déplorer Tignorance profonde et la complète inintelligence : ceuxlà sont bien traités ! Des autres, c'est le caractère même qu'il attaque, — en même temps que leur talent, cela va sans dire : il incrimine leur probité professionnelle; il met en doute leur sincérité; il leur dénie toute bonne foi. Gustave Planche est un plagiaire éhonté, devenu illustre « à l'aide de moyens qui eussent discrédité un autre homme » : son manque d'idées, son ignorance, son charlatanisme, son outrecuidance et ses vols^. Nisard est un apostat
i. Histoire des Idées littéraires en France au XIX* siècle et de leurs origines dans les siècles antérieurs. Première édition, 2 volumes in-8» (Coquebert, 2 juillet 1842). Quatrième édition très augmentée et continuée jusqu'en 1861. (Dentu, 1863, 2 vol. in-8».)