PARTIE 0XTD<R
Etain 10,40
Plomb 85,00
Fer 2,05
Cuivre 0,60
Antimoine absence
Oxyde d*é(ain 2.60
Oxyde de plomb 51,00
Acide carbonique 4,00
Acide suUurique 10,00
Arjrile empâtée 26,00
Chaux traces
Ox?de de fer 2,30
Antimoine absence
J'ajouterai que, dans un autre échantillon de plomb, l'argent a été reconnu, comme il arrive d'ordinaire dans les plombs antiques, n'être que dans une très-faible proportion (0,0004). On sait que le procédé de séparation de l'argent du plomb par la coupellation, était connu dès une antiquité très-reculée, ainsi que l'attestent certains passages d<» la Bible et des coupelles découvertes aux mines du Lauriuui.
La pyrite cuivreuse, bien que souvent recouverte par lo cuivre gris, s'est aussi superposée à sa surface, en enduits minces, comme il est arrivé parfois dans les liions. L'ordre de succession des diverses espèces ne parait donc pas avoir été constant dans la source de Bourbonne.
Toutes les causes d'actions électro-chimiques étaient réunies au milieu de ces nombreuses pièces, de métaux différents, qui étaient enfermées dans de l'argile et, en mémo temps, baignées par des eaux chargées de dissolutionssalincs.
L'ensemble de ces actions s'est produit depuis environ seize siècles; mais chacun des dépôts, considéré isolément « peut avoir exigé beaucoup moins de temi)s pour se former; car les actions paraissent s'être déplacées uVec le temps*
G1T£S PLOHBIFERES. 115
c'est-à-dire avoir cessé sur certains points pour se porter sur d'autres.
Les pièces de bronze et de laiton ont, en général, été attaquées par l'eau minérale, mais d'une manière trèsinégale. Quelques-unes ont conservé assez nettement leur relief et même leurs légendes, tandis que d'autres sont tout à fait corrodées; il en est même qui ont été dissoutes assez profondément pour qu'elles soient percées et réduites à des lambeaux minces et déchiquetés. On reconnaît enfin que des centaines de médailles ont complètement disparu, ne laissant que leur empreinte, au milieu des combinaisons sulfurées produites à leurs dépens. Ces différences trèsgrandes dans le mode d'altération paraissent correspondre, non-seulement aux natures diverses des alliages, mais aussi aux situations variées que les médailles occupaient dans l'espèce d'appareil électro-chimique dont elles faisaient partie. Celles qui sont aujourd'hui empâtées dans la brèche à sulfures métalliques ont été particulièrement attaquées, ainsi d'ailleurs que pouvait le faire supposer l'abondance des produits formés à leurs dépens.
Au recensement des médailles disséminées dans la boue du puisard, qui a été donné plus haut, il faut par conséquent en ajouter un très-grand nombre d'autres, certainement au delà d'un millier, qui étaient empâtées dans le conglomérat. Quoiqu'elles aient entièrement disparu, elles sont encore représentées par leurs empreintes ou par des encroûtements cristallisés en forme de rognons ovoïdes et aplatis, qui se sont produits autour d'elles, et qui ont été signalés plus haut (/îy. 5, p. 77).
Les médailles d'argent, même celles qui sont disséminées dans la brèche à sulfures métalliques, n'ont pas été en général attaquées comme celles de bronze ; leur relief est encore très-reconnaissable, à moins, toutefois, qu'il ne soit acçi-
il6 APPLICATION AIIX DÉPOTS NÉTALUFÈRES.
dentellement incrusté de sulfures produits par le bronze dans le voisinage. Cela explique comment Targent, dont on connaît Taflinité pour le soufre, n'a pas été rencontré, à rétat de sulfure, parmi les combinaisons métalliques qui nous occupent. On ne l'y a pas non plus trouvé à l'état de chlorure, comme aurait pu le faire d'abord supposer l'abondance des chlorures solubles contenus dans les eaux ambiantes.
On sait que la galène se reproduit facilement par voie sèche. D'un autre côté, elle est du nombre des minéraux sulfurés que de Sénarmont a imités par voie humide, dans de Teau chauffée environ à 250 degrés; mais à Bourbonne, c'est à une température beaucoup moins élevée qu'on voit cette espèce se produire, avec son éclat métallique et sa teinte bleuâtre habituelle.
L'intérieur des deux tuyaux de plomb, dont il vient d'être question, ne présente que des érosions et pas de dépôts : ces derniers se sont portés au dehors. La phosgénite a également pénétré dans l'intérieur du béton enveloppant le tuyau, et particulièrement dans les vacuoles qui y abondent {fig. 10, p. 84). Il s'y est formé un enduit noir de galène et de gypse, semblable à celui qui a été mentionné plus haut. Quelques cristaux très-petits de galène se sont également déposés sur la phosgénite qui tapisse ces cavités. Enfin le même minéral s*est produit sur une soudure de manchons de plomb avec des tuyaux de bronze {fig. 16, p. 100).
Plusieurs des faits qui viennent d'être exposés montrent combien est grande la tendance des sulfures métalliques à se former, même dans des eaux qui ne renferment pas ce genre de combinaison à l'état normal, et par la réduction des sulfates qu'elles tiennent en dissolution. Une tendance si caractérisée explique comment les minéraux les plus nombreux des liions appartiennent à la famille des sulfures.
GtTES PLOMBIPÈRES. iil
Le nombre des espèces cristallisées ou bien définies, qui se sont formées dans le fond du puisard romain, n'est pas moindre que vingt-quatre, sans compter celles qui, étant restées à Fétat amorphe, sont indéterminées. Toutes ces espèces ont pris naissance les unes à côté des autres, dans un espace très-restreint, d'une capacité de quelques mètres cubes.
L'action des eaux thermales est, en effet, loin d'être uniforme; elle varie non-seulement suivant leur nature propre, mais aussi suivant celle des matériaux qu'elles rencontrent dans leur trajet, et qu'elles peuvent mettre en œuvre, conjointement avec les substances qu'elles tiennent en dissolu* tion. C'est ainsi que dans le tissu du béton, où elles ont engendré des zéolithes, elles ont agi tout autrement que sur les substances métalliques.
Ces combinaisons ainsi accumulées et groupées rappellent, non-seulement par leur nature, mais par les caractères de leurs associations, la richesse en espèces nettement cristallisées que l'on observe dans les gîtes métallifères. Ceux du Banat, par exemple, présentent également la juxtaposition immédiate d'espèces aussi différentes que les sulfures métalliques, d'une part, et, d'autre part, les silicates hydratés de la famille des zéolithes.
Lorsqu'on cherche à introduire la méthode expérimentale dans la reproduction et l'étude des phénomènes géologiques, on rencontre, entre autres difficultés, la brièveté de l'existence de l'homme, si courte en comparaison des longs laps de temps qui ont été mis à contribution dans la formation de l'écorce terrestre. Heureusement des faits, tels que ceux dont il s'agit, viennent suppléer à cette impuissance en constituant de véritables expériences de démonstration, poursuivies pendant vingt fois la durée de la vie humaine.
Grâce à cette durée, nous surprenons le mécanisme indi-
ii« APPLICATION AUX DÉPOTS MÉTALLIFÈRES.
rect par lequel une eau, minéralisée par les sels neutres les plus communs, peut réaliser la synthèse des associations minérales naturelles. Le même fait nous fournit une preuve nouvelle de l'intervention des sources minérales dans le remplissage des filons métallifères de la catégorie la plus nombreuse, ainsi que dans d'autres dépôts des anciennes périodes.
Dans l'exemple de la transformation du bronze que nous avons sous les yeux, il semble que la nature, revendiquant ses droits sur ce que l'industrie humaine avait enlevé à son domaine, se soit plu, par l'intermédiaire de l'eau minérale, à reprendre son bien et à reconstituer exactement tous les minerais de cuivre et d'étain que l'exploitation du mineur lui avait lavis, et d'où les fourneaux du métallurgiste avaient laborieusement extrait les deux métaux constitutifs du bronze.
A Bourbonne, comme à Plombières, c'est très-près de la surface, à moins de huit mètres, que se sont produites des élaborations aussi instructives et si différentes de ce que nous sommes habitués à voir dans nos laboratoires. U leur a suffi pour cela d'une température bien peu élevée, comparativement à celle qui règne plus profondément. D'ailleurs les fortes pressions, dont des expériences spéciales ont fait reconnaître la puissance, notamment dans la décomposition et la reconstitution des silicates, sont à peine intervenues dans ces deux exemples. De quelles actions ne serions-nous pas témoins, s'il nous était possible de descendre plus avant dans les cassures des roches qui servent de canaux d'ascension aux sources thermales I Quoique des obstacles s'opposent à la réalisation de ce vœu, nous constatons chaque jour plus clairement combien doit être important le rôle de Teau, qui imbibe ou traverse les roches, dans toutes les parties de la croûte du globe, et surtout dans les régions où la chaleur
GITES DE PUTINE. il9
terrestre, en atteignant un degré élevé, lui fait acquérir des propriétés de minéralisation particulièrement énergiques.