CHAPITRE III
APPLICATION DE LA MÉTHODE EXPiRIMElfTALÊ A LHISTOIRE
DES PHËNOMËNES tOLt:AIIlQtrB&
EXPÉRIENCES SUR LÀ POSSIBILITÉ D'ûKS mFlLTKUTlOIf CAPlLLAinE AU TRAVERS DES MATIÈRES POREUSES, «AL6RÉ V\E rOBTE COIVTRE-PRESSION DE TAPEUR.
— Chaque jour, dans les grands phénomènes qui sont pour nous la principale manifestation de raclivité interne du globe, on voit se dégager, de la profondeur, des quantités énormes d'eau à l'état de vapeur.
On peut se demander si ces pertes incessantes ne seraient pas réparées, au moins partiellement, par une alimentation partant de la surface, et, s'il en est ainsi, par quel procédé s'opéreraient les inûltrations.
n serait difficile de comprendre que cette alimentation se produisit par des fissures libres; car l'eau, une fois réduite en vapeur, devrait toujours faire retour par les fissures mêmes qui l'auraient amenée à l'état liquide, sans avoir besoin de se constituer des cheminées de remonte spéciales* Ceci s'applique tout particulièrement au mécanisme des volcans, où la vapeur interne possède une tension assez considérable pour pousser des colonnes de lave, environ trois fois plus denses que l'eau, jusqu'à de grandes hauteurs au-dessus du niveau des mers. Il n'y aurait qu'un moyen de rendre l'explication admissible, ce serait de supposer que la fissure d'alimentation, après avoir fonctionné, vient à se
refermer, à s'obstruer, pour se rouvrir plus lard, et quo co mécanisme se reproduit toujours de mémo pour chaque éruption. Mais c'est là un jeu intermittent, difficile à admettre dans la nature.
J'ai donc été conduit à rechercher si l'eau ne pourrait pas s'introduire, par un autre moyen, dans les réservoirs pn>fonds et chauds qui la débitent de diverses manières, et jt^ me suis demandé si elle ne se servirait pas pour cela de Va porosité et de la capillarité des roches.
Les ingénieuses expériences de M. Jamin ont montré Tinfluence considérable de la capillarité sur les conditions do l'équilibre qui s'établit, par l'intermédiaire d'un cot\^ poreux, entre deux pressions opposées.
Mais, dans ces expériences, la température reste la mémo dans toute l'étendue des canaux capillaires. Il m'a |>aru important, au point de vue de l'hypothèse que je vien^ d'énoncer, de rechercher ce qui arriverait, si la température était très-élevée, dans une partie du parcours capillain\ de manière à réduire le liquide en vapeur, et à le faire ain<i passer à un état où il dût probablement se soustraire am lois en vertu desquelles il s'était infiltré'.
Eupérienees. — Dans l'appareil que j'ai construit a M effet (fig. 67), la roche à soumettre aux expériences e>i taillée sous forme d'une plaque circulaire r, de 2 centim«^trp< d'épaisseur sur 16 centimètres de diamètre, et parfaitement dressée sur les deux faces planes. Cette plaque forme le fond d'un petit récipient e en partie rempli d'eau et en communication directe avec l'air libre. D'autre part, elle est sii|»t»r posée à une chambre bien close r, de 2 centimètres de pri>-
* Comptes-rendus, t. LU, p. 125, 1861. Bulletin de la Société géolog^qme.V ^ r.*
t. xvni.