SURFACES POLIES ET STRIÉES PAR SIMPLE ÉCRASEUENT
«piefois acquis les surfaces courbes et striées dont il vient d'être question.
Les cassures et les surfaces cannelées, connues sous le nom de stytolithes^ si fréquentes dans certaines couches calcaires, dans le muschelkalk, par exemple, et qu'autrefois on a considérées comme des vestiges végétaux, paraissent se rattacher à une origine du même genre.
Quant à la cause de l'écrasement, il n'est pas nécessaire de la rechercher dans des déformations de roches ou dans des poussées souterraines. Dans les terrains stratifiés, la charge produite sur une couche de plasticité convenable et le tassement qui en est résulté, par les assises superposées, ont été certainement suffisants, dans bien des cas, pour déterminer le phénomène.
Les conditions nécessaires au succès de l'expérience peuvent donner une idée de la consistance qu'avait la roche, au moment où l'écrasement amenait des effets semblables dans leur intérieur.
Je ferai remarquer ici que des surfaces, naturellement {K)lies et striées, peuvent avoir été produites aussi par des mouvements extrêmement rapides.
Comme on l'a vu plus haut, le tir des boulets sur des blindages en fer en offre un exemple remarquable, lorsque le projectile est animé d'une vitesse de 150 mètres à la seconde ou supérieure. Au moment où le boulet frappe la plaque, la destruction des forces vives donne lieu à des mouvements moléculaires, dont les effets sont souvent d'une régularité très remarquable. Après le choc, le projectile offre, jusqu'à une certaine profondeur, une série d'enveloppes ou de couches coniques parallèles, d'épaisseur sensiblement égales, et qui paraissent avoir glissé, successivement, les unes sur les autres, à mesure que l'impression sur la plaque faisait des progrès. Quant à la plaque
elle a subi des empreintes annulaires, qui sont comin<^ moulées sur les enveloppes de glissement du projectile*. C'est peut-être aussi à un écrasement que peuvent ètnattribuées, dans les roches météoritiques, les surfaces simr> par un frottement énergique, qui y sont extrêmement ftv quenles et souvent très rapprochées.
g 4. STRIES PARALLÈLES, QUE PRÉSENTE FRÉQUEMMENT LA STRFaCK DES DIAMANTS NOIRS, DE LA VARIÉTÉ CÀRBOSÀDO.
Le diamant confusément cristallisé, carbonado ou diamaut noir^ et qui provient de la province de Bahia, au Brésil, so présente en morceaux fragmentaires, ordinairement arrondis par l'usure, dont la surface offre parfois des strie>. Ce caractère, que j'avais d'abord reconnu sur un gros échantillon de la collection du Muséum, du poids de 66 gramice^. s'est retrouvé sur un certain nombre d'autres échantillons que j*ai rencontrés, en visitant les principaux dé{M)s de diamants carbonado de Paris V
D'après la ressemblance de ces surfaces avec celles que V^ frottement a fréquemment développées dans Fintérieur de^ roches, on pourrait penser que de telles surfaces n'avaien: pu se produire qu'à la condition que deux fragments de diamant se frottassent mutuellement, et, de plus, qu'ils fussent fortement pressés l'un contre l'autre.
Ces stries alternent parallèlement avec des traits saillants; les uns et les autres sont ordinairement très-fins (t n'ont souvent que jV^ ,^ de millimètre en largeur.
' Rapport de N. Poncolet tuv un Mémoire de HM. Piobert et Morin — Mimmrt» é' VAradémir deê Sciences, t. XV, p. 56. 1835.
* Stries que présente la surlace des diamants carbonado; leur imilallon, p>r tr. frottement artificiel. — Comptes rendus de C Académie de* Sciences, t. LXIXIV, ^ 1-'^