PREMIÈRE APPARITION
Le surlendemain de l'enterrement du petit neveu de Thérèse, cette dernière entra comme
elle fe fait tousles jours dans ma chambre pour ouvrir mes persiennes ; je lui vis la figure décomposée, les yeux gros et l’air triste. Qu’as-tu donc pour avoir l’air aussi triste, lui demandaije ? Oui, me répondit Thérèse, moi qui dors si bien ordinairement, j'ai veillé une partie de la nuit, mon-grand père et mon oncle qui sont morts sont venus me voir ainsi que mon cher petit neveu, cela m'a toute bouleversée ! j'ai pris Ce pauvre enfant sur mes gencux, je ne pouvais me lasser de le regarder en pleurant! lui, était gai et semblait bien se porter quoique il me paraissait être très maigre, il me disait pourquoi tu pleures, Trez ? Pleure donc pas, suis plus malade, puis il m’embrassait ! Oh que cela m'a fait de mal; en disant ces mots, la pauvre Thérèse avait les yeux baignés de larmes.
Voyons,ma fille, lui dis-je, il ne faut pas t’attrister à ce point ; cet enfant va entrer dans la société des petits anges ; il sera plus heureux qu'ici-bas.Je le sais,monsieur, reprit cettebonne créature, mais je l’aimais tant !
Thérèse, ce mois-ci, a mis quatre des siens en terre ; son père, sa tante et ses deux petits neveux ; il n’est pas étonnant qu’elle soit bouleversée, étant le dévouement et la douceur incarnes.
Voilà donc un petit être qui la paie de retour et qui dans son réveil au monde spirituel s’empresse de venir sécher ses larmes et la rassurer sur son état |
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