‹ Etudiants swedenborgiensChapitre 42 sur 50 · SEPTIÈME APPARITION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME APPARITION

Dans la nuit du 8 du même mois, Thérèse,

eut une apparition de son cousin Bazin, le petit noyé précité, enfant qu’elle n’avait pas encore vu, elle se trouvait revenir de laver du linge à la Seine (où elle ne va jamais), elle portait ce linge sous son bras et se trouva s’acheminer, (elle ne sut comment) vers la porte du cimetière d'Argenteuil; là, elle vit une jeune fille qui vendait des bouquets de fleurs blanches: l’idée lui vint d’en acheter trois pour déposer sur les trois tombes de son cousin et de ses deux neveux qu’elle a perdus cette année, elle discuta du prix avec la marchande, mais elle voulait un bouquet plus gros pour son cousin qui etait plus âgé que ses neveux; à ce moment, ce même petit cousin (le noyé), âgé de onze années lui dit : « Hein Thérèse, voilà pourtant un an aujourd'hui, que je suis parti de la maison! Comment, reprit Thérèse, un an? Oui, juste aujourd'hui,repritson petit cousin venu là sans qu’elle l’eùût demandé! En ce moment on sonna Thérèse qui, se réveillant, resta avec le souvenir de cette vision qu’elle nous raconta en nous voyant, étant encore sous l'impression que lui avait causée cette scène !

Nous demandons à tout étudiant de bonne foi ce que nous devons penser de cette derniere vision ?Il est vrai qu’il y avaitjuste un an que ce pauvre enfant s'était noyé! Thérèse s’enressouvint dans la journée; elle dit l’avoir vu bien portant et gai, habillé comme il l’était au moment de l’accident.

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Nous demandons comment cet enfant se souvient-il de cette date avec tant d’exactitude ?

Qui a prépare cette scène, commençant à la rivière et finissant au cimetière?

Qui à parlé par la bouche de cette marchande de bouquets, qui après un certain débat, cède ses trois bouquets à Thérèse pour la somme de 1 franc?

Qui à parlé par la bouche du petit noyé, si ce n’est lui-même ?

Dira-t-on que c’est la dormeuse? ce serait lui accorder un pouvoir mystérieux des plus incompréhensibles; car, par cette proposition elle discuterait avec elle-même en débattant un prix qu'elle ne veut pas accepter, puis en faisant dire à son cousin des choses qu’elle ne connaît pas : etenle créant même de toute pièce, ce dont elle ne saurait plus faire que nous, ceux qui se rejettent ainsi sur le pouvoir de l’imagination, pour expliquer ces visions, agrandissent au contraire le champ de l’incompréhensible au lieu de le combattre.

La solution que nous cherchons n’est pas facile à obtenir, même pour les plus perspicaces des hommes. Nous voilà devant sept apparitions qui, chacune, viennent à leur à part, appuyer la question de l’existence d’outretombe.

Dans la première, Thérèse qui dort si bien ordinairement, est troublée dans son sommeil par l’apparition de son grand-père et de son

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oncle qui accompagnent son petit neveu, pour lui montrer sans doute, qu'il est comme eux, ei avec eux heureux bien portant. Get enfant veut consoler sa tante, en lui disant de ne pas pleurer, et qu’il n’est plus malade. Si Thérèse, poursuivie par la pensée, par l’image de son neveu, se trouvait être à nême de le voir dans cette image encore toute fraîche imprimée dans ses yeux, elle ne la verrait que comme elle s’est imprimée en elle, et non accompagnée de celles de son grand père et de son oncle qu’elle ne désirait assurément pas voir en ce moment. Elle ne se dirait pas par la bouche de cet enfant: ne pleure pas Trez, j'suis plus m1lade! Elle qui les croit morts, et par conséquent ne parlant plus, admettre une telle faculté de création d'êtres, par le seul secours de leur image et de leur donner la puissance de la parole, qui est le fruit de la pensée et de l’appréciation, c’est trancher en Dieu la question, c’est créer une immortalité d’un autre genre, qui ne le cède en quoi que ce soit à celle naturelle que nous supposons exister. Ge serait admettre deux êtres dans un, dont l’un serait le créateur de tout ce que l’autre prendrait pour être le fait de sa volonté, dont l’un tromperait continuellement l’autre, en troublant son cœur par des choses qui réjouiraient 12 sien. Ge se- "ait non annuler le merveilleux de ces choses, mais le doubler!

Dans la deuxième apparition, Thérèse se

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trouve être couchée dans une chambre que ses parents ont habitée il y a seize ans, chambre conservée, telle elle était alors. Où se trouve être cette chambre? L'on répondra qu'elle se trouve dans la mémoire de la voyante. S'il en est ainsi, tout ce que nceus voyons et entendons dans notre existence, existe en notre mémoire aussi éternellement que possible, mais, demanderons-nous, pourquoi les deux neveux de Thérèse se trouvent<ils être couchés dans cette même chambre auprès d'elle; endroit qu'ils n’ont jamais habité? Qui les a placés ainsi tous les trois dans ces lieux, et en plus, comment Thérèse peut-elle donner le sein à un enfant qu’elle n’a jamais allaité, puisqu elle est fille ? Si c’est elle qui crée ces choses, pourquoi en est-elle surprise et ne sait s’en rendre compte? Pourquoi ne se parle-t-ellé pas par la bouche de son neveu, comme il l’a fait la la dernière fois ?

Oh! vous qui voulez expliquer les rêves et les visions de tout ordre,en les disant être le fruit de l'imagination : Est-ce qu'une telle imagination créatrice ne nous semble pas être merveilleuse ? est-ce qu’elle ne vous invite pas à l’étudier et à la mieux connaître, car il y a, en effet, création d’un sens ou de l’autre? le pourrez-vous jamais ? ne regardez donc pas ces créations comme étant des nullites pour votre éducation. Sachez que vous vivez dix heures sur vingt-quatre dans ce sanctuaire créateur où

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ces créations nocturnes sont aussi vivantes ef permanentes que celles du jour : elles sont plus permanentes même, puisque votre mémoire peut vous les représenter en tous les temps.

Dans la troisième apparition, Thérèse voit son neveu habillé comme il l'était sur la terre, ila repris sa bonne mine, il marche devant elle, mais il ne lui parle pas, pour ne pas la faire pleurer, sans doute, comme il l’a fait précédemment, en lui disant qu’il se portait bien? Pourquoi, si cette apparition n’est qu'un souvenir du passé, n'est-elle pas complétée par la parole ?

Nous ne pouvons douter que par ces visions différentes en elles-mêmes, on veut convaincre la voyante, que ce qu'elle voit est bien une réalité, en ce qu’elle subit et ne domine pas ces choses.

Dans la quatrième apparition, la scène change du tout au tout. C’est de l’inattendu. C'est une camisole qui délie la langue de l’enfant, qui veut s'approprier ce vêtement à son profit. Qui penserait composer une telle scène qui n’a jamais existé, et qui, par conséquent, ne peut être la rémémoration d’un fait qui n’a pas eu lieu, et qui, en lui-même, ne présente d’autre intérêt que de nous prouver la réalité de ce genre d'existence.

Dans la cinquième apparition, c'est une autre complication : c'est le père des enfants qui les présente lui-même à Thérèse, dans quel

état les présente-t-il? Le plus jeune est bien traité, mais le Benjamin de la voyante est dans un état dégoûtant de saleté, à la faire s’éloigner de lui. Veut-on, par ce tableau, combattre sa préférence, ou apaiser ses regrets, car ils sont vifs, ou veut-on doubler son inquiétude sur le sort de cet enfant? ce qui serait inhumain. Gette vision ne peut être regardée comme étant une création de son imagination assurément, car ellene placerait pas son cher neveu dans cet état!

La sixième apparition, c’est l’esprit de la bonne Annette qui, comme nous l'avons dit, aimait tant Thérèse, qu’elle s’est attachée à elle après sa spiritualisation, à un tel point, qu’elle prétend entrer en elle, et ne faire qu’un seul corps avec le sien. Chose difficile à admettre, et non moins difficile à expliquer. Cette apparition est pleine de mystère et de consolation pour ceux qui regrettent les leurs. Nous ne nous étendons pas sur ce genre de possession conventionnelle des corps matériels par les esprits. Gette question ne doit pas être rejetée avant une étude approfondie.

La septième apparition nous offre un nouvel ordre d’études à faire, c’est un enfant qui n’est pas encore apparu à Thérèse, qui vient lui dire que yoilà juste une année aujourd'hui qu'il est parti, ce qui se trouve être exact, cette vision compliquée de la scène du cimetière, de l’achat

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