ART DES
glomération, dispensaire ou petit hôpital, des appareils de fortune, d'un prix de revient minime, et susceptibles de rendre Îles plus grands services, à l’égal de ceux qu'ils rendirent pendant la campagne.
Les multiples applications dont ces appareils improvisés lurent l'objet sont également réalisables en temps de paix auss! bien, mieux même, qu'en temps de guerre. Le parti que nous avons pu tirer de notre étuve en maintes circonstances peut être une indication pour l'utilisation en tout temps et en tous lieux de semblables appareils.
Durant les hostilités, le nombre restreint d'appareils portatils à désinfection dont il disposait mit le Commandement dans l'obligation de remédier à cette pénurie, divers modèles faciles à réaliser furent ainsi recommandés.
Avant pu noter les principaux de leurs défauts, dès notre arrivée au Laboratoire Central de Bactériologie de la Région où nous venions d'être affecté après notre évacuation du Front, une de nos premières préoccupations fut de doter les Eléments de l'Avant d'un appareil susceptible de rendre tous les services qu'on était en droit d'en attendre, tout en restant simple, pratique, facile à construire partout avec peu de chose, pour un prix modique.
Le problème ainsi posé fut résolu et, chargé de mission dans les Camps d'instruction, nous pûmes constater que nos appareils possédaient les qualités désirables et répondaient à tous les besoins.
Un peu plus tard, avant demandé à retourner sur le Front nous fûmes aflecté à un Groupe de Brancardiers Divisionnaires, puis à une Ambulance d’une Division volante qui fonctionnait la plupart du temps comme Poste avancé d’ambulance et d'où nous étions détachés dans les Corps suivant les besoins du Service. Tant dans un Bataillon de Chasseurs à pied qu'à l’Etat- Major de la D. I. nous fûmes à même d'adapter nos appareils
aux divers milieux des Unités de combat durant les attaques du Chemin des Dames, les batailles de la Somme, d'Argonne, du Soissonnas, des plateaux et du Moulin de Lafjaut, de Laon et de la Vesle.
En conjuguant notre étuve avec certaines installations hydrothérapiques appropriées nous avons pu créer des Centres de désinsectisation qui ont continué de fonctionner après le départ de notre Division.
Une légère modification nous permit même de l’emplover pour désypériter les vêtements des hommes qui avaient eu à subir un bombardement par ce gaz ou même simplement à traverser des zones dangereuses encore imprégnées de cet engin chimique.
Nous pouvons affirmer que, sans conteste, l’appareil par nous imaginé a rendu les plus grands services aux troupes françaises et aux armées américaines tant à l'arrière immédiat des premières lignes que dans maints Centres de l’arrière et de notre Territoire.
Si nos étuves ont eu le mérite d’être utiles durant la guerre, elles sont appelées à rendre également des services appréciables durant le temps de paix, et nous serions trop heureux si, à ceux qu’elles ont rendu pendant la campagne, s’ajoutaient encore ceux qu’elles sont susceptibles de rendre chaque jour à la population laborieuse de nos petites Villes et de nos campagnes, pour le mieux-être de l'Humanité.
Puisse l'Avenir nous dispenser des horreurs de la Guerre, puissions-nous ne pas revoir de semblables carnages, puissionsnous ne plus avoir à dresser nos étuves à l’orée d’un bois pour tenter d’alléger les souffrances de nos frères touchés par les gaz meurtriers, puissions-nous voir enfin se lever l'aube de la grande Fraternité, Fraternité des gens, Fraternité des Peuples, et se réaliser enfin le désir du Christ: «Aimons-nous les uns les autres!»
Vu, le Président de thèse: Vu, le Doyen:
Pr. MERKLEN André FORSTER Vu et permis d'imprimer, le Recteur de l'Académie de Strasbourg Président du Conseil de l’Université
Le J. LRESCH