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Etymologies basquaises

La question des origines de-la langue basque et de sa parenté avec d’autres idiômes soit de l'ancien, soit même du nouveau monde, constitue, sans doute, un des problèmes les plus ardus que nous offre la science philologique.

Aujourd'hui, la plupart des savants s'accordent à reconnaître que l'ensemble de sa structure grammaticale offre une physionomie que l’on peut appeler américaine, c'est-àdire qu'elle semblerait se rapprocher de certains patois de Peaux-Rouges, plus que de tout autre langage connu. Sans doute, les ressemblances signalées jusqu'à ce jour offrent quelque chose d'assez vague et ne rappelant que de bien loin celles qui unissent par exemple, le sanscrit au gothique ou l’hébreu à l’éthiopien ; mais enfin, on ne saurait nier qu'il existe un assez grand nombre de caractères communs et dont nous nous bornerons à rappeler brièvement 1c1 les principaux ; par exemple, la fréquence du procédé dit holophrastique dont on ne retrouverait que d'assez rares exemples dans les idiômes sémitiques ou indo-européens, et qui consiste dans l'union de deux ou plusieurs composants au moyen de l'élimination de l’un des éléments radicaux ; citons par exemple, le Mohégan (dict. de la nouvelle Angleterre) kttagichgouk, epèce de serpent nocturne, de kïtamen «craindre»; gichouh « soleil » et achgouk « serpent »; le groënlandais aulisariartorasuarpok. « I se hâte d'aller à la pêche », de aulisar « pêcher », peartor « être en train de faire » et pinne- Suarpok «il se hâte »; le basque wmerri « nouveau né », littéralement « enfant nouveau » de ume « infans » et berri « recens, novus ». — L'usage constant d'accoler au verbe le pronom régime qui n'existe dans les dialectes sémitiques et même dans certains dialectes ougro-finnois qu'à l’état rudimentaire, tandis qu'il reçoit son développement le plus entier en basque et chez certaines tribus de Peaux-Rouges. — L'existence de deux paradigmes de conjugaison bien dis-

un sens transitif ou ‘intransitif, procédé dont on ne Do pour ainsi dire, que des traces à peine sensibles dans les autres langues de l’ancien monde. Du reste, ce mode de traiter le verbe s’est conservé même dans certains dialéctes …— du Centre-amérique ; ainsi le Quiché dira, en employant le pronom possessif ca nu logoh «je l'aime », littéralement « nunc meum amare» et avec le personnel qu'in logon. « j'aime », d'une façon abstraite et indéterminée; de même en basque yaten dat «je le mange», Httéralement « in manducatione habeo hoc >», avec l’auxiliaire duf « je l'ai » pour le transitif, et ethorthen naiz « je viens », littéralement 2% actione veniendi sum, avec l'auxiliaire naïz «je suis», pour l'intransitif. — L'absence de verbe véritable, et spécialement de verbe étre, dans un précédent travail (voyez Actes de la Soctété philologique, t. VIIT, Mélanges sur la langue basque), oi nous nous sommes efforcé d'établir que les auxihaiïres du a basque ne contiennent pas de racine verbale proprement dite, que naiz ou niz « je suis» constitue simplement un médiatif pronominal et signifie Littéralemement « per me ».

Quant à wkhan « avoir », c'est le locatif d'une vieille é forme wukha « la main » et il conviendrait de le rendre par = « in manu. » De même, dans les langues des sauvages du Canada, le verbe être fait tellement défaut que l'on n’y peut rendre la phrase biblique « je suis celui qui suis. » — En outre, comme conséquence du peu de distinction entre les différentes parties du discours, beaucoup de formes grammaticales, spécialement celle du futur se peuvent joindre aussi bien au nom qu’au verbe ou à l'adjectif. Enfin, la pré position se trouve en basque et dans la plupart des dialectes du nouveau monde, remplacée par la postposition, mais ce caractère, on le sait, existe également dans les dialectes nN Tartares et Ongro-Tinnois. ie

À toutes les affinités déjà signalées, nous pouvons, ce. semble, en joindre d'autres et plus probantes à notre avis, c'est la ressemblance étroite de certains pronoms personnels … en basque, dans les langues de la famille Algique (Algonkin, Delaware, Cri), et ce qui est bien plus étrange encore, dans. celles de la famille Chamitique (Berber, Egyptien, Nouba). Bornons nous à quelques exemples.

Basque dialectes Canadiens Chellouk (du Maroc.).

jp. Ni | Ni, n Nek

Tu Zi (pour ki Ki, k Ki forme primitive)

IL Nékhama Nétham.

Nous serions disposé à attacher d'autant plus d'impor-

tance à ce rapprochement, qu'en définitive, les pronoms sont

la partie du langage qui se modifie le moins. C’est surtout l'étude comparative de leurs pronoms restés aujourd'hui encore presqu'identiques de part et d'autre qui a surtout amené les philologues à admettre un lien de parenté, bien que fort éloigné entre les familles.de Cham et de Sem.

Quoiqu'il en soit de cette communauté possible d'origine entre le basque et les dialectes Canadiens d'une part; de l'autre, les langues du nord de l'Afrique et de l'Asie occidentale, nous n'oserions inférer, comme nous avions été tenté d'abord de le faire, que les montagnards pyrénéens soient arrivés dans leur séjour actuel en traversant le détroit de Gibraltar. Certains faits sembleraient de nature à faire supposer que la nation basque, à une époque fort ancienne, sans doute, vers la fin de l’âge de la pierre polie, habitait la région comprise entre l'Oural et le Caucase, sur la rive gauche de la Caspienne. Nous voulons parler de la ressemblance entre les noms d'un certain nombre de noms d’animaux tant en basque que dans les dialectes Ougro-Finnois et le Géorgien; citons les exemples suivants :

Basque. Achéi, atchéri, achari « renard » — Ostyak wakshar.

Basque. Katardé « écureuil », le de final est ici une simple désinence, ayant souvent un sens augmentatil — Ostyak kouthyar « polatouche, écureuil volant >» — Vogoule kassyeré. |

Basque. Suge « serpent »; Esthonien siug Ostyak-[énisséien Thieg.

Basque. Ora « chien » probablement pour pora ou bora, comme le prouverait l'espagnol Perro. Le labiale imtiale sera tombée comme il arrive parfois en basque; exemple Ile, ule ou bilo (suiv. les dialectes), « cheveu » du latin pilus. — Turk boûre « loup » — Soyote pur « loup » —

… sa pis extérieure.

Basque. sagu « souris », — géorgien {hqgwi.

Ces mots auxquels nous aurions pu en joindre quelques

0. uns encore, et de non moins importants appartiennent à une.

nn série bien déterminée et c'est ce qui nous semble leur donner

mn une valeur incontestable comme termes de rapprochement.

47 En tout cas, les basques ne semblent avoir eu connais- …

__. sance des métaux que par suite de leur contact avec les

. populations indo-européennes, spécialement celles ne |

a slavo-germanique; ce qui tendrait à le prouver, cest la res

: semblance du basque silhar « argent » avec les termes .

correspondants Tsérebro du russe; Srébro du polonais;

| Sirabras du lithuanien; Suber de l'allemand; Silver de

A etc. Tous les autres noms de métaux sont ou latins

PU on romans, tels que Ure « or » ; Cobre « cuivre», a

tion de Burdin « fer » qui paraît sémitique, mais nest entré

dans la langue qu’à la suite de relations avec les Phéniciens

2 ou Carthaginois et de Berun « plomb » dont l’origine semble

ue bien obscure. Au contraire, le vocabulaire accuse des rémi- ”

Se niscences évidentes de l’âge de pierre; par exemple, dans

. Aizkorra « hache » ; littéralement « pierre levée, pierre en

Fa haut » — Aistto « couteau », littéralement « petite pierre ». Se Les instruments primitifs étaient donc faits en silex.

ue Peu avant cette époque, les basques, qui jusque là vivaient

de chasse ou de pêche, ont du recevoir de tribus calice

la connaissance des animaux .domestiques (une espèce de

chien exceptée). Aucun des noms de ces animaux, pour.

ainsi dire, ne semble d'origine indigène chez les montagnards.

pyrénais. Lorsqu'ils ne sont pas pris du latin comme ari

«mouton» cf. latin aries ou aux dialectes romans, tels.

que Urde « porc » du vieux français ord « sale » ou marro .

« bélier » du provençal marrou « mâle », ils accusent un

“ emprunt fait aux idiômes gaulois ou parfois germaniques;

par exemple Zdi « bœuf » ; en viel Ibérien Zdu, cf. le gallois

se ou cornique Zidionn — Akher « bouc»; cf. irlandais agh. | du « biche », écossais aighe. Zakhur « chien de grande taille CR

APR RUE cf, irlandais Sagh « chienne », rapproché par M. Pictet du Sag « chien » en persan — Potso « chien »; cf. armoricain

püzé «chien de chasse» ; peut être apparenté au pesu «chien»

du russe; en polonais pes ; en allemand petze « chienne »— Bargo « porc châtré » ; cf. anglo-saxon bearg « porc »; viel haut allemand farkel « porcellus ».

Toutefois avant d'occuper l'extrémité sud-est de l'Europe, la tribu basque vivait sans doute de l’autre côté de l'Oural en compagnie de peuplades congénères qui devaient plus tard fournir au nouveau monde tout au moins, une partie de sa population. On ne saurait douter en effet, qu à une époque relativement fort ancienne, une race de véritables peaux rouges nait occupé la Sibérie et l'extrême orient. Aujourd'hui encore, au dire d’un savant ethnographe russe, les Yakoutes des bords de la Léna qui parlent un dialecte ture, sont restés absolument américains par le type. Les collectionneurs japonais qui, à l'exemple de nos géologues d'Europe, recueillent les instruments de pierre de leur pays, ont été frappés de la ressemblance qu'ils offrent avec ceux dont se servent actuellement encore les Indiens de la côte nordouest de la nouvelle Bretage. On retrouve, encore fréquemment dans le sud du Japon, des figures qui n'ont rien du type caucasien, encore moins du type mongol. Par leur nez gros et recourbé, leurs mâchoires excessivement massives, la teinte cuivré de la peau, elles se rapprochent de celles de ces mêmes Indiens du nord-ouest. Enfin, toutes les tribus de race Athabeskane ou Denné-dindjé qui habitent entre le Mackenzie et les montagnes Rocheuses se rappellent fort bien être venues de l’autre côté de la mer, en sautant de glaçons en glaçons, c’est-à-dire, sans aucun doute d'Asie, par l'archipel des Aléontiennes. Ils fuyaient la tyrannie d'une race d'hommes-chiens qui tenait leurs pères dans un cruel esclavage. Or, précisément la plus grande partie des nations de race mongolique qui habitent l'extrême orient (Aïnos, Kirghizes, Miao-tsés, Péguans) se vantent d'avoir eu pour pères des chiens ou des loups. Le sens de la légende semble donc facile à expliquer. Les Indiens cuivrés furent refoulés du nord de l'Asie dans le nouveau monde par l’invasion des populations mongoles ayant le chien ou le loup pour Totem où emblème héraldique.

mettre un ea de parenté ne les a et les a de l'Afrique septentrionale. On aurait quelque lieu de: sup= ï

LS

poser que les derniers ont, à une époque bien ancienne,

habité le nord-ouest de l'Asie. Un travail de comparaison. lexicographique entre le vieil égyptien et certains dialectes |

samoyèdes ou ougro-finnois nous avait permis de constater la ressemblance vraiment surprenante de certains mots pris parmi les plus usuels et les plus importants. Malheureuse-. ment, le temps nous a manqué pour le continuer et c'est là un sujet sur lequel nous n'avons pas à nous étendre 11. Viendra t-on au nom de l'anthropologie contester la parenté possible du basque avec les dialectes canadiens? Sans doute, le type basque n'est point aujourd'hui celui du Peau- Rouge, mais ne faut-il pas tenir compte de l'influence des croisements’ et jusqu à un certain point, de celle des milieux. Les tribus de la rive droite de la Léna offrent des traits. mongoliques ; celles de la rive gauche appartiennent physiologiquement au rameau caucasien. Les unes et les autres néanmoins parlent des dialectes de la langue samoyède. Pour nous résumer, voici de quelle façon nous serions tentés de dresser ce que l’on pourrait appeler l'arbre généalogique de la nation basque actuelle. Si nous nous sommes permis quelques hypothèses, prions le lecteur de nous les pardonner.

1° À une époque prodigieusement reculée, la tribu de laquelle devait descendre à la-fois Basques et Peaux-Rouges de l'Amérique du nord, Chamites et Sémites, vivait à l'état encore sauvage dans les régions du nord de l'Asie occidentale. :

2° Une scission s'opère à la suite de laquelle les aïeux. des races communes, Chamite et Sémite se séparent des Vasco-Américains, pour arracher à des tribus peut-être négroides l'empire des régions arrosés par le Tigre et lEuphrate, plus tard celui de la Syrie et du nord de l'Afrique: 3° Cependant la race Vasco-Américaine qui n'avait peutêtre dépassé l’âge de la pierre taillée se trouve en contact avec des tribus de race turco-mongole. Celles-ci avaient déjà commencé à domestiquer le chien dont elles firent leur Totem où emblème de Tribu. L'emploi de cet animal commence par suite à être connu des ancêtres de la race basque.

A r = À 4 + L , ; 1 ) ? À » UP Mrs Tate | (2

\ : $ mit z \ —— Etre

40 Vers les débuts de l’âge de la pierre polie, les peu-

plades turco-mongoles envahissent la Sibérie. Les tribus de

peaux rouges sont, lesunes, refoulées dans le nouveau monde,

comme les Canadiens et les Denné-Dindjés, les autres, à l’ouest de l'Oural, comme les Basques. D’autres enfin, ainsi que les Yakoutes continuent à résider dans leurs foyers, mais perdent l'usage de leur langue pour adopter celle des nouveaux immigrants.

9° Les ancêtres de la race vasconne rejetés dans le sud de l'Europe orientale s'y trouvent en contact avec des peuplades d'origine géorgienne ou ougro-finnoise à la langue desquelles ils font des emprunts. C'est là qu'ils continuent à résider jusqu'au début de l’âge de bronze.

6° Alors, une poussée des peuples indo-européens force les Vascons à fuir, mais après avoir reçu des conquérants la connaissance de l'emploi de plusieurs métaux, de plusieurs animaux domestiques et sans doute aussi quelques rudiments d'agriculture.

7° Les Vascons parcourent toute la région moyenne de l'Europe, traversent les régions occupés par les populations déjà sédentaires et agricoles de l’âge de la pierre polie et finissent par se fixer sur les bords de l'Atlantique, en Aquitaine et dans ie Nord de l'Espagne.

8° Les envahisseurs gaulois ne tardent pas à les y rejoindre et, sans doute, à leur enlever une partie de leurs nouvelles conquêtes.

L'idiôme des Gaulois exerce sur celui des Basques une influence qui semble avoir été assez considérable.

9° Plus tard arrive la conquête romaine, celle des barbares de race germanique et le Basque ne demeura plus en vigueur que dans la région actuellement appelée le Guipuscoa.

10° À l'époque mérovingienne, les Vascons semblent vouloir se venger des invasions par eux subies et devenir conquérants à leur tour. Ils occupent les régions aquitaniques, jadis possédées par leurs pères. C’est d'eux qu'elles prennent le nom bien connu de Vasconie ou Gascogne, et l’usage du Basque se répand de nouveau dans les pays de Navarre, de Soule et de Labourde.

11° À partir de ce moment, l'idiome vascon qui n'eut pas

Pa

de monuments écrits avant l'époque de la en ne fait

plus guères que se défendre plus ou moins péniblement contre l'intrusion des dialectes d’origine néo-latine. Protégé … par les patois gascons qui lui servent, pour ainsi dire, de . tampon, le Basque résiste plus Te en France qu’en . ; Espagne, où il se trouve en contact immédiat avec la langue

officielle.

12° Un phénomène fort curieux d'extension et de conquête philologique, c’est celui qui se produit en ce moment de

l'autre côté de l'Atlantique. Le Basque est devenu, assuret-on, la langue courante de deux villages des environs de

Buenos-Ayres où tant de montagnards pyrénéens se rendent pour chercher du travail et des moyens de subsistance, et il est permis de supposer que les ethnographes et linguistes futurs auront à signaler une nouvelle Vasconie sur Les bords de la Plata, tout aussi bien qu'un nouveau pays de Galles sur les rives du Rio Chupat en Patagonie.

Tout ceci nous permet de juger combien serait ntéres au point de vue historique, un bon travail étymologique sur la langue basque. Malheureusement, lentreprendre ne laisse pas que d'être unetâcheardue.[ln'existe, pour ainsi dire,aucun monumeut de cet idiôme remontant à plus de quatre siècles. Pour les époques antérieures, on en est réduit aux maigres renseignements fournis par quelques noms de lieux ou d’hommes que l’on rencontre dans les géographes de l'antiquité,

sur les chartes du moyen-âge ou gravés sur les vieïlles mé= dailles ibériennes. De plus, l'idiôme en question, dans le cou=

rant de sa longue existence, s’est trouvé chargé d'éléments

étrangers à un point que l’on ne saurait imaginer et à, pour

ainsi dire, plusieurs fois renouvelé son vocabulaire. Les lois phonétiques elles-mêmes se sont altérées et ont perdu ou modifié leur caractère primitif. Espérons que toutes les

causes réunies rendront le lecteur indulgent pour la petite

esquisse que nous allons avoir l'honneur de lui soumettre ici. … Gertha «trouver » n’est, sans doute, que le latin quaerere.

Cf. le vieux français querre, avec adoucissement du 4 ou g.

en g, comme dans Gerezi, «cerise» — Gartha-dembora « Quatre temps », et adjonction de la finale locatife éa ou ha, Aïnsi gertha pourra se rendre litt. par «en cherchant ».

Le D entre deux voyelles est parfois euphonique en :

Be y #:£ EUR : D CT AUre SD PRIE 6 SRE 7 MR TN D SE SA EME ES 5 Mer Shane D EP A TEA DA cr Rec EAVS LL

SM

basque, et tient la place d’une consonne disparue; exemple : Abostu «le mois d'août» Cf. latin Awugustus; Esp. Agosto — Nagusi, Nausi et Nabusi (suiv. les dialectes) le maître — Pharabizu « Paradis. » Cf. Esp. Paradiso; Portugais Paraiso. En Castillan, le d entre deux voyelles qui disparaît normalement chez les Portugais et les Andalous, a une tendance à s’effacer. On dit ‘aussi souvent el Prao que el Prado.

Le double z du Basque se transforme d'ordinaire en #z. Ainsi, de Æz zen «il n'était pas, » on a formé Ztzen. Nous retrouvons un exemple du même phénomène dans Ninizan. « J'étais» pour Niz-zan. Ceci prouve, par parenthèse que cette forme résulte bien, comme nous l’avions supposé, de niz «sum» Ou plutôt «per me» et zen ou zan « defunctum, defuncta res. »

Souvent un # euphonique s'intercale devant le #3. L'on en a un exemple dans Ninétzan et un autre, dans Mintzoa « parole» pour mihi-otzoa, litt. « bruit de la langue. » Il est probable même que le souletin Phunzel se prononce, en réahté, comme s'il y avait Phuntzel.

Zafla, «battre, frapper» Cf. le français sabouler ?

Zahagi « Outre » ne serait-il pas pour Saco-ki, litt. « Sacco simile ; » sicut saccum, avec ha intercalé, comme dans À hari, « bélier» du latin aries? Esp. Saquillo « petit sac. »

Zaya « Jupon, » Esp. Saya «Jupe de dessus, robe.» Le: S Castillan devient, comme l’on voit, assez souvent + en basque.

Zathi, « partager, diviser.» Esp. Zato « morceau de pain» (diminutif zatico).

Zilo « Trouer » Esp. Silo «cave» d’où le fr. Silo.

Zola « Partie inférieure du corps.» Cf. fr. Sol; Esp. Solar.

Zoba « Souper ; » Esp. Sopa.

Zume «Osier » est, évidemment, un composé du radical indi que zur «bois, arbre : » forme primitive probable zw, et d prétendu adjectif me «fin, délié» qui pourrait bien n'étré que le substantif Ume, Hume « enfant, » avec le sens primordial de «parvus.» Zume serait donc «le petit arbre, le petit bois. »

Zurratu «frappé violemment; » Esp. Zurra « fouet, courroie, bastonnade. »

Zorro «sac de cuir; iv Ep. A

or » eee Fe Zurrunga toner = CE Hs. Zona pin, » avec la finale £a ou ga ee. “après, » ltt. 4

Zampha « ment ? »

« mule, bête de somme» d'où le He. zamari « he il somme » et peut-être aussi le hongrois Czamar « âne » | Zango, Chango « jambe », cf. Esp. Zanco « échasse dial. des Landes Chanque, du grec Gayan « échasse Jar l'intermédiaire du bas-latin.

Z0z0 « merle, sot » ; Esp. soso « fade » |

Zugan « cave à vin »; Esp. sotano (cave souterraine)

Zamar « taie blanche sur la cornée, nuage léger »; ] chamarra, zamarra «vêtement de peau de mouton sa laine »

et yunto «joint »; et yunio « joint ».

Esp. Yunta « couple, paire, age

donner, plaisanter ». ii Yende « personne »; Esp. Gene gens, personne, vidu ». Le £ après un n se change en d, comme dans « montagne »; Ælefandi « éléphant ». # Yos « coudre », Esp. coser »? Le c initial se serait formé en y.

Rs

Yestu « geste, grimace »; Esp. gesto.

Usanza « habitude, usage »; Esp. Usanza.

Urin « graisse »; Esp. Orin « tache, rouille ».

Oxo « loup »; Esp. Oso «ours »?

Urgullu « vanité »; Esp. Orgullo. Le uw initial basque répond parfois à un o castillan. Voy. Urin.

Uste « croyance, croire »; étym. incertaine. Esp. osar « imaginer, oser » — Te est un explétif. Peut-être Uste représente-t-il la forme participeille, prise substantivement osado, osada, à moins que l'on ne veuille le rattacher à l'espagnol ofear « épier, observer ».

Teri, Tegi « demeure, gîte », Breton, Ti « maison »; Irlandais, Tig. Le g entre deux voyelles est sujet à tomber en basque, ex. : Nagusi et Nausi « maître », cf. Ethiopien Wequsch « empereur »; Arabe, Nedjaschi — Aostu et Agostu ou Abostu « le mois d'août ».

Oin, Huin « pied >; Esp. Uñas « corne du pied ».

Urkha « pendre >»; Esp. Horca « potence, fourche ».

Urri « lent », Urriki « à regret, avec lenteur »; Esp. arrepentimiento??? |

Urra, déchirer de la toile, arpéger; Esp. rasgar; fr. arracher 222

Unda, prodiguer, gaspiller ; Esp. Hondo « profond, bas »; Lat. profundere, profusio; Fr. fondre.

Urrun « loin » et Hurbil « près, proche » paraissent formé de Horra « voilà » pour Æorira, litt. « ad illud». Dans Urrun, nous trouverlons la finale génitive n ou en, avec transformation de e en « par suite d’une sorte d’écho vocalique dont le basque nous offre plusieurs exemples. Le génitif luimême pris dans un sens analogue à celui de l’ablatif latin aurait une valeur négative. C’est ce qui a lieu dans les langues d'origine latine pour certains mots formés au moyen des prépositions de et ex. Quoiqu'il en soit, le basque nous offre le mot lerden « svelte » que nous rattachons à l'espagnol lerdo « lourd » du latin Zuridus, mais auquel la finale génitive

dont il est muni, donne un sens tout opposé. Urrun avec

chute du À initial, fait assez fréquent, signifierait litt. « ex illo » et, par suite, « loin, au loin ». Quant à Æurbil qui à conservé le 2 initial, 1l est formé également du pronom Hori et du mot bi7 signifiant « réunion », litt. « Illud concretum » et, par suite, « près, proche ».

tola.

Truzo « trousseau », pri au .

Trufa « moquer, se moquer »; Esp. Trufa « songe », vieux fr. éruffer, tartuffer. 1 Trumo « trumeau », ni au Pr e

(w basque — 0 castllan).

Trunchu « tronçon »; Esp. Troncho « tige de : Trukad « échange »; Esp. Trocado « troqué, Trubla « troubler »; pris au français.

Trein « train »; Esp. ren. no Trebes « en travers »; Esp. éraves « travers, b Tratu « marché, vente »; Esp. éralo « traitement Tratant « marchand >; Esp. tratante.

Tratamendu « Tr aitement »; Esp. tratamiento. Trata « traiter »; Esp. ratars | Trasteria « guenilles, vieux meubles »; sn tras Traidore « traitre »; Esp. éraidor.

Titi « mamelle >»: dial. de Bayonne fie.

Pot « baiser »: dial. de Bayonne pot.

Tirtil « dégoûtant, peu soigné »; Esp. liriton affecté » ou mieux éiéiretero, tilerero « joueur de

nettes » ;

Tirria « désir ipe »: ap: dirria « antipathie, : Tiro « tir, coup >; Esp. tiro. Ne Tirent « tiroir »; Esp. tirante « raide, tendu »

« tirants » .

Tinto « teint, coloré »: Li tinto.

outre mesure, de pauvre . Fche », b Therestan en traînant »; : Esp. trazar « trac ;

<.- 5) % S e pt ë 2 4 re Y ES à f N - " __ 2 NS L . ?

Thema “ Me nent »; Esp. {ema.

__ Thatch « Tache, défaut »; Esp. Tacha.

4 *mhérrok « motte de terre durcie »; Esp. Tarro « bol de terre vernisée, terrine » la finale 4 ou kasignie « par, comme.»

Thak « défaut »; Esp. Tacha « Tache »

- … Te «Thé»; Esp. Te.

- - Tapar « boucher >» et Tapoin « bouchon »; Esp. Tapar & boucher >» et Tapon « bouchon ». 7 OS comme dans Falkoin « faucon »; botoin « bouton >.

Tak «vite»; grec Tayvs « prompt? »

Sunæi « gâter, ravager » VOy. Zuzi.

Suerte « espèce, sorte »; Esp. Suerte « espèce ».

Sosega « se reposer, se calmer »; Esp. Sosegar « reposer, se reposer ».

Solio « solive »; Esp. Solio « trône ».

Soldado « soldat »; Esp. so/dado.

Solasta « converser » et Solas « amusement, conversation »; Esp. Solas « amusement, divertissement. » Sfa est le suffule de dérivation.

Solamente « seulement »; Esp. Solamente.

Sokhorri « secours »; Esp. Sucorro « secours » et Socorrer “ SeCOUTIT ».

Sobera « dépasser »; Esp. Sobrar.

Soallu « plancher au-dessus du rez de chaussée. Serait-ce l'espagnol So alto, lit. « sous le haut »?

Sista « frapper avec une arme pointue (s{a ou ta signifie dans ou garni de); cf. Esp. Sisar « rogner, ferrer la mule ».

Siest « Sieste»; Esp. Siesta.

Setio « siège d'une ville, cercle en jonc ou en paille, sur lequel on pose les chaudrons pour les préserver d'un choc» et Setia « assiéger »; Esp. Siiar « assiéger » et Sitio «siège ».

Serios « sérieux»; Esp. Serio (B. lat. Serius).

Sekulan « jamais »; lat. Saeculum, saecula ».

Sekho «sec, décharné >» et Sekha « maigrir, se dessécher »; Esp. Seco « sec, décharné ».

Seinhale « signal, marque »; Esp. Senal.

Sei « six »; Esp. Seis.

Segur,« sûr » et Segura « assurer,s'assurer »; Esp.Seguro.

Segi «suivre » et Segida « suite »; Esp. Seguir etseguida.

Sega «scie, scier »; Esp. Segar « couper, scier.

où il y a des ronces ». Peut-être 0 terme espagr d'origine basque? | De Sarraski, Sarbaski « carnage »; Esp. Sarracine se Re . bat, bataille ». KXï signifie « portion , partie »; ex. | « morceau de bœuf », de Zdi « bœuf ».

Saski « gros panier à deux anses »; Es Sagusho 4 Fe sac »?%? Le second s serait ici euphonique ? NE Santifika « sanctifier »; Esp. Sanctifi car. ne Sangre « sang »; Sangera « saigner » et Sangr « bande ow linge pour la saignée >»; Esp. Sangre | « cf. Esp. banda « bande, écharpe ».

Salsa « sauce »; Esp. Salsa.

Salhario « salaire », Esp. Salario.

Sald « bouillon, potage »: », Esp. Caldo « bouillon vieux français Chaudeau (même sens). Nous trouvons des rares exemples de la transformation du c dur en st Salha « dénoncer »; Esp. Calar «caler, pOESS l nuer »?? is Samar «fâcher, se fâcher »; Esp. Camorra « que )l Samax « basse cour »; Cama « gîte des animaux, c + Salba « sauver >; Esp. Salvar. ne Sakristano « sacristain »; Esp. Sacristan CE Sacri ta sacristine. » :

Sacrifizio « sacrifice »; Esp. Sacrificio.

Sakre « juron » français, Sacrer, sacre. NE Sacramendu «sacrement»; Esp. Sacramento.

Sakra «sacrer »; Esp. Sacrar. | Saka «Sac, mettre en sac »; fr. Sac.

Saka « servir la balle »; Esp. Sacar.

| Sail « étendue de terre prise à la tâche, pour la ot ler »; Esp. Cala « morceau, pièce ». 2e “4 Saguka “« sureau » VOY. Sauka. Phussa « pousser », pris du français. ee.

Phurtzika « maltraiter, brouiller, mettre en | déso

Free FF : - Esp. Pordiosear « mendier, quémander »??? ou peut-être du français brusquer % Phuntzel « Pucelle », prob. pris au français. Phundu « point de couture »; Esp. Punio « point », et Phumpe « rebondir comme la balle au jeu de paume »; litt. « sous le point », de pe « sous, dessous ». Phulu « entasser, fouler »; Phulo « tas, meule » et peutêtre Phulumpa « se vautrer »; du français fouler. Phuchula «entraver » cf. fr. ficeler 2222 Philda « vêtemeut usé »; litt. «en fil » et Philzar « drille, vieux linge » litt. « fil vieux » dé zar « vieux, usé » du fr, fil. Phiko « figue »; lat. ficus.

Phihotch « pic »; Esp. Pico.

Phika « piquer»; Esp. Picar.

Phika « pie »; lat. pica.

Pichu « urine »; fr. pissat, pisser.

Phizu « poids »; Esp. Peso.

Phoroga,froga «prouver»; Esp. Probar « prouver, éprouver » g—= b primitif; cf. fagore « faveur ».

Pherrechil « persil »; Esp. Perejil.

Phintz « brûler, produire des cloches; fr. pincer ? Phexa « violent dépit »; du français « vexer ». Esp. Pecho « cœur, courage » et despecho « dépit ». Pheya « entrave »; Esp. Pega « poix, liaison »? Pheretcha « apprécier »; Esp. Preciar.

Pherestu « honnête, probe >»; Esp. Presto « preste, prêt». Phereku « frotter >; Esp. fricar.

Phederika « prêcher »; Esp. predicar.

Phenze « prairie »; Prov. fen « foin >» et {ze augment. Phensamendu « réflexion »; Esp. pensamiento « entendement, pensée. »

Phensa « penser, deviner »; Esp. pensar.

Phendaitz « rocher présentant une pointe avancée », litt. « pierre pendante » de Phenda inusité seul ; cf. fr. « pendre »; Esp. « pendar » pendre, être en suspens et de Aüz « pierre, rocher ».

Phena « peine, peiner »; Esp. pena « peine » et penar mm“ peiner, souffrir ».

Phenna « rocher »; Esp. peña « roche, rocher ». Pechhera « endroit de pêche » Esp. pesquera.

Phausu « repos » et Phausa « se reposer»; Esp. ; « faire une pause» et pausa « pause, tranquillité »..

Phasu « passage»; Esp. paso « pas, pie ue

Phasta « pâte »; Esp. pasta. A

Pharti « partir »; Esp. partir « séparer, diviser, partir.

Pharte « portion »; Esp. parte. pe

Phara « préparer »; Esp. parar.

Phanza « panse, bedaine »: phanzoil «estomac des ani maux» et Phancheta «farce de boyaux d'agneau >»; Esp panza; fr. panse.

Phinæeta « pincettes », pris au français.

Phala « pelle, entrave »; Esp. pala « pelle, pale de rame ».

Phalachu «haie vive», litt. « multitude de pieux» de phala «pieu», non rencontré isolé; cf. fr. pal; Esp. palo « bâton ». | ae

Phago « Hêtre »; lat. fagus.

Puska « morceau »; litt. «par pièce »; cf. Esp. pieza; fr, pièce ?

Puchant «puissant» prob. pris au français.

Prunt «éveillé, attentif » prob. pris au français.

Primader « printemps >»; Esp. primavera.

Prozesione « procession »; Esp. procesion.

Prozes « procès » prob. pris au français.

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