I. Lettre fi S
dominicains, le Christ en croix , le Saint -Sébastien, etc. Mais il ne s’était pas encore montré dans la peinture décorative. « Le salon du Roi, à la Chambre des Députés, mit en évidence les facultés nouvelles que le plus grand nombre ne supposaient pas chez lui. Il fit, dans ce temps-là et depuis, des peintures décoratives avec une supériorité que nul, parmi ses contemporains, ne peut lui disputer. Quel rival, en effet, pourrait- on lui opposer, en face des hémicycles de la bibliothèque du Corps législatif et du Sénat, du plafond d’Apollon et de la chapelle des Saints- Anges à Saint-Sulpice ?
« Les colères, les antipathies soulevées par Delacroix se taisent devant le Triomphe d'Apollon. J’ai entendu plus d’un juge, habitué à le maudire comme un fléau, proclamer les mérites de cette œuvre nouvelle. Tout en condamnant ce qu’ils appellent les erreurs de sa jeunesse, ils ne peuvent s’empêcher de reconnaître dans le Triomphe d'Apollon une singulière puissance. J’en sais même qui, malgré leur fervente admiration pour les traditions de David, n’hésitent pas à dire que M. Delacroix a racheté par ce dernier effort toutes ses incartades passées 1. »
Chacune de ces œuvres, d’abord diversement appréciées, alors comme toujours, coûtaient à leur auteur des efforts de volonté et des fatigues de corps qui devaient user une machine si frêle. Lorsqu’il revenait le soir chez lui, après avoir passé la journée en équilibre sur son échafaudage, les reins brisés, les jambes tremblantes et la tète fatiguée, il était digne de pitié.
Dans l’origine, il dessinait ses sujets sur le mur ou sur