‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 141 sur 167 · L'HÔTELIÈRE AVEUGLE · texte numérisé non relu

L'HÔTELIÈRE AVEUGLE

« A force de pleurer, elle a perdu les yeux! » Voilà ce qu'on me dit de notre vieille hôtesse. Vous reprësentez-YouB si cuisante tristesse?

Le sondez-vous, ce deuil morne et silencieux?

Où s'en va ce regard qui ne voit plus les cieux? Est-ce à quelque tombeau dont la pierre l'oppresse ? Non ! mais vers son enfant qui, sans une caresse, A fui. — Perdu Thonneur, la tombe eût valu mieux!

L HOTELIERE AVEUGLE.

Elle sait que Tenfant coupable n'est pas morte : Et, BOUS ce toit, qui s'ouvre à qui veut y> venir, Ses yeux clos vont toujoûr» dû côté de la porte !

Sa fille — Faventure est banale et connue —

A laissé la maison, et n'est pas revenue;

Et dix ans sont passés sans même un souvenir.

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