‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 42 sur 167 · A UN ENFANT · texte numérisé non relu

A UN ENFANT

Si tu vois plus tard d'indignes rivaux Toucher avant toi le but de ta vie.

Trahis seulement, sûr que tu les vaux, Du dépit parfois, — jamais de l'envie.

Tu voudras aimer : l'amour prend pour lui Nos meilleurs élans contre un long mécompte ! Du moins, qu'il te laisse, après qu'il a fui, Ses larmes parfois, — mais jamais sa honte!

Le mal ici-bas trône audacieux :

D'un amer dégoût si ton âme est pleine.

Nourris dans ton sein, montre dans tes yeux Du mépris parfois, — jamais de la haine.

-Et si dans ce monde, étroite prison, Un trouble apparent met l'âme en déroute.

Que l'œuvre de Dieu laisse à ta raison Un souci parfois, —mais jamais un doute!

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