A UN ENFANT
Si tu vois plus tard d'indignes rivaux Toucher avant toi le but de ta vie.
Trahis seulement, sûr que tu les vaux, Du dépit parfois, — jamais de l'envie.
Tu voudras aimer : l'amour prend pour lui Nos meilleurs élans contre un long mécompte ! Du moins, qu'il te laisse, après qu'il a fui, Ses larmes parfois, — mais jamais sa honte!
Le mal ici-bas trône audacieux :
D'un amer dégoût si ton âme est pleine.
Nourris dans ton sein, montre dans tes yeux Du mépris parfois, — jamais de la haine.
-Et si dans ce monde, étroite prison, Un trouble apparent met l'âme en déroute.
Que l'œuvre de Dieu laisse à ta raison Un souci parfois, —mais jamais un doute!