‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 85 sur 167 · AVEU · texte numérisé non relu

AVEU

Oui, je rêve! — Moq Dieu, sois à jamais bdni. Toi qui, loin de tes cieux, dont l'absence me pèse, Fis descendre sur moi, pauvre insecte banni.

Un rayon d'idéal où je voltige à l'aise !

Alors tout s'illumine, ou s'épure, ou s'apaise; Mon printemps souffle encore à mon front rajeuni; Et mon regard, cherchant un monde qui lui plaise, Contemple l'invisible, et sonde l'infini.

Je rêve! — des effets remontant vers les causes, L'âme prend son essor sous mes paupières closes ; La justice l'enivre ainsi que la beauté!

Je rôve! — à l'impuissant qui me raille ou m'iiccusc, Je cache tous ces biens qu'un songe lui refuse ; Et je laisse la terre à la réalité !

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