‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portr (volume 2)Chapitre 88 sur 167 · LA MAISON · texte numérisé non relu

LA MAISON

Les côtés en sont étroits. L'un et l'autre bras y touche :

De bois blanc sont les parois, Sur le bois bianc l'on se couche.

Quand on posera ton front Sous le toit qui la domine, Tu sentiras le plafond Appuyer sur ta poitrine.

L'air y manque, et cependant Jamais, accusant son gîte.

L'être pâle qui l'habite Ne se plai'nt en descendant.

On la place en un lieu grave, Dans une blanche cité, Où l'on s'arrange une cave Pour toute l'éternité.

"Elle a, si le bruit te pèse.

Un silence sans pareil.

Veux-tu dormir à ton aise?

Rien n'y trouble le sommeil.

Il y fait froid, l'été même, Oh! bien froid, quand vient la nuit, Et nul être ne t'y suit, T'aimât-il d'amour extrême.

Tes amis, le chapeau bas Viendront pour te faire escorte; Mais les plus chers n'iront pas Plus loin que la sombre porte.

Elle s'ouvre devant eux, Béante dans l'herbe verte ; Quelques pleurs servent d'adieux; On la ferme, à peine ouverte.

De la terre par-dessus.

De tous les côtés la terre ;

Et puis, il ne reste plus

Rien de toi, — qu^un grand mystère!

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