PARTIS
Ils sont partis. La dette effroyable est soldée. O vous qui, les derniers, avez subi leur loi, Ne vous dégradez point : votre rage fondée Saura se réserver pour un meilleur emploi.
< Partis ! » ce cri suffit à toute âme française. Vous pouvez le pousser à la face de Dieu, Et n'avez pas besoin, pour respirer à l'aise, D'en commenter le sens dans un brutal adieu!
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Toute ivresse irait mal à cette délivrance.
Vos chants seraient cruels, et vous devez songer Qu'ils pourraient les entendre, à deux pas de la France, Ceux qui ne peuvent plus, hélas! les partager!
Oh ! ne permettez rien qui ne soit digne d'elle ; De vos émotions elle a sa large part.
Mais non pour se donner, dans sa douleur fidèle, Le stérile plaisir d'insulter au départ.
Il faut un bonheur grave après l'épreuve austère L'oubli serait honteux, l'orgueil serait suspect. Parlez un tel langage, en baisant cette terre. Que le vainqueur lui-même en garde du respect.
Joie ou deuil, notre cœur doit contraindre ses haines Après ces grands revers, il reste un autre soin. Silence! — Ni chansons, ni paroles hautaines : Car hier est trop près, — et demain est trop loin!