‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portrChapitre 43 sur 121 · LE LIS BLANC · texte numérisé non relu

LE LIS BLANC

Oh! triste! — Le lis blanc taché de boue immonde! La robe virginale arrachée en lambeau!

Tout ce qu'on peut rêver de plus pur en ce monde, Tout ce que la jeunesse a de saint et de beau, L'innocence à quinze ans, l'oiseau qui s'effarouche, La rose ouverte à peine aux rayons du matin.

Qui s'effeuille aussitôt sous le doigt qui la touche, La lèvre où reste encore un sourire enfantin : Tout est perdu, flétri, sans retour, sans remède! La honte a fait son œuvre ; un instant a suffi ; Car tu passais parla, misère, à qui tout cède, Sphinx dont la voix nous jette un éternel défi !

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