‹ Eugène Manuel: Poésies complètes, augm. de pièces inéd. et ornées d'un portrChapitre 68 sur 121 · TARDA LIBIDO · texte numérisé non relu

TARDA LIBIDO

Vieillard libidineux, pourquoi sur cette femme Fixes-tu des regards pleins d'un sombre désir ? Demain, ce soir, — qui sait? — la mort peut te saisir Là tombe entre-bâillée est là, qui te réclame !

Au foyer presque éteint couve-t-il quelque flamme? Est-ce l'amour encor que tu voudrais choisir? N'as-tu pas mieux à faire, en ton dernier loisir, Que d'attiser tes sens aux dépens de ton âme?

L'inconnu, quel qu'il soit, qui va te recevoir T'impose désormais, vieillard, un seul devoir, C'est de faire à ta vie un dénouement sévère :

Car c'est pitié qu'on rêve avec tranquillité L*amour à pleins baisers, ou l'ivresse à plein verre, Quand le réveil prochain s'appelle Éternité!

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