IV
[4840, au Gayla.] «Les dieux n'ont fait que deux choses parfaites : la femme et la rose. » Mot aimable d'un philosophe, gens qui n'en disent guère, qui pour cela s'est conservé, que pour cela j'ai recueilli d'un journal, parmi Taride politique, comme une fleur dans des rocailles. Je n'aime pas les affaires d'État, malgré le grand intérêt qui s'y lie, parce que la manière (font elles sont traitées me fait mépriser les hommes, sentiment pénible pour moi ; puis, ces grandes et froides questions me sont inintelligibles, et rien ne me va de ce qui se remue par spéculation et diplomatie. A l'arrivée des journaux, mon père court aux Chambres, moi au feuilleton. C'est là que j'ai luLaRose^ et le joli mot de Selon sur celte fleur et nous. C'est une bagatelle, un parfum d'Orient qui m'a fait plaisir : cassolette dans un désert. C'était quelque belle Grecque qui faisait dire cela, ou peut-être est-ce vrai, que sais-je? Y a-t-il rien de comparable à la rose? y a-t-il rien de comparable à la femme ? Quand ces deux fleurs du paradis terrestre parurent, il faudrait savoir de Dieu même celle qu'il trouva la plus belle... Ah! la rose resta la môme, et la femme déchue s'enlaidit. Le péché dégrade toute la nature humaine; sans cela nous naîtrions toutes jolies, nous serions sœurs de la rose, et le compliment de Selon serait une vérité générale.
[4 841, t janvier, à Nevers.] * — Mon Dieu , mon Dieu I qu'elle a souffert cette nuit et aujourd'hui encore!