‹ Eulalie Granger drame en cinq actes et en sept tableauxChapitre 11 sur 89 · M- GRANGER, EULALIE · texte numérisé non relu

M- GRANGER, EULALIE

M"" GRYNGER, regardant su fille. Est-elle

grande!

eulalie. Tu trouves?

M*' granger. Tu as vraiment la taille d’une femme.

eulalie. J’en connais de plus petites que ■noi.

u"* gbancfb. Ma chère enfant, je t’ai fait venir pour causer avec toi.

eulalie. Eb bien! maman, me voici, causons.

U m " changer Ton père et moi commençons à nous foire vieux, l’un ou l’autre nous pouvons te manquer un de ces jours.

eulalie. Moii D ieu! maman, pourquoi donc avoir dépareilles idées?., vous et mon

père vous vous portez à merveille... etj’esère être encore pendant longtemps à l’ari d’un pareil malheur.

M mp GBANGER. Si nous venions à mourir tous les deux, qui te recueillerait? qui te protégerait?., le sort d’une femme seule est bien à plaindre !.. dans toutes les circonstances de la vie elle a besoin d’un guide, d’un appui.

eulalie. N’avons-nous pas des parent, des amis?

Jt”' granger. L’ami d’une femme, c’est son mari.... et ton père et moi, après y avoir bien réfléchi, nous aurions envie de te marier.

eulalie. Me marier!., moi! et avec qui ?.. je ne connais personne.

M m * GRANGEn, câlinant. Au dernier bal de la préfecture , tu n’as pas remarqué quelqu’un?..

ellalie. Comment !.. est-ce que ce serait avec ce vieux monsieur?

M”* grangeii, avec importance. Le général est un fort bel homme.

EULALIE, avec un petit ton boudeur. Il a des cheveux blancs.

»“• GRANGF.R, vivement. On en a à tout âge, mon enfant... cela ne prouve rien...

le général est. un homme qui a de belles propriétés et qui t’aime beaucoup.

eulalie. Est-ce qu’on peut aimer une personne que l’on n’a vue qu’une fois?'

granger. Deux !.. il t’a vue aussi toute petite.... ce n’est pas une connaissance d'un jour... et puis, mon enfant, il est fort riche.

EULALIE. Et nous, maman, est-ce que nous ne sommes pas riches aussi?

su”" granger. Ma pauvre fille, qu’esl-ce que c'est que sept à huit mille livres de rentes dans un temps comme celui-ci.. . à une époque où tout le monde veut briller, où la fortune est le premier de tous les mérites?., c’est presque une misère honorable. ,

EULAI.IE. Tu m'as pourtant fait élever avec cc qu’il y a de mieux... avec des filles de ducs, de recevcnrs-géuéraux... enfin, dans une des premières pensions de Paris ?

H"*' GnANGER, vivement. Parce que l'éducation est la première vertu d’une femme, et qu’elle oITrc souvent un excellent moyen d’établir ses enfans... quand on a de l’éducation, des talens, on n’est déplacée nulle part... on peut épouser un maréchal de France.

eulalie, souriant. S'il se présente.

M" c GRANGER. Le général a étéfail baron pa Napoléon, il est de la première no-

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