‹ Eulalie Granger drame en cinq actes et en sept tableauxChapitre 36 sur 89 · EULALIE ORANGER · texte numérisé non relu

EULALIE ORANGER

du ciel!... pendant que noua sommes seuls... oh! de grâce... parles... parlez...

un mot!... Quels sont mes torts?... que tne reprochez-vous?... par où ai-je mérité de vous déplaire ?.. Vous ne savez doue pas que votre haine pour moi, c'est la mort... oui... la mort?..

CÉLESTINE , à pari. Grand Dieu !

Charles. Haï de vous, l'existence me serait odieuse, elle deviendrait un fardeau dont je ne pourrais long-temps supporter le poids... Eulalie!...

CÉLESTINE, à part. Eulalie!

Charles. Si vous saviez tout ce que j’ai éprouvé de peinr, de tourment, quand j’ai vu tout-à-coup succéder à une amitié qui faisait tout mon bouheur une indifférence qui a fait mon désespoir... Ce changement inexplicable dans votre conduite m’a révélé toute la force du sentiment qui m’attirait près de vous... ( Elle fait un mouvement comme pour sortir. ) Il faut que vous

le sachiez cet amour... mon bonheur,

mon supplice... cet amour, depuis un an, il me dévore... il me tue.

CÉLESTINE. Charles!

Charles. Ciel! ce n’est pas sa voix!

Célestine, étant son masque. Charles...

mon frère.

Charles. Célestine!...

CÉlestixe. Oui , c’est moi !

Charles. Comment se fait-il?... on m’avait assuré...

Célestihe. Ah! tu dois bénir cette méprise... elle t’épargne un repentir... Mon frère. . . celle à qui tu croyais t’adresser est mariée... ellea juré fidélité à l’homme auquqlclle s’est unie volontairement.

Charles. Eulalie a été sacrifiée... on a profité de «a jeunesse, de son inexpérience.

CÉlestixe. Eulalie est notre parente...

son honneur, sa réputation , doivent nous être chers, nous serions les premiers à les défendre contre quiconque oserait h s attaquer... et tu voudrais lui ravir sa propre estime.... Mais, malheureux, toi aussi tu profiterais de son inexpérience pour la séduire !.. mais tu serais cent fois plus cou-

Î labié que celui auquel tu prétends qu’on ’a sacrifiée.

Charles. Eli ! crois-tn donc, ma sceur, que depuis un an je ne l’ai pas combattu cet amour qui s’est emparé de toutes les facultés de mou aine?... Voilà la source de ces inégalités d’humeur que tu me reprochais saus cesse; j’étais triste ou gai suivant qu’elle m’avait bien ou mal accueilli... Un mot, uu regard, un geste d’elle... me donnaient cette joie folle, insensée... ou me courbaient sous cette tristesse acca-

blante qui ont tant de fois effrayé ton amitié!.. Ah! toi, froide... heureuse... tranquille... si tu pouvais sentir comme je l’aime!

CÉLESTINB, avec force. Eh bien ! prouvelui ton amour en la respectant, impose-toi un silence éternel.

Charles. Je ne le pourrais pas.

CÉLESTIXB. Aie le courageue la fuir...

renonce à la voir, à aller cliex elle

CUarles. Eh ! si j’y vais, c’est malgré moi... c’est poussé par la fatalité !... Cent fois par jour , je me jure à moi-même de

n’v plus remettre les pieds un quart

d’heure après je suis devant sa porte

et je sonne... et j’entre, et je n’ai pas plus tût aperçu son mari , que je voudrai* être à cent lieues.

célestine. Fais mieux.... pars , quitte Paris... abrège ton congé, rejoins ton régiment. i

Charles. Quitter Paris !

célestine. Si ce départ devait sauver l’honneur d’un de tes camarade , hésiterais-tu ?

CHARLES. Non.

Célestine. Eh bien ! en partant tu accompliras un devoir plus sacré , tu sauveras l'honneur d’Eulalie.

cn.ARLES. Tu voudrais?....

DAVIAIJ , entrant et apercevant Célestine.

Ab!., c’est elle !... ( Il avance. ) Pardon , madame ; innis vous m'avez promis cette contre-danse , et voilà qu’on se met en place.

célestine. Je suis à vous , monsieur.

A Chartes. ) Réfléchis , je viendrai prenre ta réponse.

Elle sort avec Divisa.

Page 1