‹ Eulalie Granger drame en cinq actes et en sept tableauxChapitre 38 sur 89 · LAROCHE , CHARLES · texte numérisé non relu

LAROCHE , CHARLES

i aroche. Ah! que la fortune est uue brlle chose, et que les gens riches sont heureux !

eu \ ii les. Vous sortez de la salle de liai

ma mire...

«"■'Laroche. A h! ne m’en parle pas...

c'est superbe! c'est magnifique! je

suis outrée.

Charles. Outrée !.;. et pourquoi ?

Al"' LAROCHE. Cette dame qui était sur la Gaielte des Triiunuu *, In semaine dernière... AI** B... trois étoiles... car c’est encore là uudes privilèges de la richesse...

dans un pays où, comme on dit, tous les privilèges sont abolis... quand les gens riches vont devant les tribunaux... c’est toujours eu abrégé mais, quand c’est de

pauvres gens, ou vous les imprime toutentiers , noms, prénoms, demeure et profession... c'est de l’égalité , si on veut.

Cil miles. La bonne mère a raison.

»” i.arOChe. Et AI. Dubreuil reçoit ciie/. lui uue femme sur laquelle il court des bruits... ali!... une femme qui plaide en séparation!... Vous inc direz : Elle est marquise, elle à soixante à quatre-vingt

mille livres de rentes ça efface bien

des péchés !...

Chaules. Eli bieu! cette dame que

fait-elle donc qui vous irrite si fort ?

Jl~* LAROCHE. Elle danse!., avec son avoué... il a bien fallu ; car elle a dû s’apercevoir en entrant que sa présence n’était pas agréable à tout le monde...

Une femme mariée qui a un amant... et qui plaide contre son mari !...

CHARLES. Vous savez, ma mère , qu’il J a des circonstances graves , imprévues...

qui peuvent nécessiter un procès...

M 1 "* Laroche. Il n'y en a point qui puissent excuser une femme d’avoir manqué à ses devoirs; Dieu merci! de méliioired’boinme, aucune de nous n'a bronché dans notre famille... Nous pouvons marcher tète levée, l'honneur de nos maris n’a pas souffert la moindre égralignure, même sous le règne du divorce : c'est remarquable. Sais-tu qu'il a été un moment où j'étais bien chagrine?

CUArleS. Vous, ma inère?

M"" L AROcnE. Et à cause de toi.

Charles. De moi !

M"' Laroche. Oui , mon garçon je

le voyais triste , rêveur , poussant malgré toi des soupirs qui n'annonçaient pas un

esprit bien tranquille. Enfin..:; j’ai cru que tu étais amoureux d'une femme mariée !...

CHARLES. Moi!

M m ' Laroche. Mais ta sœur m'a bien vite démonli-él'injusticede-ines soupçons...

Va, mon Charles, mon bon fils, ue trouble jamais la paix d'uq ménage. .. cesatnourslà ne sont pas long-temps un mystère, et quand ils sont découverts. .. de combieu d'humiliations ils accablent une pauvre femme!... c’est à qui lui jettera la pierre, à qui la noircira davantage... Dieu sait le scandale et les querelles et les affronts les parens eux-mêmes fiuissrnt

par répudier leur parente... par ne plus la recevoir chez eux.... Ab !.... moi, d'abord... si jamais, dans notre famille si intacte jusqu’à ce jour, il arrivait quelque chose de cette nature... quand ce serait ma nièce Eulalie... ou ina fille Céle.linc ,

je fais bien serinent à Dieu de ne plus

les voir ni en entendre parler... Charles, mon fils , toi qui es si bon , si honnête...

n'aie jamais d'amour pour une femme mariée... respecte... respecte le mariage, tu te marieras un jour, et ne sois jamais la cause du malheur de deux époux.

Charles. Ma mère...

M"* Laroche. Tu me le promets?

Charles. Ab! oui, ma mère.

H”" LAROCHE. Ail ! si II 0 US n’étioilS pil au bal, comme je t’embrasserais !...

CH AnLES. Eli bien! ma mère, oubliez que nous sommes au bal.

Ils s’embrassent.

H”* LAROCHE. Tu m'as rendu bien heureuse... Je vais voir danser ma marque.

Elle Mit.

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