‹ Eulalie Granger drame en cinq actes et en sept tableauxChapitre 42 sur 89 · M- LAROCHE , JULES · texte numérisé non relu

M- LAROCHE , JULES

»i“* Laroche, s'assied. Comment! ils sont sortis tous les deux ?

JULES. Oui, madame.

H”’ LAROCHE. Et ils ne laissent personne en bas, à la boutique, pour répondre s’il venait quelqu’un ?

JULES. Ne suis-je pas là? Ce n’est pas la première fois que je reste seul. Quand M. et M”* Bernard vont à la comédie, ou dîner en ville, ou passer la soirée quel-

que part, c’est toujours moi qui remplace le bourgeois. Jusqu'à présent personne ne s’en est plaint.

M"'* Laroche. Et où sont-ils allés?

JULES. Madame ne sait donc pas que c'est aujourd'hui les élections de la garde nationale ?

si”' Laroche. Et où veux-tu que je sache cela, mon garçon ?

Jules. C’est dans le journal. .. On refait les officiers tous les trois ans : nous sommes en 1834... c’est l’époque ; mon-

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sieur, qui est un homme qui fait son service avec une exactitude... comme qui dirait un employé... car les jours de garde, ce sont des jours de fête pour les employés, ça les dispense d’aller au bureau.

m“* l mioche. .Mon pauvre Laroche!., ça lui faisait tous les mo.s une petite distraction...

rui.ES. Monsieur est allé aux nominations.

*■” laro UE. Mais ma tille, j’espère, n’est pas avec son mari?

JUl.ES. Madame a reçu avant-hier une lettre pour se rendre ce malin au Musée.

C’est aujourd’hui la clôture du salon...

Elle y a été avec sa faute et sa. cousine....

st 1 ”' LAROCHE. Et comment ça va-t-il ici?.... fait-on toujours de bonnes affaires ?...

Jt’LES. Monsieur a deux apprentis de plus.. . on ne peut pas suffire !... C’est qu’il a un fier talent !... et puis ici on a l’habitude de ne refuser aucun ouvrage... on fait tout, et l’on soigne aussi bien le cuivre que l’or et l’argent : on tient à contenter tout le monde.

M"* LAROCHE. C’est le meilleur charlatanisme... Et sais-tu s'ils tarderont à rentrer?... *

JULES. Quant à madame , je ne le crois pas... mais, quant à monsieur, cela se pourrait bien, il est d’une compagnie où tous les soldats veulent être officiels, cela fait des ballottages... des ballottages A n’en plus finir !.... cependant je crois avoir entendu dire qu’après les élections on Imitait une bouteille de champagne en l'honneur du nouveau capitaine.

*“■ LAROCHE. Tu ne sais pas si M. bernard a reçu des nouvelles de son beaufrère... qui est à Poitiers ?

Jules. Non, madame... Je sais bien qu’il y a environ trois semaines monsieur a écrit une lettre à M. Charles Laroche, lieutenant au 0* régiment de dragons en garnison à Poitiers... C’est moi qui l’ai portée à la poste... mais, depuis, le facteur n’a point apporté de lettres de ce pays-là.

M"" Laroche. Il tient rancune à mon gendre aussi... Allons, descends à la boutique, mon garçon, retourne à la besogne.

Je vais attendre ici... mon gendre ou ma fille

JULES. Oui , car j’ai un cachet à finir...

que monsieur votre neveu... le général...

m’a demandé pour son retour. (// va pour sortir et retient sur ses pas.) Dites-donc , il a attendu quatre ans pour faire changer ces armoiries !...

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